SI LE FILS VOUS AFFRANCHIT, VOUS SEREZ
REELLEMENT LIBRES (Jean 8:30-47)
Ceux qui visitent la ville de New York, aux Etats-Unis d'Amérique, sont impressionnés par la gigantesque statue de la liberté. La statue de la liberté, haute de 93 m, représente pour le peuple américain, le symbole de leur affranchissement de toute forme d'aliénation interne et externe. La statue est le signe de leur liberté nationale et de leur engagement pour la promotion de la liberté dans le monde.
Mais l'être humain peut-il être réellement libre au niveau individuel, national et international? Aujourd'hui, nous vivons dans un monde épris de liberté. Tout le monde veut être libre, libre d'être, de devenir et de faire tout ce qu'il veut.
Quelle est la chanson préférée de nos jeunes adolescents? Ils veulent êtres libérés de l'autorité de leurs parents. Ils veulent aller où ils veulent, et avec qui ils veulent, et faire tout ce qu'ils veulent! Ils veulent être libres, libres de suivre leurs propres désirs et aspirations. Ils veulent être libres, loin de l'influence de leurs parents. Mais s'affranchir de l'autorité des parents, est-ce devenir réellement libre?
Qu'entendons-nous des époux infidèles fatigués de leurs conjoints devenus encombrants? Ils veulent êtres libres, libres de refaire leur vie avec la personne de leur choix; ils veulent être libres de leurs premiers engagements matrimoniaux. Mais est-ce être réellement libre que de chercher la sortie du divorce pour refaire sa vie sans l'encombrement d'un époux ou d'une épouse dégoûté (e)?
Enfin, ceux qui, pour des raisons financières sont locataires, aspirent à la liberté, la liberté de posséder un toit, de posséder un "chez eux." Même si le toit en question n'est qu'un hangar, ils ne peuvent s'arrêter de penser au bonheur de ne plus avoir à supporter les caprices des bailleurs. Mais ces derniers seront-ils réellement libres le jour où ils auront une place à eux?
Le Seigneur dit dans Jean 8:36 "Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres!" J'attire notre attention sur l'adverbe "réellement". D'une manière négative, on peut dire qu'il est possible d'être libre, sans l'être réellement.
Après avoir fait fuir les accusateurs de la femme surprise en flagrant délit d'adultère, Jésus s'engage dans une âpre discussion avec les juifs qui réfutaient son enseignement. Ces derniers réfutaient sa procession du Père, c'est-à-dire son origine divine. Même ceux qui donnaient l'impression de croire en lui ne tardèrent pas à entrer dans une vive altercation avec lui à propos de la liberté. Nous lisons les versets 30 à 36 du chapitre huitième de l'évangile de Jean:
Comme Jésus parlait ainsi, plusieurs crurent en lui. Et il dit aux juifs qui avaient cru en lui: Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. Ils lui répondirent: Nous sommes la postérité d'Abraham, et nous ne fûmes jamais esclaves de personne; comment dis-tu: Vous deviendrez libres? En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. Or, l'esclave ne demeure pas toujours dans la maison; le fils y demeure toujours. Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres."
En effet, Jésus leur disait: "Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira." (8:31-32). Sur la question de la liberté et d'affranchissement, les juifs, même sous domination romaine repoussent les paroles de Christ, et affirment qu'en tant que descendant d'Abraham, jamais ils n'ont été esclaves de quelqu'un. Ils affirment être une nation et un peuple libre. Jésus ne nie pas la liberté nationale juive, même s'il sait qu'ils sont sous la domination romaine. Pour Jésus, l'homme libre n'est pas celui qui s'est affranchi de l'autorité de ses parents ou de sa société. Pour le Christ, la nation libre n'est pas celle qui s'est affranchie de toute domination extérieure. L'homme libre, la nation libre, pour le Christ est celle qui l'est par rapport au péché, par rapport au diable. Au verser 34, Jésus dit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, ... quiconque se livre au péché est esclave du péché."
S'il est vrai que Jésus ne prêche pas contre la liberté individuelle et nationale, il est pourtant contre toute notion de liberté qui se limite aux domaines socio-politique. La liberté, la vraie, selon Jésus, va au delà de la libération sociale et politique; elle implique la libération spirituelle de l'emprise du péché et de Satan. Et cette liberté est la plus difficile à acquérir. La liberté spirituelle ne s'acquiert pas à pris de révolution ou de désobéissance civile. La liberté spirituelle, la vraie liberté ne nous vient qu'à travers l'œuvre de Jésus-Christ dans notre vie. "Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres." (v. 36)
Comme les juifs, nous pouvons nous tromper, et nous croire libres parce que nous ne dépendons plus de nos parents; peut-être parce que notre situation sociale nous permet de vivre sans tendre la main vers les autres; peut-être parce que nous nous sommes libérés de tous ceux qui nous créaient des ennuis...
Nous pouvons nous croire libres, mais faussement, parce que selon le Christ, "quiconque se livre au péché est esclave du péché." (v. 34). L'apôtre Pierre l'exprime davantage quand il affirme: "Car chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui." (2 Pi. 2:19b)
Vous pensez êtres libres parce que vous vous êtes, enfin, débarrassés de tout ce qui vous gênait socialement, ou économiquement. Mais j'ai le regret de vous annoncer que vous êtes libres, mais pas réellement, parce que vous êtes encore esclave, non de quelqu'un, mais de quelque chose. Vous êtes esclave de ce qui a triomphé de vous.
Vous qui m'écoutez ce jour, êtes peut-être esclaves d'un homme ou d'une femme qui vous a détourné de la bonne voie, de la voie de la fidélité conjugale. Depuis que vous aviez connu cet homme, ou cette femme, vous êtes entré dans une vie de désordre moral. Vous mentez à votre femme ou à votre mari. Vous êtes devenus esclaves de ce qui a triomphé de vous, esclave de votre infidélité conjugale. Vous êtes esclaves, esclaves de votre sexualité qui a triomphé de vous et a fait de vous un homme ou une femme qui coure les rues de votre cité ou village en quête d'aventures amoureuses sans fin. Oui, vous êtes esclaves, esclaves de ce qui a triomphé de vous. Esclaves de la boisson et de la fumée, au point que vous ne savez plus contrôler vos dépenses et pourvoir aux besoins de votre famille. Vous êtes esclaves, esclaves du mensonge, de l'orgueil, de la médisance etc. Vous êtes esclaves, esclaves de ce qui a triomphé de vous; esclaves des forces maléfiques, esclaves des démons qui vous habitent et conditionnent vos agissements et votre comportement. Car comme le dit l'apôtre Pierre, "chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui." (2 Pi. 2:19b)
Alors la question que nous devons nous poser ce jour est la suivante: Quelle est la personne ou la chose qui a triomphé de moi? De qui ou de quoi suis-je l'esclave?
Nous pouvons, souvent sans le savoir, être esclaves de nous-mêmes. Nous sommes souvent esclaves de notre humeur, de notre tempérament, de notre caractère, de notre personnalité, de notre logique, de notre façon de nous voir nous-mêmes et de voir les autres. Parfois nous nous croyons si important que les autres ne sont que des choses que nous devons utiliser pour assouvir nos aspirations personnelles. Parfois nous nous considérons si inutiles que nous croyons les autres si supérieurs à nous que nous ne méritons pas de vivre.
Bien, pour tous ceux qui sont esclaves d'eux-mêmes, de quelqu'un ou de quelque chose d'autre, le Seigneur dit: "Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres." (Jean 8:36)
La liberté réelle, l'affranchissement sur ce qui triomphe de nous vient de Jésus-Christ, de son sang versé sur la croix pour nos péchés, aussi nombreux et exécrables qu'ils soient. L'apôtre Jean écrit: "Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, ... et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché." (1 Jean 1:7, 9)
Il est inutile de passer tout son temps sur terre à essayer de convaincre Dieu que si nous sommes pécheurs, ce n'est pas de notre faute. Pourquoi perdre notre avenir éternel en essayant de nous justifier nous-même et de nous persuader que nous sommes libres, du moment que nous sommes esclaves de ce qui triomphe de nous? La parole du Seigneur dit: "Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres." Nous devons réaliser que ce qui compte en définitive, ce n'est pas le fait que nous nous croyons libres, mais plutôt le fait que nous sommes réellement libres. Il y a une différence entre se croire libre et être libre. L'adverbe "réellement" est utilisé par le Seigneur pour nous sortir de notre illusion à propos de la vraie liberté.
Une chèvre liée à une corde de plus d'un kilomètre se croit libre parce que la longueur de la corde ne lui empêche pas ses mouvements. Mais elle se rendra compte de sa captivité le jour où l'appétit de son propriétaire exigera de la viande de chèvre rôtie. Il n'y aura même pas besoin de courir après elle pour l'emmener à la boucherie. Il suffira de tirer, lentement mais sûrement, pour effacer la distance entre la chèvre et le poteau auquel elle est liée.
Frères et sœurs, le Seigneur nous appelle ce jour à revoir notre vie et à reconnaître les domaines dans lesquels nous sommes liés par l'ennemi. Venons à Jésus-Christ, le seul qui proclame aux captifs la délivrance, et renvoie libre les opprimés. Dans l'évangile de Luc Jésus affirme:
L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. (Lc. 4:18-19)
Oui, la bonne nouvelle que le Christ nous annonce ce jour concerne notre libération spirituelle. Le Seigneur veut guérir notre cœur brisé par la culpabilité des fautes accumulées; il veut guérir nos yeux aveuglés par l'éclat trompeur des plaisirs du monde; il veut renvoyer libre tous ceux qui croupissent sous le poids de leur vie misérable. Oui, "Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres." Que le Seigneur bénisse sa parole!