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COMMENT NAITRE DE NOUVEAU ET
GRANDIR DANS LA FOI.

Introduction

Comment naître de nouveau? La question a été posée pour la première fois à Jésus par Nicodème. Nicodème, un des chefs religieux juifs, vint de nuit vers Jésus s'entretenir sur d'importantes questions religieuses. A ce dernier qui s'égarait dans les sophistications de la religion juive, Jésus dit: "En vérité, en vérité je te le dis, si un homme ne naît de nouveau il ne peut voir le royaume de Dieu." (Jean 3:3).
Comment naître de nouveau? Faut-il rentrer dans le sein maternel est renaître? La question enfantine de Nicodème fait ressortir le caractère profond et mystérieux de la nouvelle naissance. A Nicodème Jésus répondit: "En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu." (Jean 3:5).
Mais que signifie naître d'eau et d'esprit? Que signifie naître de nouveau? Comment naître de nouveau? Pour mieux aborder notre sujet, nous essayerons de répondre aux questions précédentes en les reformulant de la façon suivante: 1. Que signifie naître de nouveau? 2. Pourquoi naître de nouveau? 3. Comment naître de nouveau? 4. Comment croître dans la foi?

1. Que signifie naître de nouveau?

Dans le Nouveau Testament, naître de nouveau c'est naître dans la vie de Dieu; c'est recevoir la vie et l'existence nouvelle que Dieu offre à l'humanité tout entière en Jésus-Christ. Dans l'évangile de Jean Jésus affirme: "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle." (Jean 3:16).
Mais pour celui qui n'a pas grandi dans un environnement chrétien, la réponse précédente soulève plusieurs questions. Si naître en Dieu signifie recevoir la vie nouvelle en Jésus-Christ, parce que Dieu nous aime et nous l'offre gratuitement, il faut alors expliquer avant tout pourquoi Dieu nous aime; pourquoi il a donné son Fils unique. Encore il faut expliquer pourquoi nous périssons, et enfin pourquoi Dieu nous offre la vie éternelle; et pourquoi nous avons à naître de nouveau.
2. Pourquoi naître de nouveau?

La question du pourquoi de la nouvelle naissance commence à trouver réponse quand nous jetons un double regard sur le monde dans lequel nous vivons et sur nous-mêmes. Que constatons-nous quand nous regardons le monde qui nous environne?
Du monde environnant nous percevons avant tout la beauté et l'ordre. Il n'y a qu'à constater l'éclosion d'une fleur, à assister à un coucher du soleil, à remarquer la succession régulière des saisons, et bien d'autres phénomènes naturels pour que l'on en chante la beauté et l'ordre. Le psalmiste n'a pas hésité de chanter la grandeur et la bonté du créateur perceptibles à travers la création: "Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue céleste annonce l'œuvre de ses mains." (Psaume 19:2)
Mais la chanson qui raconte l'éclat de l'univers ne se termine pas toujours sur une note positive. Le même regard d'émerveillement qui nous fait contempler la beauté et l'ordre de l'univers, nous révèle aussi sa laideur et son désordre. Le monde qui nous environne n'est pas seulement ordonné et tranquille, mais aussi désordonné et instable. L'harmonie démontrée par la succession régulière des saisons est contredite par la force chaotique de la nature. Les calamités naturelles telles la sécheresse, la famine, les épidémies, les séismes, les bouleversements climatiques, etc. impriment d'une manière indélébile sur notre conscience la certitude que la texture de l'univers comporte quelque chose de foncièrement mauvais. Le regard jeté sur l'univers nous rend donc conscient aussi bien de sa beauté et de son ordre que de sa laideur et de son désordre.
Le regard arrêté sur nous-mêmes nous rend aussi conscient de la beauté et de la laideur de l'humanité. L'homme, seule créature consciente de son existence, est une merveille. Avec raison, le psalmiste s'exclame: "Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse." (Psaume 139:14).
Point n'est besoin ici d'élaborer sur les merveilles de l'humanité. Le monde moderne est le parfait exemple de la nature et des capacités extraordinaires de l'homme. L'homme, à partir de son cerveau, a multiplié les possibilités de sa nature. La science chante la gloire de l'humanité maîtresse d'elle-même et de sa destinée. Mais l'expérience nous apprend aussi que la créature merveilleuse et intelligente que nous sommes peut se transformer en monstre; en monstre capable d'atrocités inimaginables! Vite, nous prenons conscience qu'en nous se livre un combat existentiel incessant entre les forces du bien et les forces du mal qui nous habitent. Notre caractère monstrueux est visible par notre capacité à mal faire, à provoquer la souffrance, à détruire notre propre vie, et la vie de notre prochain. L'humanité a produit Hitler. En réalité, l'humanité ne contient que des Hitlers. Chacun de nous est un Hitler latent, un Hitler possible qui n'attend que les conditions favorables pour se matérialiser. Tous, nous sommes des Hitlers à devenir, parce que tous, nous sommes assujettis aux mystérieuses forces négatives de nos âmes qui nous font faire le mal, parfois contrairement à notre volonté. L'apôtre Paul écrit: "Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. Car ce que j'accomplis, je ne le comprends pas. Ce que je veux, je ne le pratique pas, mais ce que je hais, voilà ce que je fais. Si ce que je ne veux pas, je le fais, ce n'est plus moi qui accomplis cela, mais le péché qui habite en moi. Car je le sais: ce qui est bon n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair. Car je suis à même de vouloir, mais non pas d'accomplir le bien. Je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas. Si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui l'accomplis, mais le péché qui habite en moi. Je trouve donc cette loi pour moi qui veut faire le bien: le mal est présent à côté de moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu, dans mon for intérieur, mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon intelligence et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. Malheureux que je suis! Qui me délivrera de ce corps de mort? Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur!" (Romains 7:14-25).
Alors se pose la question cruciale qui introduit la nécessité de la nouvelle naissance: pourquoi le désordre et l'instabilité dans le monde qui nous environne et dans le monde que chacun de nous représente?
La Bible répond que le mal, la faute, le péché, la désobéissance sont la cause du désordre et de l'instabilité qui affectent l'univers dans l'ensemble, et notre humanité en particulier. Contre Adam, notre ancêtre désobéissant, Dieu a prononcé la punition suivante: "Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger, le sol sera maudit à cause de toi; c'est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des chardons et des broussailles, et tu mangeras l'herbe de la campagne. C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans le sol, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras à la poussière." (Genèse 3:17-19). Mais d'aucuns se demanderont peut-être comment Adam et Eve créés bons ont-il pu devenir mauvais? Comment ont-ils pu faire le mal, eux qui ont été créés à l'image et à la ressemblance de Dieu? D'où vient le mal qui a affecté nos premiers parents et les a poussés à la désobéissance?
La réponse à la question concernant l'origine du mal est à la fois philosophique et théologique. Point n'est besoin dans le contexte de notre étude de nous attarder sur l'aspect philosophique de l'origine du mal. L'analyse théologique couvrira certains des éléments philosophiques de la question.
La Bible enseigne que l'homme est à l'origine du mal qui affecte sa vie et l'ordre créationnel de l'univers. L'apôtre Paul écrit: "par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et la mort a passé sur tous les hommes, parce que tous ont péché." (Romains 5:12). Le livre de la Genèse enseigne qu'au commencement, Dieu créa les cieux et la terre (Genèse 1:1) La création du monde, de l'univers est l'œuvre de Dieu. Au commencement, les différentes œuvres créationnelles de Dieu sont dites bonnes (Genèse 1:10, 12, 18 etc.). La création devient très bonne le sixième jour, après la création du premier couple humain, d'Adam et Eve (Genèse 1:31). L'homme le dernier des créatures, est et pourtant la seule créature faite à l'image et à la ressemblance du créateur. "Dieu dit: Faisons l'homme à notre image selon notre ressemblance. Dieu créa l'homme à son image: Il le créa à l'image de Dieu, homme et femme il les créa." (Genèse 1:26-27). L'homme est créé à l'image de Dieu, non seulement parce qu'il a reçu certains attributs appartenant à la nature divine (comme l'intelligence et la volonté) afin de communier avec ce dernier. L'homme est créé à l'image de Dieu, parce qu'il est la statue, la figure représentant Dieu, le roi suprême dans le reste de la création. Dans l'ancien Proche-Orient, le monde dans lequel la Bible a été écrite, les statues des rois (empereurs) étaient placées dans toutes les villes et villages appartenant au royaume ou à l'empire pour représenter la souveraineté du roi (empereur.)
L'image du roi, sa statue, bien que vénérée par les populations des villages assujettis, n'avait pas d'existence propre en dehors de l'existence du roi lui-même. La création de l'homme à l'image de Dieu sert à accentuer la dépendance créationnelle de ce dernier par rapport à Dieu son créateur. L'homme est créé à l'image de Dieu parce qu'il est par nature destiné à être dépendant pour son existence sur Dieu son auteur. Dieu est l'original de ce que l'homme est par extension. Selon la Bible, l'homme n'est homme que par rapport à sa dépendance à Dieu son créateur.
Mais voilà que l'homme, image de Dieu, choisit de se séparer de Dieu son origine. L'homme, le premier couple humain, pèche dans le jardin d'Eden. L'homme et la femme choisissent d'écouter la voix du serpent qui remet en cause la crédibilité de Dieu, leur créateur, qui leur avait expressément interdit de ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal (Genèse 2:16-17).
Le serpent présente Dieu à l'homme et la femme comme un menteur qui leur cache le fait que la consommation du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal les changerait en être divins capables de posséder et de maîtriser le bien et le mal. Le serpent dit: "Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal." (Genèse 3:5) Mais la désobéissance de l'homme révèle que c'est plutôt le serpent qui est menteur, parce qu'après avoir mangé du fruit défendu, l'homme et la femme ne deviennent pas des êtres divins possédant la connaissance et la maîtrise du bien et du mal. Après leur désobéissance, l'homme et la femme possèdent effectivement la connaissance du bien et du mal, mais contrairement à Dieu, ils n'en ont pas la maîtrise. La connaissance du bien et du mal en dehors de la présence de Dieu produit en l'homme une instabilité existentielle qui le pousse à tendre de plus en plus et toujours vers le mal plutôt que vers le bien. La Bible dit: "L'Eternel vit que la méchanceté de l'homme était grande sur la terre; et que chaque jour son cœur ne concevait que des pensées mauvaises." (Genèse 6:5).
Désormais, l'homme, image, mais séparé de Dieu son origine, n'a plus de réalité sur laquelle fonder son existence. La mort physique qui le ramène à la poussière, sa matière première est la représentation concrète de la mort spirituelle qui le frappe à cause de sa séparation avec Dieu.
Maintenant qu'il est séparé de Dieu, son créateur, la source de son ordre et de son équilibre, l'homme devient désordre, déséquilibre et instabilité. Séparé de Dieu son origine, l'homme n'a plus de destination. Séparé de Dieu, son point de départ, l'homme n'a plus de point d'arrivé. Mais malheureusement, son péché le met en mouvement et le dirige non plus vers Dieu, mais loin de Dieu. Mais s'éloigner de Dieu, le créateur, c'est s'éloigner de la vie; c'est se diriger vers le néant, vers la mort.
Les conséquences qui affectent l'homme à cause de sa séparation avec Dieu sont d'ordres spirituels, moral et physique. La conséquence spirituelle concerne la rupture de la communion de l'homme avec Dieu. Par sa désobéissance, d'ami, l'homme devient ennemi de Dieu, ennemi de sa sainteté. Il est toutefois vrai que malgré sa désobéissance, l'homme est toujours aimé de Dieu, mais l'amour de Dieu n'altère pas sa justice. Parce que rebelle contre Dieu, l'homme est reconnu coupable devant la justice de Dieu et est destiné à la mort. L'apôtre Paul écrit: "Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu." (Romains 3:23a); "Car le salaire du péché, c'est la mort." (Romains 6:23). Maintenant que nous avions péchés, nous sommes spirituellement morts et physiquement mortels. Nous sommes spirituellement aliénés de Dieu notre créateur.
La conséquence morale de la désobéissance de l'homme devant Dieu est la perte de sa capacité à maîtriser son esprit, âme et corps. L'homme séparé de Dieu ne devient pas seulement étranger devant Dieu, mais aussi étranger devant lui-même. L'homme séparé de Dieu ne sait plus qui Dieu est, et ne sait non plus qui lui-même est. En voulant obtenir sa liberté par rapport à Dieu, l'homme a perdu sa liberté par rapport à lui-même. L'homme est désormais esclave de lui-même; esclave de ses mauvais désirs, esclaves de ses passions. L'homme pécheur est devenu donc un être en crise, un être déchiré entre le bien qu'il sait, mais ne peut faire, et le mal qu'il abhorre, mais est incapable d'éviter (voir Romains 7:14-24). Désormais, à cause de notre nature pécheresse, nous sommes des êtres en crise, des êtres malades, qui ne sont pas ce qu'ils veulent êtres, et ne veulent pas êtres ce qu'ils sont, des pécheurs invétérés, sans avenir.
La conséquence physique la plus visible de notre séparation avec Dieu est notre mortalité. Nous mourrons, non parce que créés mortels, mais parce que séparés de Dieu, la source de la vie. La mort physique nous atteint de diverses façons. La vieillesse est considérée comme la porte qui ouvre la vie limitée de l'homme à la certitude de la mort. Mais les humains ne meurent pas seulement parce qu'affectés par la vieillesse. La séparation d'avec Dieu livre l'homme à la merci des agents biologiques et chimiques qui provoquent les différentes maladies psychosomatiques qui sont malheureusement le lot de l'humanité déchue. La maladie rend la vie humaine pénible et réduit sa durée (Psaume 90). Les hôpitaux attestent, non pas que quelques humains soient malades, mais que l'humanité tout entière est maladive.
La compréhension de la condition pécheresse de l'homme et de ses conséquences spirituelles, morales et physiques préparent à la compréhension de l'urgence de la nouvelle naissance. L'apôtre Paul s'exclame: "Qui me délivrera de ce corps de mort?" (Romains 7:24)
Posons de nouveau la question de la nouvelle naissance. Pourquoi naître de nouveau? La seule sortie pour l'humanité entraînée dans la course vers la mort est le retour vers Dieu. Il faut que l'homme, qui fuit loin de Dieu s'arrête et face volte-face et revienne vers Dieu. Mais la volte-face, le retour vers Dieu est impossible si Dieu n'intervient pas pour, avant tout réduire notre course effrénée vers le mal, et nous redonner une nouvelle existence. Le don de la nouvelle vie par Dieu en Christ s'appelle la conversion. L'apôtre Paul écrit: "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici: (toutes choses) sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ." (2 Corinthiens 5:17-21).
Pourquoi naître de nouveau? Nous devons naître de nouveau pour éviter la colère de Dieu qui certainement atteindra tous ceux qui s'endurcissent à poursuivre leur course mortelle malgré l'offre de la nouvelle vie en Christ. Dans l'évangile de Jean Jésus affirme: "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n'est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu." (Jean 3: 16-18)


Maintenant il faut poser la question du comment de la nouvelle naissance.

3. Comment naître de nouveau?

Bien que l'appel à la nouvelle naissance soit sans délai, la Bible décourage toute tentative personnelle de la part de l'homme pour provoquer sa conversion. La nouvelle naissance (conversion) est une entreprise totalement divine. Elle est un don de Dieu. Don extrêmement coûteux, don sans prix, accordé aux hommes pécheurs qui méritent la destruction plutôt que la miséricorde divine.
En effet, la nature juste de Dieu demande l'exécution immédiate de la peine de mort contre la désobéissance de l'homme. "Car le salaire du péché c'est la mort" (Romains 3:23). Mais dans son amour Dieu devise un plan, un moyen de satisfaire aux exigences de sa justice sans pour autant procéder à la destruction éternelle de sa créature. Dieu devise un plan de salut pour l'homme en s'envoyant lui-même à la mort, lui innocent à la place de l'humanité coupable. Dieu a décidé de réconcilier le monde avec lui-même, d'accorder la nouvelle naissance aux hommes en satisfaisant les exigences de sa justice contre la culpabilité de la race humaine sur la personne de Christ. Jésus-Christ, le Fils de Dieu s'est interposé entre nous et la colère divine. Il a pris notre place volontairement. Il s'est substitué à nous et a été frappé pour nos péchés comme le dit le prophète Esaïe: " Qui a cru à ce qui nous était annoncé? Qui a reconnu le bras de l'Eternel? Il s'est élevé devant lui comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée; il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n'avait rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes, hommes de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas. Cependant, ce sont nos souffrances qu'il a portées, c'est de nos douleurs qu'ils s'est chargé; et nous l'avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix est tomba sur lui, et c'est sur ses meurtrissures que nous sommes guéris." (Esaïe 53:1-5)
La substitution du Fils unique de Dieu, la substitution de Jésus-Christ pour nos péchés satisfait aux exigences de la justice divine. Désormais nous sommes libres, libre de revenir à Dieu, parce qu'un autre a été frappé à notre place: L'apôtre écrit: " Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Christ-Jésus." (Romains 8:1). Comment peut-on "être" en Christ? A Nicodème Jésus disait: "Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut, de même, que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n'est pas jugé." (Jean 3:14-18a)
Alors comment naît-on de nouveau? On naît de nouveau quand on croit au Christ. Et on croit en Christ quand on réalise: 1. La gravité de notre séparation d'avec Dieu; 2. quand nous acceptons la culpabilité de nos péchés et acceptons le verdict de Dieu qui nous déclare coupables; 3. Quand malgré notre culpabilité, nous prenons Dieu au sérieux et acceptons le moyen qu'il nous offre pour sortir du péché, à savoir la foi en la personne et l'œuvre de Jésus. Alors nous devenons chrétiens. Qui est alors le chrétien?
Il n'est pas assez de dire que le chrétien c'est celui qui a rencontré le Christ dans une expérience "existentielle" basée sur la foi en sa parole, en son œuvre et surtout en sa personne. Le chrétien est celui qui est arrivé à croire, par la persuasion du Saint-Esprit, qu'il est un homme pécheur par nature et par actes. Le chrétien c'est celui qui se sait pécheur et que ses péchés provoquent la colère divine. Il croit aussi quand Dieu lui présente le sacrifice expiatoire de Christ comme seul et unique moyen de réconciliation avec lui. Cette expiation s'actualise par l'acceptation personnelle du pardon du et des péché(s) qu'offre gratuitement le Christ par la foi en sa personne et en sa parole (promesse). Le pardon du péché, parce qu'en Christ le contentieux édénique est réglé. Dieu nous pardonne notre nature pécheresse. Le pardon des péchés, parce qu'en Christ, Dieu nous pardonne les péchés commis, c'est-à-dire nos actes coupables passés et promet de nous pardonner quotidiennement nos égarements si nous les confessons (1 Jean 1:8-10).
Le salut est une expérience qui se passe au niveau du cœur. Il se produit quand le Christ théorique des Ecritures devient réel et personnel dans l'âme par la foi. Le Jésus de l'intellect, le Christ enseigné devient le Christ vécu, le Christ rencontré, l'ami intime, l'ami fidèle et tendre qui nous prend désormais en charge. Cette expérience unique et incontournable est appelée "nouvelle naissance." Certains textes bibliques en parlent directement: "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle." (Jean 3:16); "Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu." (1 Jean 1:12); "Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi." (Apocalypse. 3:20).
Il ressort de ces textes que Dieu aime les hommes malgré que ces derniers soient coupables devant lui. Il a décidé de les pardonner par le sacrifice de Jésus-Christ. Il attend en retour que ceux-ci posent un acte volontaire en adhérant par la foi à l'œuvre accomplie par le Christ sur la croix. Le salut, acte divin ne devient effectif pour l'homme que par un acte volontaire. Celui-ci procède de la compréhension de l'amour de Dieu. Lui, il nous reconnaît pécheur, il nous dit que nous l'avions offensé à Eden, que nous l'acceptions ou pas. Il nous reconnaît coupable et nous menace de destruction si nous n'acceptons pas le moyen unique qu'il a mis à notre disposition à savoir Jésus-Christ.
Il est impossible de parvenir au salut inconsciemment. Dieu veut que ceux qui placent leur foi en lui (par Jésus-Christ) le fassent avec lucidité et sachent de quoi Dieu les sauve et pourquoi il le fait. Ils doivent aussi comprendre ce que signifie "croire" en Jésus-Christ. La foi en Jésus-Christ comme moyen de salut n'est certes pas une supplication divine pour que l'homme consente enfin à se laisser sauver. Croire est un acte libre, voulu, ayant des conséquences profondes pour l'avenir de la personne placée devant le choix: "Celui qui croit en lui n'est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils de Dieu". (Jean 3:18)
L'offre gratuite du salut s'accompagne toujours de la menace de la certitude du jugement pour ceux qui la repousse. Dans la Bible, Dieu promet deux réalités aux hommes; le ciel et l'enfer. Ceux qui croient en lui à travers son Fils sont sauvés par lui de leurs péchés et sont destinés pour le ciel. Ceux qui refusent ou font semblant de ne pas comprendre qu'ils doivent se décider en faveur de lui sont destinés pour l'enfer. L'acceptation du salut est donc l'acte le plus hautement responsable qu'un homme puisse poser, parce qu'il détermine son avenir éternel. Le salut est gratuit, à la disposition de tous, mais il est aussi tellement personnel qu'il ne peut s'acquérir par procuration ou involontairement. C'est celui qui en veut qui en bénéficie.
Plusieurs hommes se disent à eux-mêmes qu'ils ne savent pas de quel danger Dieu cherche à les sauver. Selon eux, ils ne se sentent franchement pas en danger en quoi que ce soit pour désirer un salut quelconque. Mais l'impératif du salut vient de Dieu, et est utilisé par lui pour nous avertir du danger de destruction spirituelle imminente qui nous guette. Ce danger c'est le péché, cette force négative, qui nous ronge, qui nous diminue et qui nous détruit déjà et nous détruira à la fin même si nous restons indifférents aux appels du Saint-Esprit. Dieu est franchement décidé à punir ceux qui se moquent de son avertissement au point que la force de la punition à venir approfondi son amour et le pousse à sauver ceux qui veulent bien se laisser sauver avant que sa colère ne se manifeste. Concernant l'acceptation volontaire du salut, nous dirons, en utilisant le langage de notre temps que "le salut est une affaire à prendre ou à laisser". La Bible l'enseigne tellement bien que toute possibilité d'innocence est d'avance exclue. Nous ne le dirons assez. Nous sommes sauvés parce que nous le voulons, parce que nous avions choisi d'accepter que Dieu ne se trompe pas quand il nous reconnaît pécheurs et que sa menace d'enfer n'est franchement pas une blague pieuse. Récapitulons: que signifie alors être chrétien?
Etre chrétien, c'est "naître de nouveau". Jésus dit à Nicodème le chef juif qui est venu le voir la nuit:
... En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit: comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître? Jésus répondit: en vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair et ce qui est né de l'Esprit est esprit. (Jean 3:3-6).
Rencontrer le Christ, être sauvé du péché équivaut à changer de vie. Le changement est tellement profond et complet qu'il est assimilé à une renaissance. L'apôtre Paul qui a profondément expérimenté cette réalité et qui en a reçu le mystère explique la conversion en termes de recréation. "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles." (2 Corinthiens 5:17). La renaissance et la recréation dont parlent les deux textes précédents sont appelés dans la Bible "conversion". La conversion, c'est le retournement existentiel de soi-même, produit par le "oui" de l'homme répondant aux sollicitations du Saint-Esprit. Ce retournement se produit de la manière suivante: Toujours, le Saint-Esprit besogne le cœur de l'homme essayant sans cesse d'enfoncer les murs de résistance que ce dernier se construit sans cesse pour protéger son héritage édénique, sa nature pécheresse. C'est quand le Saint-Esprit parvient finalement à lui faire voir ce qu'il se cache lui-même sur la gravité de sa situation spirituelle qu'apparaît l'amertume, le poids dans la conscience d'une vie vécue en dehors de la volonté de Dieu. C'est la repentance, le regret d'avoir offensé Dieu par son héritage adamique d'abord et par ses propres actes coupables, surtout pour avoir si longtemps résisté à son appel. L'amertume et le regret provoqués par la prise de conscience de ses péchés pour être bénéfiques, pour produire la conversion, doivent conduire au désir ardent et à la ferme volonté de changer. Mais d'ou vient la force qui produit le changement spirituel? Ici intervient la foi en Jésus-Christ le Fils de Dieu qui est le seul moyen désigné par Dieu pour l'obtention du salut. Le Christ s'est offert sur la croix pour satisfaire à la justice punitive de Dieu face à nos péchés. Le Christ, par sa mort substitutive nous procure la force spirituelle nécessaire pour triompher du péché. Intervient directement après la repentance, la "régénération". La régénération c'est la venue de Jésus-Christ, par le Saint-Esprit, dans le cœur de celui qui croit. Jésus prend la direction, de la vie du croyant et l'aide pour qu'il ne vive plus pour lui-même mais pour Dieu. De maître de lui même, le croyant devient serviteur de Jésus-Christ, parce que désormais, c'est Jésus-Christ qui le dirige. Le croyant a délibérément choisi de confier la direction de sa vie à Jésus-Christ afin qu'il ait le dessus sur sa volonté propre. C'est toujours "que sa volonté soit faite" (Jean 6:38; Lc. 22:42) qui devient la préoccupation majeure de la vie du croyant. Ce dernier peut alors redire avec l'apôtre Paul: "J'ai été crucifié avec Christ et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi." (Galate 2:20).
La conversion est donc une expérience tellement profonde que la vie tout entière de l'homme en est bouleversée. Le converti ne réagit plus de la même façon qu'avant (même si ce changement n'est pas toujours instantané.) Lui-même sait et sent qu'il s'est produit une révolution complète dans son être et le Saint-Esprit le lui témoigne intérieurement. La Bible dit: "L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu." (Romains 8:16).
Le changement qui se produit dans la conversion est un changement "téléologique", c'est à dire que le sens et le but de la vie du croyant ne sont plus les mêmes qu'avant. Maintenant le croyant ne vit que pour la gloire de Dieu, il ne cherche qu'à accomplir sa volonté. L'obéissance à la volonté de Dieu n'est plus une obligation, un devoir pénible pour ce dernier, mais un besoin pressant incontournable, un impératif provenant du fond de sa volonté propre. Il devient impossible au croyant d'offenser Dieu en vivant délibérément dans le péché et en demeurant insensible à la voix du Saint-Esprit. Le péché devient un intrus dans notre vie qu'il faut sans faute déloger. Dans le croyant se forme un sentiment de haine devant le péché. Le péché ne l'attire plus, mais au contraire lui répugne. Voilà le miracle que Dieu produit dans la vie de celui qui croit en lui, de celui qui s'ouvre à son appel de grâce.
A la question de la nouvelle naissance, de la naissance spirituelle, suit celle de la croissance spirituelle.

4. Comment croître spirituellement?

a. La sanctification

L'enseignement sur la croissance spirituelle se fait dans le contexte de la sanctification. La notion de la sanctification comporte dans la Bible, premièrement, un aspect objectif. Est saint, toute personne ou objet mis à part pour le service du seigneur. Dans l'Ancien Testament la racine hébraïque "qadash" signifie sanctifier, mettre à part.
Dans l'Ancien Testament, Israël est dit être un peuple saint, mis à part pour et par Dieu d'entre toutes les nations de la terre. Il est en effet, le seul peuple de la terre à appartenir en propre à Dieu. Israël est choisi être la lumière du monde. C'est au travers de son témoignage, de sa vie que le monde doit connaître YHWH. Israël, pris dans son ensemble, est sanctifié par et pour le Seigneur. Mais au sein d'Israël déjà sanctifié, Dieu sanctifie de nouveau une tribu parmi les douze. La tribu de Lévi est sanctifiée, mise à part, du milieu de ses frères pour le service sacré. Nul autre, à part un ressortissant de la tribu de Lévi ne peut assurer le service du tabernacle sans courir des risques souvent mortels. Ce n'est pas parce que Lévi est en lui-même une tribu ayant des capacités extraordinaires qu'elle est la seule habilitée au service sacré. C'est simplement parce qu'elle a été mise à part par Dieu pour ce service (le roi Saül a été déchu de la royauté parce qu'il a osé sacrifier à la place de Samuel qui tardait à arriver au front avant le combat contre les philistins (1 Sam.13:9-14); le roi Osias est frappé de lèpre parce qu'il avait insisté d'offrir des holocaustes sacrés dans le temple devant les sacrificateurs qui l'en empêchaient (2 Chr. 26:16-22; 1 Rois 15:1-7).
Du sein des lévites, le Seigneur sanctifie une seule famille; la famille d'Aaron pour assurer la sacrificature. Ne pouvait sacrifier qu'un lévite descendant d'Aaron. Les autres lévites collaboraient au service sacré sans jamais toucher au sacerdoce.
Nous découvrons ainsi une triple sanctification dans l'histoire et la religion d'Israël. Dieu sanctifie à différent niveau; le peuple dans son ensemble, du peuple la tribu de Lévi, de la tribu de Lévi la famille d'Aaron. Cette sanctification est objective. Elle ne dépend pas des dispositions intérieures de celui qui en est le bénéficiaire, mais dépend du libre choix de celui qui en est l'initiateur. Israël, Lévi, Aaron, se constatent mis à part selon le projet divin pour un travail spécifique. Cette sanctification objective, externe est désormais héréditaire.
Mais dans la sanctification objective héréditaire du peuple, de Lévi et d'Aaron, le Seigneur ajoute ou exige une autre dimension de la sanctification. Il exige une sanctification subjective. Le peuple sanctifié doit se sanctifier lui-même pour approcher Dieu plus intimement: "YHWH dit à Moïse: va vers le peuple; sanctifie-le aujourd'hui et demain; qu'ils nettoient leurs vêtements. Que les sacrificateurs eux-mêmes qui s'approchent de YHWH se sanctifient aussi, de peur que YHWH ne cause des pertes dans leurs rangs." (Ex. 19:10,22).
Ainsi, la sanctification objective s'accompagne obligatoirement de la sanctification subjective dans l'Ancien Testament (Il est vrai que la sanctification subjective dans l'Ancien Testament est beaucoup plus rituelle (lavage des vêtements) que spirituelle ou morale, il en est de même de la notion de la pureté et de l'impureté.
Le Nouveau Testament continue la notion objective de la sanctification en y apportant des éléments nouveaux. Est sainte objectivement, toute personne qui croit en Jésus-Christ. L'Eglise est sainte parce qu'elle est mise à part par et pour Dieu, pour être le lieux de sa présence dans le monde. La sanctification objective dans le Nouveau Testament est toujours un don divin, mais elle n'est plus héréditaire. Elle s'acquiert par la conversion, par la foi personnelle en Jésus-Christ. En Christ, la sanctification objective est ouverte à l'humanité tout entière. La foi personnelle est la seule condition pour devenir sanctifié par et pour le Seigneur.
Dans l'épître aux Corinthiens, l'apôtre Paul critique la vie dissipée de ces auditeurs. Nous attendons à ce qu'il les traite pour des non-convertis, mais voilà qu'il les reconnaît toutefois pour des saints, des mis à part, malgré leur vie dissipée: "Paul, appelé à être apôtre du Christ-Jésus..., à l'Eglise de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en Christ-Jésus, appelés à être saints." (1 Cor. 1:1-2).
En Christ, tous les croyants sont saints de droit. Leur foi leur confère le statut des mis à part. Mais tous ceux qui "ont été sanctifiés en Christ-Jésus" sont aussi "appelés à êtres saints." (1 Cor. 1:1), à se sanctifier sans cesse. La sanctification objective oblige à une sanctification subjective dans la vie quotidienne du croyant. Les saints sont sans cesse appelés à "se sanctifier".
Dans la vie et l'expérience quotidienne, la sanctification objective est invisible. Pour qu'elle soit visible, elle doit s'extérioriser par la sanctification subjective. La sanctification subjective est comme la sanctification objective, l'œuvre du Saint-Esprit dans la vie du croyant. Le Saint-Esprit élimine, corrige et oriente le caractère, les habitudes et le comportement du croyant selon la volonté du Seigneur. Dans 1 Thessaloniciens 4:3 l'apôtre Paul écrit: "Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification; c'est que vous vous absteniez de l'inconduite; c'est que chacun de vous sache tenir son corps dans la sainteté et l'honnêteté, sans se livrer à une convoitise passionnée comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu; que personne, en affaires, n'use envers son frère de fraude ou de cupidité... Car Dieu ne nous a pas appelés à l'impureté; mais à la sanctification."
La sanctification subjective et la pureté sont deux réalités spirituelles qui vont de paire dans le Nouveau Testament. Il est impossible d'être saint dans le Nouveau Testament sans être pur. Dans le Nouveau Testament, la pureté et l'impureté sont dirigées vers l'être intérieur, invisible aux autres. Il est possible d'être extérieurement saint dans ses habitudes et intérieurement impur dans ses pensées. La sainteté extérieure n'est en vérité que façade. Pour qu'elle soit vraie et complète, la sainteté extérieure doit reposer sur la pureté intérieure. Aux Philippiens l'apôtre Paul écrit: "Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l'objet de vos pensées." (Phil. 4:8).
La sanctification est comme la sève spirituelle qui fait croître la vie du chrétien. Il est impossible d'atteindre la maturité spirituelle sans une vie vécue dans la sanctification continuelle.
Avant d'élaborer sur la pratique de la sanctification, il faut différencier la sanctification de la perfection, et du perfectionnisme.

(1) La sanctification et la perfection

La sanctification ne peut être confondue à la perfection. La recherche de la sanctification, la poursuite de la perfection ne doit pas déraper en perfectionnisme. Tout chrétien doit savoir que la Bible ne nous demande pas d'atteindre la perfection ici-bas. Elle nous encourage à tendre vers la perfection tout en sachant qu'elle ne sera pas atteinte ici-bas. Ce n'est certes pas une raison pour se décourager dans sa poursuite, parce qu'elle est inaccessible. Dieu ne nous demande pas de l'atteindre, il nous demande de nous en rapprocher de plus en plus. Le chrétien le plus saint n'est pas celui qui a atteint la perfection. C'est celui qui s'en approche davantage et toujours.

(2) La progression dans la sanctification

La sanctification est progressive. Ce n'est pas en un jour que Dieu réalise le nettoyage de notre nature fortement érodée par le mal. Dieu n'est jamais pressé ou impatient avec nous. Il est bon maître sachant quel rythme adopter, pour chaque type de personne que chacun de nous représente, pour nous amener à lui ressembler davantage. C'est par le Saint-Esprit qui besogne dans nos cœurs, lentement mais sûrement que Dieu réalise l'œuvre de la sanctification dans notre vie. Il n'y a pas de place pour la brutalité ou des efforts personnels pour progresser dans le chemin de la sanctification. La parabole suivante nous aidera à mieux comprendre comment Dieu nous amène volontairement à vivre de plus en plus dans la sanctification.
On raconte qu'un jour, le soleil et le vent se défiaient mutuellement cherchant à savoir lequel de deux avait plus de puissance. Passait un homme ignorant leurs disputes qui allait son chemin vêtu d'un lourd manteau. Ils gagèrent donc sur celui qui parviendrait par sa force à faire sauter le lourd manteau que portait ce dernier. Sans le savoir, l'homme continuait son chemin. Le vent, le premier, commença la démonstration de sa force sur le pauvre homme innocent. L'homme remarqua qu'un vent brusque se leva et souffla terriblement sur lui. Son manteau était presque en train de s'envoler. Le vent commençait déjà à célébrer sa victoire. Mais par réaction normale, tout ce que l'homme fit c'est de se recroqueviller sur lui-même et de serrer son manteau sur lui-même. Le vent redoubla d'intensité, jusqu'à emporter l'homme lui-même, mais en vain, celui-ci ne voulait pas se séparer de son vêtement. Les tentatives forcées du vent échouèrent parce qu'elles ressemblaient à une agression externe. Ce fut au tour du soleil de démontrer sa force. Ce dernier opta pour la méthode douce. Au lieu d'envoyer à la fois une vraie décharge lumineuse sur l'homme, ce qui pouvait le tuer au lieu de le déshabiller, le soleil se contenta de faire darder doucement mais constamment ses rayons sur l'homme en marche. Que remarqua-t-on de la part de l'homme en marche? Rien d'anormal. Il allait son chemin allégrement, surtout que le temps que le vent avait gâté s'était amélioré avec la levée du soleil. Mais plus il marchait, plus il commença à suer, d'abord doucement, puis de plus en plus. On remarqua qu'il sortit son mouchoir et s'essuya le front, puis le remit en poche. Après une certaine distance, il ressortit de nouveau son mouchoir, mais cette fois-ci s'épongea abondamment, non seulement le front, mais le cou et les aisselles. Le soleil, lui, continua doucement son action. Après plusieurs kilomètres, l'homme cette fois-ci ne s'épongea pas seulement, mais il commença par ouvrir les boutons de son manteau. Et quelques kilomètres plus tard, ne pouvant plus supporter la chaleur qui lui faisait couler à flot la sueur, il finit par enlever complètement le manteau à la victoire du soleil. Personne ne l'avait forcé, mais lui-même avait jugé normal de ne plus continuer de porter quelque chose qui ne lui procurait plus aucun bien. Le soleil a gagné le défi en utilisant une méthode douce, patiente basée sur le propre consentement de l'homme. La sainteté est un impératif biblique qui ne se réalise pas a l'impératif mais à l'indicatif. L'homme ne peut parvenir au changement spirituel par sa force ou par l'ordre d'une tierce personne. C'est seulement le Saint-Esprit, par sa faculté de persuasion qui peut atteindre l'homme dans son être profond, seul lieu de vrai changement. La démarche de la sanctification est identique à celle de la conversion. Personne ne se convertit de lui-même ou de force. C'est quand toutes les résistances intérieures et extérieures de l'homme sont vaincues par l'action du Saint-Esprit besognant dans son coeur que ce dernier s'ouvre à Christ. Il en est de même de la sanctification subjective. C'est quand nous comprenons ce que le Saint-Esprit nous montre sur notre propre faiblesse que nous faisons un pas de plus dans le chemin de la sanctification. C'est à ce moment là que nous commençons petit à petit à être d'accord que le Saint-Esprit nous déshabille de notre vieil homme.
Il ne faut pas toutefois trop réduire l'adhésion de la volonté de l'homme au processus de la sanctification. Le progrès dans la sanctification dépend aussi en grande partie de la réponse de l'homme à l'œuvre du Saint-Esprit. Trois scénarios sont possibles dans le chemin du progrès dans la sanctification:
- Il y a ceux qui ont progressé jusqu'à un certain point et se sont arrêtés sans désir de continuer.
- Il y a ceux qui progressent en bonds intermittents. Ils passent un long moment d'immobilité spirituelle avant de bondir de nouveau et de s'immobiliser et ainsi de suite.
- Il y a ceux qui progressent régulièrement, mais très lentement au point de rendre leur progression imperceptible.
La première catégorie, celle de ceux qui ont progressé jusqu'à un certain point et ce sont arrêtés presque définitivement correspond dans la vie spirituelle à tous ceux qui ne pensent à Dieu qu'au passé. Ils ont connu des expériences spirituelles extraordinaires qui leur servent de base, mais ne réalisent dans le présent aucun progrès. Ce sont souvent des chrétiens réellement convertis, mais envahis par des habitudes coupables, par des péchés tolérés. Ils ont mis en oubli la purification de leurs péchés comme le dit l'apôtre Pierre (2 Pierre1:9). Ce sont souvent ce genre de chrétiens qui sont les écueils de nos assemblées.
La seconde catégorie, celle de ceux qui progressent en mouvements saccadés, correspond dans la vie spirituelle à ceux qui ne peuvent progresser que quand il y a des événements spirituels extraordinaires qui se produisent et les tirent de leur léthargie spirituelle. Ils repartent alors en catastrophe, prenant brusquement conscience du temps perdu. Mais ils finissent toujours par aller s'endormir quelque part attendant un nouvel événement.
La troisième catégorie, celle de ceux qui progressent lentement et difficilement, correspond selon nous, à tous ceux qui vivent une vie spirituelle réelle, basée sur l'écoute de Dieu. Ils vivent une vie spirituelle où ils sont sans cesse conscients de leurs écarts et faiblesses, malgré cela, ils coopèrent sincèrement avec le Saint-Esprit pour faciliter leur progression spirituel. Cette progression se réalise sur un rythme de deux pas moins un, sans cesse avancés et sans cesse réduits. D'aucun diront, comment progresse-t-on pratiquement dans la foi?
Le processus est en soi simple, mais la pratique difficile. Comment progresse-t-on dans la sanctification?
Rappelons que la sanctification quotidienne est l'œuvre du Saint-Esprit dans la vie du croyant. C'est lui qui nous sanctifie et nous fait progresser, toutefois avec notre accord. Le Saint-Esprit habite tout croyant. Il joue plusieurs rôles dans sa vie. Il lui révèle Christ, lui enseigne les profondeurs de Dieu et le convainc du péché. Cette troisième dimension de l'œuvre du Saint-Esprit dans la vie du croyant est directement liée à la sanctification. La sanctification subjective se réalise par le déshabillage de l'homme ancien, de ses habitudes, comportements coupables. Tous, nous sommes incapables de constater nos péchés et les reconnaître comme tels sans développer un système d'auto-justification. Nous avons hérité d'Adam la faculté de nous défendre, de nous justifier en accusant les autres pour notre faute. Seul le Saint-Esprit parvient à nous aiguillonner réellement au point de nous faire admettre nos torts. Mais pour y arriver, souvent notre résistance l'oblige à utiliser des méthodes fortes; il nous aiguillonne, nous trouble, nous enlève toute tranquillité et paix etc.
La plupart d'entre nous prenons du retard spirituellement sur ce point. Il nous est souvent difficile de capituler, d'accepter que nous avions failli et que c'est Dieu qui a raison. Nous résistons, nous tournoyons, nous expliquons, nous nous défendons pour ne pas abandonner ce qui nous plaît, mais déplaît à Dieu. Heureusement que le Saint-Esprit est patient avec nous et use mille procédés pour nous guérir de notre cécité spirituelle. Parfois, il doit en arriver à la punition pour convaincre les récalcitrants. L'auteur de l'épître aux Hébreux écrit: "Et vous avez oublié l'exhortation qui nous est adressée comme à des fils: mon fils, ne prends pas à la légère la correction du Seigneur et ne te décourage pas lorsqu'il te reprend. Car le Seigneur corrige celui qu'il aime et frappe de verge tout fils qu'il agrée." (Hébreux 12:5-12)
Jacques aussi encourage les frères à accepter positivement les épreuves comme moyen divin de perfectionnement: "Mes frères considérez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves que vous pouvez rencontrer, sachant que la mise à l'épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience produise une œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis, et qu'il ne vous manque rien." (Jacques 1:2-4)
Nous pouvons déduire de ce qui précède que notre entêtement freine l'action du Saint-Esprit dans notre vie et notre flexibilité lui facilite la tâche. Le mot clé du progrès dans la sanctification est l'écoute obéissante des injonctions du Saint-esprit agissant dans notre vie, nous montrant ce que nous devons corriger, rectifier, changer, abandonner etc. Pratiquement, l'écoute du Saint-Esprit se fait de deux manières: par la conviction intérieure quand il nous parle subjectivement ou souvent par l'écoute (la méditation) de la parole de Dieu. Celui qui lit et médite régulièrement la parole de Dieu entre dans une nouvelle relation avec le Seigneur qui lui permet de le comprendre plus facilement.
Le progrès dans la sanctification a pour conséquence pratique directe l'élimination dans la vie du croyant de tous les péchés grossiers qui caractérisent les gens du monde. Si tous les péchés ne sont pas éliminés, il y a au moins l'élimination directe et urgente de tous les péchés ayant une résonance sociale dangereuse pour le témoignage personnel du croyant et du Christ. Les péchés comme; l'impureté sexuelle, le mensonge (escroquerie), les insanités etc. et autres attitudes sont franchement contradictoires au message de Christ. Celui qui a volontairement accepté de vivre dans la sainteté a opté volontairement de vivre constamment sous la lumière de la volonté divine et de ne jamais s'en écarter. Il a donc choisi de ne jamais demeurer dans le péché même s'il lui arrive d'y tomber. En pratique, jamais il ne peut vivre avec un péché conscient. Il doit sans cesse confesser tout ce que le Saint-Esprit lui montre comme péché et croire au pardon divin. S'il lui arrive d'être incapable d'abandonner un mal dont il a conscience, il ne s'épuise pas à chercher à s'en débarrasser par sa force. Le contrat signé avec le Saint-Esprit stipule que ce dernier se charge de la responsabilité de lui faire abandonner ce qu'il veut bien abandonner sans le pouvoir. Voilà le type de chrétien saint, non pas chaque jour, mais à chaque instant. C'est au travers d'un tel homme qui a livré complètement sa volonté au Saint-Esprit que Dieu réalise des grandes choses.



b. La pratique de la sanctification

(1) La prière

Nous rencontrons le Christ par la foi en sa personne et en son œuvre expiatoire. Sa parole écrite, sert de porte à cette rencontre. La parole de Dieu nous donne la connaissance objective de Dieu. Tout ce qu'il est pour nous, tout ce qu'il a fait pour nous et tout ce qu'il fera pour nous, nous le découvrons dans sa parole écrite. La Bible nous permet de connaître Dieu et d'entrer en relation avec lui en suivant ses injonctions. Mais il n'est rien dans la vie spirituelle qui nous introduise dans l'intimité de Dieu comme ne le fait la prière.
Plusieurs définitions ont été proposées pour tenter d'expliquer la réalité de la prière. Pour certains, prier c'est dialoguer avec Dieu. J. Bunyan définit la prière comme "l'épanchement sincère, conscient, plein d'amour de notre cœur ou de notre âme à Dieu par Jésus-Christ" [J. Bunyan, La Prière (Mulhouse CEDEX: BV, 1876) p. 13]. Pour O. Hollesby, "prier, c'est simplement ouvrir la porte, et permettre à Jésus d'accéder à nos besoins; c'est le laisser s'en occuper en exerçant sa puissance comme il l'entend." [O. Hollesby, Prière (La Côte-aux-Fées: G.M., 1983) p. 11]. Toutes les définitions précédentes sont bonnes. Nous ajoutons toutefois l'aspect non négligeable de l'allé vers le Seigneur. Pour nous, prier: "c'est aller chez Dieu, chercher à le rejoindre, à le rencontrer en Jésus-Christ soit pour: parler avec lui, ou lui parler, soit pour l'écouter nous parler, ou encore rester simplement devant lui et jouir de sa présence et de sa plénitude."
L'auteur de l'épître aux Hébreux nous enseigne que Jésus-Christ nous a ouvert le chemin du trône céleste et que désormais, nous pouvons y entrer librement, à tout moment, avec confiance, car Dieu nous a fait grâce: "Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu'il a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire, de sa chair, approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d'une mauvaise conscience, et le corps lavé d'une eau pure." (Hébreux 10:19-22).
Il ressort du présent texte que la prière nous place en face de Dieu lui-même! Réalisons-nous ce que signifie être en face de Dieu? Ce qui est merveilleux c'est que la prière nous place en face du Dieu qui nous aime, et veut profondément notre bonheur. La prière devrait être l'activité spirituelle de prédilection de tout chrétien, vu les avantages spirituels que nous pouvons en tirer par le simple fait d'être en face de Dieu. Le diable connaît la force que la prière donne au croyant, et le danger que cela représente pour son royaume. Alors, il dirige la plus grande partie de son énergie maléfique contre la vie de prière de chaque croyant. A tout prix, il s'ingénie à empêcher les chrétiens de prier, ainsi ils resteront continuellement faibles spirituellement et ne pourront constituer une menace pour lui. Ne constatons-nous pas qu'il est très difficile de prier, de bien prier et régulièrement? Que brusquement des pensées obscures se forment dans notre imagination dès que nous nous agenouillons pour prier. Le téléphone ne redouble-t-il pas d'intensité chaque fois que nous voulons demeurer dans le calme devant le Seigneur? Parlerons-nous des visiteurs de marques qui ne savent arriver que quand nous voulons entrer dans une communion profonde avec le Christ?
La prière est le moment spirituel le plus intense dans la vie chrétienne. La prière est le seul moyen spirituel que Dieu a mis à notre disposition pour que nous puissions nous présenter à lui tel que nous sommes, sans toutes les couvertures honorables que nous plaçons sur notre personnalité. La prière nous met à nu devant le Seigneur et nous permet de lui dire nos misères, nos erreurs cachées ou publiques, nos péchés les plus intimes. En priant sincèrement, Dieu nous ouvre les yeux sur nos faiblesses et fautes que notre nature pécheresse ne nous permet pas de voir. Dieu ne nous rend pas conscient de nos fautes pour nous condamner, mais pour nous justifier, si nous nous ouvrons à lui en reconnaissant nos torts. La prière sincère de confession nous procure le pardon divin, qui nous guéris de toutes les frustrations que provoque le mal dans notre vie. La prière vraie, permet à la paix de Dieu d'envahir notre être et de chasser les craintes cachées ou avouées, les peurs, les incertitudes, les angoisses diverses qui remplissent notre existence. La prière sincère nous procure la stabilité psychique et émotionnelle qui souvent nous fait défaut.
En réalité, celui qui prie, ne peut sortir de la face de Dieu sans que ne se produise en lui un changement positif. La simple vision de Dieu suffit pour transformer, pour apaiser même l'âme la plus troublée. De Dieu émanent la vie, la paix, le calme, la sécurité, l'équilibre, et l'assurance qui nous font défaut. Il semble que Satan a peur chaque fois que, même le chrétien le plus charnel s'agenouille pour prier, parce que la prière apporte au croyant une intimité avec Dieu que le diable ne peut expérimenter. Corrigeons ici l'enseignement qui limite la prière au simple fait de parler à Dieu, de faire des requêtes, d'intercéder ou de louer. La prière ne peut jamais être ramenée à une longue liste de requêtes ou d'intercessions adressées à Dieu. Prier ne signifie pas forcément faire usage de la parole. Prier ce n'est pas seulement parler à ou avec Dieu. Prier, c'est être avec Dieu. Etre avec lui, pour lui parler, ou pour parler avec lui, ou encore pour l'écouter nous parler, ou au contraire pour rester simplement en sa présence enrichissante. L'apôtre Paul nous encourage à prier par l'Esprit, c'est-à-dire, d'entrer en contact intime avec Dieu, pas nécessairement par nos paroles, mais surtout par notre être. Celui qui prie même s'il parle, ne doit pas se limiter au fait de parler. Il doit entrer lui-même, de tout son être dans la présence de Dieu. Celui qui entre entièrement dans la face de Dieu, le "voit" et le "sent" lui parler dans sa pensée, dans son corps et dans son être. Les pensées impures qui remplissent notre imagination, les mauvais désirs qui font la guerre à l'âme tombent d'eux-mêmes, non parce que nous l'avions demandé à Dieu, mais parce que Dieu a traversé notre corps, notre âme et notre esprit. Certains ont changé leur façon de penser, de voir les choses; ils ont changé leur façon de marcher, de s'habiller, leur entourage, n'ont parce qu'ils ont pris des décisions spectaculaires, mais seulement parce que Dieu a visité leur corps. Celui qui s'approche véritablement de la face de Dieu ne peut en ressortir sans qu'il ne soit transformé. En pratique, comment prie-t-on avec son être?
Prier dans son être n'est pas à confondre avec les pratiques découlant du yoga; pratiques qui forcent l'individu à faire le vide dans son esprit pour communier avec l'univers. Dieu ne nous demande pas de faire le vide en nous-mêmes pour lui permettre de nous pénétrer. Il veut au contraire, que nous venions à lui tel que nous sommes et de préférence remplie des problèmes que lui doit résoudre. C'est donc rempli qu'il nous veut venant à lui, et non vides.
La prière efficace commence par une attitude de tranquillité et de calme extérieur et intérieur nous permettant de nous concentrer sur ce que nous voulons faire. Il faut faire silence en soi-même et aussi autour de soi. Le silence et la tranquillité sont des bonnes introductions à la prière. Toutefois il faut se méfier du diable qui ne s'empêche pas de perturber ce temps de calme en faisant vagabonder nos idées sur tout et rien. Il faut demeurer vigilant et attaché à ce que l'on veut commencer. Il peut arriver pendant que nous gardons le silence, que Dieu dirige notre esprit sur un aspect de notre propre vie, ou de la vie des autres pour lequel nous devons prier. Si Dieu ne commence pas à nous parler pendant ce bref moment de silence, nous pourrons alors commencer à lui parler. Il est préférable de prier à mi-voix, en murmurant afin d'éviter toute tentative de divagation dans les pensées ou les paroles. La prière doit alors se poursuivre calmement, raisonnablement et honnêtement. Pourquoi être pressé ou parler rapidement? A moins que cela ne soit une situation propre à notre nature, sinon le calme est la meilleure façon de parler avec un supérieur.
Il n'existe pas de schémas stéréotypés à suivre pour bien formuler sa prière. Certains conseillent à ce que la prière débute par la louange, puis les remerciements, requêtes, intercessions etc. Si ces schémas n'ont rien de mauvais, nous devons toujours garder à l'esprit que tout ce qui est stéréotypé s'émousse facilement. Nous devons rester flexibles et libres dans notre approche de Dieu afin que rien ne nous empêche ou ne nous gène pour que nous disions à Dieu nos préoccupations telles qu'elles brûlent en nous. Alors, craintes, inquiétudes, incertitudes, incrédulités etc. lui seront déposées avec liberté, clarté et lucidité. Il ne faut surtout pas se gêner de vider tout son cœur à Dieu pour être soulagé. Il a dit lui-même: "et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous". (1 Pierre 5:7; Philippiens 4:6-7).
Après lui avoir tout dit, il faut encore que nous passions un temps de silence devant lui avant de dire l'amen final. Peut-être que le Seigneur a une parole finale à nous dire, une promesse à nous faire, un encouragement à nous montrer dans la parole etc. Toute la prière doit être fondée sur Hébreux 11:6: "Or sans la foi il est impossible de lui être agréable; car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent."
La foi en un Dieu puissant, omniscient et amour doit guider notre prière. Nous devons garder à l'esprit que Dieu est souverain et que la prière, pour nous être profitable, doit toujours rechercher l'accomplissement de sa volonté. Chercher l'accomplissement de la volonté de Dieu ne signifie pas que nous sommes désormais sans volonté propre. Jésus ne fait pas de nous des personnes sans volonté. Ce qu'il nous demande c'est de soumettre notre volonté à celle de son père. Comme lui-même à Gethsémané, nous devons faire connaître notre volonté à Dieu, mais désirant en définitive que la sienne s'accomplisse, même si celle-ci est contraire à la nôtre. Celui qui parvient à se soumettre de la sorte commence à posséder la maturité spirituelle.
L'approche de Dieu doit se faire dans le strict respect et soumission à sa personne sachant que c'est lui qui a le dernier mot sur tout ce qui concerne notre vie. L'attention doit être attirée pour tous ceux qui s'approchent de Dieu à la légère comme s'il était leur camarade. L'intimité et la liberté que nous avons en Christ pour nous approcher de Dieu ne doivent jamais être confondu au manque de respect ou à la légèreté. La foi qui nous est exigée dans la prière ne doit jamais être comprise comme un moyen de pression sur Dieu. Gardons à l'esprit que notre foi n'oblige pas Dieu à faire ce que nous lui demandons. Avoir foi en Dieu signifie compter sur sa sagesse. Lui, sait ce qui est bien pour nous, même si apparemment son refus nous fait du mal. Celui qui s'approche de Dieu doit croire de tout cœur qu'il recevra ce qu'il demande. Le non-exaucement immédiat signifie que la demande n'a pas été bonne ou que la réponse est différée.
Rappelons-nous que la prière pour qu'elle soit vraie, doit être directe, intime et non calquée sur des besoins artificiels que nous enseignent notre religiosité ou la spiritualité populaire. Ne prions vraiment que pour apporter à Dieu des vrais problèmes, des problèmes qui sont problèmes pour nous et pour le reste de l'humanité.
Toute personne qui rencontre Dieu véritablement dans une communion spirituelle sans cesse renouvelée, respire une paix, un calme anormal pour les gens du monde. Il émane de lui une fraîcheur divine, parce qu'il a été longtemps aux côtés de Dieu lui-même. Le livre d'Exode nous parle de Moïse qui gardait un tel éclat de ses rencontres avec le Seigneur sur la montagne de Sinaï, qu'il était obligé de porter un voile pour ne pas déranger la vision de ses compatriotes: "Moïse descendit de la montagne de Sinaï ayant les deux tables du témoignage dans sa main, en descendant de la montagne; et il ne savait pas que la peau de son visage rayonnait, parce qu'il avait parlé avec YHWH." (Exode 34:29s).
Dans le Nouveau Testament, les assassins d'Etienne ont vu sa figure prendre l'aspect de celle d'un ange du Seigneur. "Tous ceux qui siégeaient au sanhédrin fixaient les regards sur lui et virent son visage comme celui d'un ange." (Actes 6:15).
Nous faisons remarquer que nous vivons un temps particulièrement agité, dans lequel il est pratiquement impossible de trouver du temps pour la prière. Plusieurs formules tranquillisantes ont été proposées pour remplacer ou pallier l'absence d'une vie de prière profonde. Certains leaders spirituels apprennent à leurs ouailles hyper occupés à ne pas s'arrêter dans leur course, mais d'inviter le Christ à les y rejoindre. Rien de plus tranquillisant pour un chrétien occupé que de formuler des courtes prières en marchant vers son lieu de travail ou au volant de sa voiture (alors sur le compte de qui faudra-t-il mettre les accidents de circulation!) Celui qui n'a jamais le temps de lire sa Bible trouvera des cassettes des différents livres de la Bible à bon prix et pourra les entendre dans sa voiture le long du trajet séparant sa maison du bureau. Comment voulons-nous écouter Dieu nous parler au volant de la voiture quand le code de la route interdit à ce qu'on parle au conducteur! Dieu ne se prêtera jamais à ce jeu qui risque de provoquer des accidents de circulation!
S'il n'est pas exclu que Dieu puisse entendre des prières formulées à la hâte ou pendant que nous sommes en pleine occupation journalière, nous ne pensons pas que la pratique régulière de celle-ci puisse honorer le Seigneur. Il peut arriver que nous soyons obligés de formuler des courtes prières de temps en temps, mais celles-ci ne doivent jamais remplacer les vrais moments de prière qui doivent diriger toute vie spirituelle qui se veut puissante.
Mais il faut aussi attirer l'attention sur le fait que la vie de prière en soi ne confère aucune puissance. La puissance spirituelle vient de notre communion avec le Seigneur. Et nous communion avec le Seigneur quant à travers la prière nous lui soumettons notre volonté et vivons selon sa volonté. Nous pouvons en effet passer des milliers d'heures dans la prière sans bénéfices spirituelles si notre vie n'est pas soumise à la volonté du Seigneur. La prière faite selon la volonté de Dieu est celle qui commence par la clarification du problème du péché personnel. Pour que Dieu nous exauce, nous devons nous purifier, mieux, nous laisser purifier par le Saint-Esprit. Celui qui prie dans des bonnes dispositions spirituelles entre réellement en communion avec Dieu et en ressort fortifié.



(2) La lecture de la Parole de Dieu

Il est vrai que la connaissance subjective de Dieu que nous donne la prière influence réellement notre vie spirituelle et notre témoignage. Mais pour être bénéfique, le champ subjectif de notre communion personnelle avec Dieu doit être balisé par la connaissance objective de Dieu que donne sa parole, la Bible.
Le chrétien qui veut être efficace et puissant doit soumettre sa vie à la discipline de la méditation de la parole de Dieu, de sa lecture et de son étude.

(a) La Méditation de la parole de Dieu

La méditation de la parole de Dieu ne doit pas être confondue aux différentes méditations que le monde offre aujourd'hui. La méditation de la parole de Dieu ne cherche pas à faire entrer le chrétien en contact avec Dieu par un effort mental intense visant à vider l'esprit et la pensée. Les religions orientales excellent en ce domaine. La pratique des méditations transcendantales gagne dangereusement du terrain dans le monde christianisé. La méditation de la parole de Dieu, au contraire, est une réflexion intelligente ouverte à l'Esprit de Dieu. Par la méditation, le Saint-Esprit amène le chrétien à trouver dans la parole écrite de Dieu, ses injonctions pour la vie quotidienne.
La méditation biblique ne doit pas être confondue à l'étude biblique ou à la simple lecture biblique. La méditation de la parole de Dieu doit être dirigée par la question suivante: Qu'est ce que Dieu veut me dire à travers ce texte, ce chapitre, ce verset, cette phrase etc.
L'application directe que le texte doit avoir dans notre vie ne signifie pas forcément la reproduction de la situation du texte. A partir du texte, Dieu nous parle par un prolongement qui touche un domaine précis de notre vie et provoque un changement positif.
Pour qu'elle soit profitable, la méditation de la parole de Dieu doit tenir compte des éléments suivants:
+ Le Calme

S'il est possible pour Dieu de nous parler dans n'importe quel contexte (dérangement, bruit etc.), il est au contraire tout indiqué de le chercher dans un endroit calme, de le chercher dans la tranquillité. Implicitement, la Bible nous encourage au calme respectueux quand nous nous approchons de Dieu. Matthieu 14:23 parle de Jésus qui se retire à l'écart, à seul pour prier:" Quand il l'eut renvoyée, il monta sur la montagne, pour prier à l'écart; et comme le soir était venu, il était là seul."
Soulignons en passant l'importance de l'isolement ponctuel dans la vie du chrétien. Nous sommes souvent agités parce que nous n'avons jamais le temps d'être seul avec nous-même et seul avec le Seigneur. Il ne s'agit forcément pas d'un isolement en vue de la prière. Si la prière n'est pas à exclure pendant que nous sommes seuls, nous devons surtout consacrer ce temps à rester tranquille, à ne pas s'occuper d'autres choses que de soi-même, de son être intime en présence du Seigneur. Il est parfois bien de rester des heures durant sans parler, mais à contempler le Seigneur à travers sa parole, et à travers sa création. Nous manquons de la dimension contemplative dans notre expérience chrétienne. Nos emplois de temps ne nous permettent plus la contemplation de l'œuvre grandiose de Dieu qu'est sa création. Il est bien de rechercher un calme contemplatif pendant ou en dehors de la prière et de la lecture de la parole de Dieu. La contemplation dont nous parlons ne doit jamais être confondue à la méditation transcendantale orientale. La contemplation ne consiste pas à sortir de nous même pour quelques explorations astrales! La contemplation spirituelle est le moment intense de communion ou nous laissons le Saint-Esprit réviser notre être. Nous lui accordons la liberté de sonder notre être et d'en extirper tout ce qui n'est pas conforme a la volonté divine. La contemplation au lieu d'être un vide mental comme l'enseigne le Yoga, est au contraire le moment de plénitude spirituel. Le Saint-Esprit remplissant tous les recoins de notre être réalise en nous les paroles du Christ trouvées dans Jean 7:37-38:"Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus se tenant debout, s'écria: si quelqu'un a soif, qu'il vienne a moi, et qu'il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Ecriture." (Jean 7:37-38).
Concernant la méditation de la parole de Dieu, nous avons la responsabilité de trouver le meilleur moment ou nous pouvons être hors de toute préoccupation personnelle qui peut nous distraire. Plusieurs conseillent le matin, avant le début de la journée comme meilleur moment pour rencontrer le Seigneur. Ils suivent ce qui est dit du Seigneur dans Marc 1:35: "Vers le matin, pendant qu'il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert où il pria". Si le Christ était sorti tôt le matin pour prier dans Marc 1:35 on ne nous dit pas que c'était là sa coutume ou son meilleur moment pour la prière. Ailleurs dans les évangiles nous lisons: "Quand il l'eut renvoyé, il s'en alla sur la montagne, pour prier. Le soir étant venu, la barque était au milieu de la mer, et Jésus était seul à terre." (Marc 46:4; Matthieu 14:23); "En ce temps là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu." (Luc 6:12).
Nous ne voulons pas enseigner contre la méditation (prière) matinale. Il est même à conseiller fortement dans notre siècle de vitesse, où nous n'avons même plus le temps de nous mettre à table pour manger normalement. Les modernes ne rentrent le soir chez eux que pour s'écrouler au lit et essayer d'enlever toutes les fatigues accumulées la journée. Pour plusieurs, la soirée serait le mauvais moment à consacrer pour la méditation de la parole de Dieu. Le matin ne peut qu'être le meilleur moment à proposer à ce type d'hommes. Mais nous ne pouvons pas bâtir une recommandation spirituelle sur un texte biblique isolé sans tenir compte des autres textes. La Bible ne nous fixe pas d'heure pendant laquelle toute la chrétienté doive être à genoux comme s'en est le cas pour les autres religions. Le choix du moment, le meilleur, est laissé à la responsabilité de chacun. Ce serait peut-être tôt le matin pour tous ceux qui fonctionnent toute la journée sans relâche. Mais cette règle ne peut-être conseillée aux boulangers, aux pharmaciens, aux infirmiers et médecins de garde, aux veilleurs de nuits etc. Chacun de nous doit trouver le meilleur moment de la journée ou de la nuit où il peut rencontrer son Seigneur sans distraction.
Soulignons ici le fait que si le temps choisi peut-être fixé à l'avance (par exemple entre 5h et 6h du matin), nous ne devons jamais tomber dans le légalisme en considérant ce temps comme sacré que l'on ne peut manquer. Si la régularité est souhaitable, la flexibilité doit régir toute notre vie spirituelle. Ce qui compte pour le Seigneur, ce n'est pas que nous l'approchions à un temps fixe, mais que nous l'approchions librement au moment où nous pouvons lui être disponibles. La seconde piste que nous ouvrons comporte aussi des risques que nous ne pouvons ignorer. L'expérience a démontré que les hommes aiment les règles fixes. Plusieurs ne prieront plus du tout s'ils ont la liberté de choisir le temps favorable à la rencontre de Dieu par rapport à leur emploi de temps. Retenons toutefois le fait que le choix d'une heure fixe présente le danger du légalisme, tandis que la liberté dans le choix du temps présente le danger du libertinage. La décision doit en définitive revenir à chacun de nous. Elle doit être prise en toute honnêteté et sérieux devant le Seigneur, en tenant compte de nos réalités familiales, professionnelles etc. La discipline est la meilleure attitude à adopter si l'on veut avoir une bonne vie de prière.
+ La réflexion intelligente de la parole ouverte au Saint-Esprit

Même si la parole de Dieu nous parle aujourd'hui, dans notre situation, nous ne devons jamais oublier qu'elle a été adressée à l'humanité tout entière à travers ses premiers destinataires. Nous devons chercher à comprendre, en la lisant, ce que Dieu voulait dire à ses premiers destinataires, avant de chercher à comprendre ce que Dieu veut nous dire aujourd'hui.
L'application, ici et maintenant, de la parole doit se faire avec sagesse, intelligence et lucidité pour éviter tout malentendu. Ces qualités exigées ne peuvent provenir que du travail du Saint-Esprit en nous et de notre propre bon sens.
Par exemple, en méditant sur Genèse 22 parlant du sacrifice d'Isaac, nous n'allons pas oser, par souci d'application exacte de la parole de Dieu, sacrifier, tuer, notre fils premier né. La question d'application spirituelle que nous devons nous poser est celle de savoir ce qui peut dans notre situation personnelle représenter un Isaac, que Dieu et non pas nous même, veut éprouver. C'est peut-être notre travail, notre vie de famille, notre ministère que Dieu veut éprouver. Aussi ce n'est pas parce que la parole de Dieu nous dit que nous sommes immunisés contre les morsures des serpents et contre les empoisonnements que nous allons après la méditation sur Marc 16:17-18 nous promener pieds nus dans des endroits que nous savons infestés de serpents, ou que nous mangerons des repas dans des endroits où nous savons que les gens en veulent à notre vie.
Dans notre vie personnelle, la parole de Dieu doit souvent adopter des formes d'applications nouvelles. En dehors des ordres exprès que donne la parole, dont l'application est universelle et directe, par exemple l'interdiction de l'adultère, du mensonge etc., l'application de la parole sollicite la perception spirituelle de chacun de nous. C'est nous qui devons savoir ce que Dieu demande de nous après la lecture de sa parole. Plus nous sommes ouverts à l'Esprit de Dieu, plus celui-ci nous indique les divers champs d'applications de la parole dans notre vie.
Le spiritualisme doit être évité dans la méditation de la parole de Dieu. Le danger d'extravagance et du non-sens nous guette sans cesse. Il y a aujourd'hui, plusieurs chrétiens qui vivent dans le désordre et dans l'anarchie à cause d'une mauvaise compréhension et application de la parole de Dieu.
Un autre point important à souligner est la relation qui existe entre la méditation de la parole de Dieu et la prière. Pour qu'elle soit profitable spirituellement, la méditation de la parole de Dieu doit déboucher sur un moment de prière profond. C'est pendant la prière que le Saint-Esprit réalise la synthèse entre la parole méditée et les différents domaines de notre vie. Le Saint-Esprit, calmement, à l'aide de la parole lue, éclaire les domaines de notre vie qui doivent être révisés. C'est souvent pendant ce temps que le Saint-Esprit remet dans notre esprit certains péchés enfouis, non confessés. C'est pendant ce temps, qu'il corrige certains de nos attitudes, comportements et préjugés. En définitive, la méditation réelle et profonde de la parole de Dieu produit un profond enracinement du Saint-Esprit dans la vie du croyant et l'aguerri pour affronter la vie quotidienne et les attaques du diable sous ses multiples formes. Ainsi, la méditation matinale est la meilleure parce qu'elle nous prépare à traverser "l'enfer" de la vie quotidienne moderne. Esaïe le prophète nous dit: "Ceux qui se confient en YHWH renouvellent leurs forces, ils prennent le vol comme les aigles, ils courent, et ne se lassent point, ils marchent, et ne se fatiguent point." (Es. 40:31)

(b) La lecture de la Bible

Dans Osée 4:6, Dieu s'indigne du fait que son peuple "est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance." Mais comment peut-on connaître Dieu? Nous avions indiqué précédemment que la prière nous donne une connaissance subjective de Dieu. Mais la connaissance objective de Dieu, la connaissance de sa volonté nous est donnée dans sa parole, la Bible.
Il faut donc lire la Bible, toute la Bible, pour connaître la volonté de Dieu. Lire la Bible ne signifie pas encore l'étudier ou la mémoriser ou encore la parcourir simplement. Lire la Bible, c'est se mettre au courant de tout ce qu'elle rapporte pour pouvoir s'en rappeler et en faire usage à temps opportun. Pour une lecture conséquente des Ecritures, il est souhaitable de suivre l'ordre dans lequel les livres bibliques nous sont présentés; c'est-à-dire il faut lire la Bible de la Genèse à l'Apocalypse. Ce n'est pas une lecture en flèche, par devoir et obligation qui est demandée. La lecture profitable ne peut être que la lecture vraie, posée, sérieuse, une lecture qui permet de garder la substance de la parole de Dieu. Celui qui a lu toute la Bible acquiert une connaissance générale utile pour sa stabilité spirituelle.
Pour être profitable, la lecture de la Bible doit être faite dans une version la plus accessible au lecteur. Pour les lecteurs traditionnels, la version française, Louis second demeure encore la référence. Pour les débutants dans la foi, la version courante est préférable à cause de son style direct et contemporain.
La Bible contient plus ou moins 1189 chapitres. La lecture quotidienne d'au moins 4 chapitres fera qu'au bout d'une année la Bible tout entière puisse être lue. La lecture suivie de la Bible est franchement émouvante et édifiante. Elle permet de suivre l'activité divine depuis les origines, le déploiement sans cesse renouvelé de sa grâce en faveur de sa créature rebelle. Les différentes histoires bibliques permettent de découvrir la nature de Dieu, sa volonté et son attente vis-à-vis de sa créature.
La lecture quotidienne de plusieurs chapitres produit le bénéfice spirituel de remplir l'esprit du lecteur de la connaissance de la parole. Celui qui connaît la parole se défend mieux fasse aux attaques de l'adversaire (voir la tentation de Jésus. Matthieu 4).
Un autre avantage de la lecture complète de la Bible est la capacité qu'elle donne de réfuter tous ceux qui font dire à la Bible ce qu'elle ne dit pas. Il arrive souvent de discuter avec des personnes mal intentionnées ou ignorantes de la parole, mais qui mettent au compte de celle-ci ce qu'elle ne dit pas. Celui qui a parcouru toute la parole sera en mesure de savoir si ce qui est dit est contenu effectivement dans la parole.

(c) L'étude de la parole de Dieu

L'étude de la parole de Dieu est la partie la plus difficile dans la vie du chrétien. Etudier la parole de Dieu ne signifie pas s'inscrire obligatoirement à un programme de théologie. L'étude personnelle de la parole de Dieu consiste en une analyse des Ecritures qui tient compte des aspects socio-culturels, historico-géographiques et religieux du milieu dans lequel la parole a vu le jour.
Les cours bibliques par correspondances, l'enseignement théologique décentralisé, les cours bibliques de vacances etc. peuvent constituer des bons moyens pour la formation personnelle. Toutefois, l'étude personnelle, à domicile est la meilleure formation. Rien ne peut remplacer l'effort personnel et raisonnable de l'étude de la parole. Mais il faut faire attention à sa propre rationalité. Il est souvent facile de lire ses propres pensées, ses désirs dans la parole; de faire dire à la Bible ce qu'elle ne dit pas. Pour être bénéfique, l'étude de la parole de Dieu doit être honnête et sincère. N'oublions jamais que nous pouvons toujours utiliser la Bible comme bon nous semble.
La Bible est un ouvrage d'hier, pour bien l'étudier, il faut connaître l'esprit des hommes de son temps. Il est donc indispensable que l'étude de la parole soit précédée de celle du cadre de vie dans lequel les événements bibliques s'étaient déroulés. L'histoire d'Israël, les introductions simples à la Bible et aux livres bibliques constituent des luminaires indispensables à une bonne compréhension des Ecritures. Les différentes introductions à l'histoire et à la théologie biblique peuvent être trouvées dans la plupart de librairies chrétiennes.
Jamais il ne faut approcher la Bible avec l'idée que l'on y découvrira quelques mystères cachés. Dieu a parlé pour se faire comprendre et il a parlé le plus clairement possible. Il faut donc s'approcher de la Bible premièrement à travers une lecture littérale. Nous ne parlons pas ici du littéralisme. La connaissance des différents genres littéraires de la Bible et de la dynamique de la pensée sémitique en générale permettra une approche conséquente des Ecritures. Chaque texte doit être interprété en tenant compte de son genre. Il est inutile de chercher un sens caché pour un texte rédigé en prose ou de chercher un sens littéral pour un texte écrit en style visionnaire (voir Daniel 7ss et le livre d'Apocalypse). Devant un texte historique l'interprétation doit partir du sens naturel. Souvent le sens naturel est le vrai. Les interprétations allégoristes et spiritualistes sont dangereuses et à éviter.
Nous devons aussi garder à l'esprit la réalité du fait que tous nous approchons du texte avec nos présuppositions et arrières plans religieux (dénominationnel, théologique) qui nous font perdre une grande partie de notre objectivité. L'étudiant sincère de la parole de Dieu doit savoir taire ses propres interprétations ou celles de son milieu ecclésiastique ou théologique pour écouter la parole dans son objectivité propre. Les enseignements reçus constituent souvent des vrais obstacles à la saine compréhension de la parole. Nous devons nous poser la question de savoir qui a raison quand il faut choisir entre nous et la parole, entre notre tendance théologique et la parole, entre notre tradition ecclésiastique et la parole. Mais ici il faut faire très attention. Bien de personnes ont pris des chemins de travers suite à une mauvaise compréhension de la parole de Dieu. Pour qu'une interprétation soit vraie et selon la volonté de Dieu, il faut qu'elle ne contredise, ni ne porte ombrage à un autre enseignement de la Bible.
En conclusion, le chrétien qui est complètement versé dans l'étude de la parole sera lui-même transformé et transformera son entourage. Toute sa mentalité sera désormais transformée par la parole étudiée, sa vision du monde sera celle de la Bible, celle de Dieu et son intelligence sera transformée. Un homme dont l'esprit est rempli par la parole échappe facilement aux impuretés et aux souillures de l'esprit qui foisonnent dans notre monde moderne (Romains 12:2; Philippiens 4:8).


c. Le témoignage pour Christ.

Maintenant qu'il est apparent que la sanctification subjective du croyant se fait à travers la prière et la méditation de la parole de Dieu, il faut attirer l'attention sur le fait que ce dernier (le croyant) ne doit pas devenir un marécage spirituel, qui reçoit tout de Dieu, mais ne partage avec personne. La sanctification objective du croyant par la nouvelle naissance et sa sanctification subjective par la prière et la lecture des Ecritures débouchent sur une vie de témoignage. Jacques affirme qu'il ne suffit pas d'écouter la parole de Dieu, mais il faut la mettre en pratique: "Mettez la parole en pratique, et ne vous bornez pas à l'écouter, en vous trompant vous-mêmes par des faux raisonnements." (Jacques 1:22-25)
Pour vivre une vie spirituelle efficace, le croyant doit témoigner de sa foi en Christ. Le témoignage du croyant est double: il est passif et actif. Le témoignage passif de la foi du croyant en Christ se réalise par une vie extérieure vécue dans la communion avec le Christ. La vie de sainteté et de justice menée par ceux qui appartiennent au Christ pousse les païens à se poser des questions sur l'origine de leurs bonnes actions. Les croyants sont encouragés à vivre de manière à ce que leurs actions parlent plus fortement que leurs paroles. L'apôtre Pierre écrit: "Bien-aimés, ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera." (1 Pierre 2:12; 3:16; Voir aussi Romains 12:17-21).
Le témoignage par les bonnes œuvres et le plus difficile parce que le monde observe attentivement la vie de ceux qui se réclament de Christ. Le monde cherche à vérifier si le croyants sont effectivement ce qu'ils affirment être. S'il est vrai que les chrétiens ne sont pas des êtres parfaits, leur connaissance de Christ, la nouvelle vie qu'il a implantée en eux, leur procure la force spirituelle nécessaire pour vivre victorieux devant le mal. Une des différences remarquables entre ceux qui appartiennent au Christ, et ceux qui ne lui appartiennent pas est l'excellence morale des croyants. Il est vrai que la moralité n'est propre aux croyants. La philosophie séculière encourage la moralité, mais elle l'encourage non par amour et dévouement à l'Etre suprême, mais par dévouement à l'idéal de la justice. Mais la foi chrétienne encourage la moralité non seulement à cause de l'idéal de la justice naturelle, mais surtout à cause de l'amour et du dévouement pour le Dieu sauveur en Christ. Les chrétiens excellent dans la moralité parce qu'ils aiment Dieu, et parce que le Dieu qu'ils adorent est lui-même justice et droiture. La moralité est donc une composante de la foi chrétienne, parce qu'elle relève de la nature de Dieu. A cause de la nouvelle vie en Christ, les chrétiens devraient êtres les personnes les plus morales de la terre.
Le Nouveau Testament enseigne que: "la grâce de Dieu, source du salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l'impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété." (Tite 2:11-22). Mais en pratique, les chrétiens vivent-ils loin de l'impiété et des convoitises mondaines? Non, l'expérience nous apprend que plusieurs chrétiens vivent dans le péché comme le reste de non croyants. La raison de ce manque de puissance spirituelle se trouve dans l'absence d'une vie de renoncement à soi.
La vie chrétienne puissante est caractérisée par le renoncement à soi. Le renoncement à l'impiété et aux convoitises mondaines sources de tous les maux qui affectent l'individu et la société. Celui qui renonce à lui-même s'engage à laisser la direction de toutes les dimensions de sa vie à l'autorité de Jésus-Christ. Laisser sa vie sous l'autorité de Jésus-Christ selon le Nouveau Testament signifie porter sa croix. "Jésus dit à ses disciples: Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. Quiconque en effet voudra sauver sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie à cause de moi la trouvera. Et que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme? Ou que donnera un homme en échange de son âme?" (Matthieu 16:24-26).
La vie de renoncement commence dans la vie du croyant quand ce dernier, désarmé par la profondeur de la grâce de Dieu, accepte de "perdre" sa vie, c'est-à-dire d'abandonner tout ce que le monde considère comme gain. L'apôtre Paul est passé par une telle expérience. Il affirme: "Mais ce qui était pour moi un gain, je l'ai considéré comme une perte à cause de l'excellence de la connaissance du Christ-Jésus, mon Seigneur. A cause de lui, j'ai accepté de tout perdre, et je considère tout comme des ordures, afin de gagner Christ." (Philippiens. 3:7-8).
Quand Jésus devient le "tout" du Croyant, alors ce dernier accepte de "tout" perdre. La connaissance de Christ devient l'excellence de la vie de ce dernier. Alors les pensées et les actions du croyant témoignent toutes de la présence profonde du Christ. Alors les actions du croyant commencent à parler plus fort que ses paroles, que ses prédications! Alors ceux qui le côtoient à domicile, à l'école, au lieu du travail remarquent en lui une douceur, une fraîcheur divine inconnue du reste de l'humanité. Ils remarquent en lui la présence et l'exercice de la charité qui est "patiente, elle est serviable, elle n'est pas envieuse, la charité ne se vante pas, elle ne s'enfle pas d'orgueil, elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche pas son intérêt, elle ne s'irrite pas, elle ne médite pas le mal, elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité; elle pardonne tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. La charité ne périt jamais." (1 Cor. 13:4-8). Quand la charité est ainsi vécue, alors le croyant accomplit sa première mission, celle d'être témoin passif de l'Evangile de Jésus-Christ.
Mais le témoignage passif de l'Evangile de Christ est incomplet s'il n'est pas suivi du témoignage actif. Il faut que ceux qui s'étonnent de la fraîcheur divine du croyant reçoivent le témoignage sur son origine. Il faut que le croyant transformé par la grâce profonde de Christ témoigne verbalement de la bonne nouvelle du salut de l'homme en Christ. L'apôtre Paul écrit: "Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler? Et comment entendront-ils parler de lui, sans prédicateurs? Et comment y aura-t-il ses prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés?" (Romains 10:14-15)
Pour que ceux qui s'étonnent de la charité manifestée dans la vie du croyant parviennent à la connaissance de Jésus-Christ, il faut que ce dernier leur annonce la parole de la réconciliation de l'humanité avec Dieu en Christ. L'apôtre Paul écrit: "Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, sans tenir compte aux hommes de leurs fautes, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu! Celui qui n'a pas connu le péché, il l'a fait (devenir) péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu." (2 Corinthiens 5:19-21).
Les croyants sont donc appelés à témoigner verbalement de leur foi en Christ. Mais ceci ne signifie pas que tous sont appelés au ministère pastoral à plein temps. Leur témoignage verbal pour Christ doit se faire en tout temps et en tout lieu, quand l'opportunité se présente. Nous n'encourageons certainement pas les croyants surexcités qui se transforment en perturbateurs publics et harassent les autres à travers une évangélisation irresponsable. Il ne faut pas certainement perturber la quiétude des gens en évangélisant dans des bus ou autres transports en commun, sans autorisation. L'évangélisation doit se faire d'une manière responsable, et non à tête tue. S'il n'est pas interdit de témoigner dans des places publiques, il faut toujours le faire avec bon sens et décence. Les amis de l'école, du bureau, ne doivent jamais devenir victimes de notre soif de témoigner de Jésus-Christ. Notre témoignage verbal doit se faire d'une manière responsable et digne, afin de priver ceux qui se lèvent contre le Christ de raison de se plaindre et de se fermer davantage.
En définitive, le témoignage pour Christ ne peut se faire efficacement que quand le croyant est rempli du Saint-Esprit. Aux disciples rassemblés autour de lui avant son enlèvement au ciel Jésus promet: "Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre." (Actes 1:8). Certains poseront peut-être la question du pourquoi et du comment de la plénitude dans le Saint-Esprit.


5. La plénitude dans l'Esprit.

a. Pourquoi être rempli du Saint-Esprit?

Poser la question du pourquoi de la plénitude dans l'Esprit c'est poser la question du rôle du Saint-Esprit dans la vie du croyant. La trinité nous enseigne qu'il y a trois personnes en Dieu; Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu le Saint-Esprit. La théologie nous apprend que Dieu le Père c'est Dieu "pour" nous. Le Père est le Dieu créateur, de qui toute chose procède. Dieu le Fils c'est Dieu avec "nous". Le Fils c'est le Dieu qui est venu nous rejoindre dans notre péché, le Dieu qui expérimente notre nature humaine pécheresse. Dieu le Saint-Esprit c'est Dieu "en" nous. Le Saint-Esprit c'est le Dieu qui habite en nous et manifeste l'action du Père et du Fils. Dans Jean chapitre 14, verset 23 le Christ dit: "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui."
Dans la nuit des temps, dans le passé immémorial, Dieu a créé le monde. Dans le passé lointain, Dieu a accompli le salut de l'humanité à travers le sacrifice de Jésus-Christ. Toutes ces œuvres créationnelles et salvatrices de Dieu nous sont rendues présentes par l'activité du Saint-Esprit qui habite le croyant ici et maintenant. Certains diront: "comment est-il possible que l'œuvre de salut réalisée par le Christ il y a de cela plus de deux mille ans puisse être rendue actuelle? La réponse à la question est simple. Le salut accompli une fois pour toutes par le sacrifice de Jésus dans le passé s'actualise aujourd'hui dans la vie du croyant à travers le ministère du Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est l'applicateur du salut. C'est lui qui entre dans le passé de Dieu, prend le salut accompli à Golgotha et le transporte jusqu'à notre aujourd'hui.
Comment, en effet, le Saint-Esprit applique-t-il le salut passé dans le aujourd'hui du croyant? Dans le Nouveau Testament le Saint-Esprit joue trois rôles essentiels dans l'actualisation du salut dans la vie du croyant. Dans Jean chapitre 16, versets 7-15 il est écrit que le Saint-Esprit nous convainc du péché, et nous révèle le Christ. La conviction du péché et la révélation du Christ sont les deux premiers rôles joués par le Saint-Esprit dans la vie du croyant.

(1) La conviction du péché

Dans Jean 16:5-11 nous lisons les paroles suivantes: "Maintenant, je m'en vais vers celui qui m'a envoyé, et nul de vous ne me demande: Où vas-tu? Mais parce que je vous ai parlé ainsi, la tristesse a rempli votre cœur. Cependant, je vous dis la vérité: il est avantageux pour vous que je parte, car si je ne pars pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement: de péché, parce qu'ils ne croient pas en moi; de justice parce que je vais vers le Père, et que vous ne me verrez plus; de jugement, parce que le prince de ce monde est jugé."
Pour rendre actuel le salut accompli par le Christ à Golgotha, le Saint-Esprit doit nous convaincre de notre péché. Il nous est impossible de prendre conscience de notre perdition originelle, de nos péchés actuels sans l'œuvre du Saint-Esprit dans notre cœur. Le Saint-Esprit œuvre dans nos cœurs, il illumine notre lecture de la parole de Dieu et notre écoute de la prédication de l'Evangile afin qu'elles éclairent les ténèbres de nos âmes. Ainsi, le Saint-Esprit nous amène à la repentance et à la conversion. Le Saint-Esprit besogne profondément dans notre conscience endurcie afin de la pousser à réaliser la gravité de sa condition de rébellion vis-à-vis de Dieu. Quand enfin notre conscience capitule devant l'influence de l'Esprit, alors nous naissons de nouveau, c'est-à-dire nous renonçons à nous-mêmes, confessons nos péchés passés et présents et acceptons la grâce du pardon divin en Christ.
Mais l'œuvre du Saint-Esprit ne se limite pas à la conversion. Le Saint-Esprit continue à convaincre le croyant du péché toute sa vie durant afin de le garder pur et dans la volonté de Dieu. Pour nous garder dans la communion spirituelle avec Dieu, le Saint-Esprit agit comme un avertisseur, un "aiguillonneur" de conscience. Jamais il ne laisse le croyant charnel continuer dans ses habitudes coupables. Toujours et de différentes manières, il cherche à le convaincre de ses faiblesses et le pousse à la repentance. Ainsi, sans le Saint-Esprit, la repentance qui amène au salut et la repentance qui amène à la sainteté sont impossibles.

(2) Le Saint-Esprit, révélateur du Christ

Dans Jean 16:12-15 le Seigneur dit à ses disciples: "J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les comprendre maintenant. Quand il sera venu, lui, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car ses paroles ne viendront pas de lui-même, mais il parlera de tout ce qu'il aura entendu et vous annoncera les choses à venir. Lui me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi et vous l'annoncera. Tout ce que le Père a, est à moi; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera."
Le rôle du Saint-Esprit dans notre vie ne se limite pas seulement à nous convaincre du péché, mais consiste aussi et surtout à nous révéler le Christ. Le Saint-Esprit nous révèle les profondeurs de Dieu. Il nous révèle l'œuvre expiatoire de Christ, et ses conséquences dans notre communion avec Dieu. La révélation des profondeurs de Dieu ne signifie pas forcément le don des visions extraordinaires. La révélation la plus profonde de Christ nous est donné quand le Saint-Esprit illumine les Ecritures pour nous. Notre croissance spirituelle est sérieusement handicapée quand le Saint-Esprit, au lieu de nous enseigner, consacre le plus clair de son temps à tenter vainement de nous convaincre des péchés que nous ne voulons pas abandonner. Le troisième rôle du Saint-Esprit dans la vie du croyant est de lui accorder les dons spirituels nécessaires pour l'affermissement de l'Eglise du Christ.

(3) Le Saint-Esprit donateur des dons spirituels

Aux éphésiens, l'apôtre Paul écrit: "Il y a un seul corps et un seul Esprit ... C'est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints. Cela en vue de l'œuvre du service et de l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ." (Ephésiens 4:1-16)
Le témoignage chrétien est un service spirituel, il ne peut se faire que par des moyens spirituels. Nous devons comprendre qu'il nous est impossible de témoigner de Christ par nos propres efforts. L'Esprit nous donne les dons spirituels nécessaires, non pour notre propre bénéfice, mais pour le bénéfice de l'Eglise. Ainsi, celui qui veut témoigner efficacement de Christ doit être rempli du Saint-Esprit, c'est-à-dire doit laisser au Saint-Esprit la liberté d'accomplir les trois rôles mentionnés précédemment: le convertir au Christ; lui enseigner les profondeurs de Dieu; et lui accorder les dons spirituels nécessaires pour le témoignage. Mais on posera la question du comment de la plénitude.


b. Comment être rempli du Saint-Esprit?


Aux éphésiens l'apôtre Paul écrit: " Ne vous enivrez pas de vin: c'est de la débauche. Mais soyez, au contraire, remplis de l'Esprit". (Ephésiens 5:18). On demandera alors: " Comment être remplis du Saint-Esprit?" L'enseignement sur la plénitude de l'Esprit est objet de controverse parmi les chrétiens (évangéliques). Le désaccord entre les enseignants de la doctrine chrétienne sur l'Esprit naît sur le "quand" et sur " les signes" qui attestent qu'une personne est effectivement remplie du Saint-Esprit.

(1) Le "Quand" de la plénitude dans l'Esprit

Se basant sur la narration de l'avènement de l'Esprit le jour de la Pentecôte, (Actes 2), certains enseignent que la plénitude dans l'Esprit, ou bien le baptême dans l'Esprit, est une seconde expérience spirituelle qui arrive au croyant quelque peu ou après sa conversion. Selon les tenants de cette position, la plénitude dans l'Esprit, le baptême dans l'Esprit, est une seconde expérience, une réalité spirituelle nouvelle qui arrive au croyant de l'extérieur. A la conversion, le croyant reçoit le Christ. La nouvelle naissance réconcilie le pécheur avec Dieu, mais la réconciliation avec Dieu est partielle. Elle (la réconciliation) ne devient complète qu'au moment du baptême dans l'Esprit; quand le Saint-Esprit, venant de l'extérieur du croyant, remplit son cœur et lui imprime une seconde bénédiction de Dieu.
La position se fonde sur Actes chapitres 2 et 10. Dans les deux chapitres cités précédemment, l'accent est mis sur l'extériorité de l'Esprit qui vient et entre dans la vie du croyant avec puissance. Dans Actes 2:2 nous lisons:" Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d'un souffle violent qui remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Ils firent tous remplis d'Esprit et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer." (Actes 2:2-4).
Deux éléments importants accompagnent la plénitude de l'Esprit le jour de la Pentecôte. Le texte dit que comme un violent, l'Esprit vint sur les disciples (Actes 2:2-4). La plénitude de l'Esprit dans la vie des disciples rassemblés dans la chambre haute le jour de la Pentecôte s'accompagne du don des langues. Les nouveaux baptisés parlent en d'autres langues " selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer." (Actes 2:4). Les mêmes éléments, l'extériorité de l'Esprit qui remplit les disciples et le don de langue qui atteste la plénitude de l'Esprit dans les croyants rassemblés, sont aussi visible dans le cas de Corneille et de ses amis. Actes 10 parle du cas de Corneille, un chef militaire romain, converti au judaïsme. Sa sincérité spirituelle est "récompensée" quand pendant la prédication de Pierre, le Saint-Esprit "descendit" sur lui et ses amis et ils furent remplit de l'Esprit et parlèrent en langues avant qu'ils ne reçoivent le signe extérieur de l'adhésion à la communauté du Christ, le baptême.
"Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Tous les croyants circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit soit aussi répandu sur les païens. Car ils les entendaient parler en langues et exalter Dieu". (Actes 10:44-46).
Actes 10 parle du Saint-Esprit qui descend sur l'auditoire et des incirconcis qui parlent en langues après être remplis du S.E. A partir des textes analysés, certains enseignent que la plénitude de l'Esprit est une seconde expérience distincte ou corollaire à la nouvelle naissance, et qu'elle s'accompagne toujours du don des langues. La notion de la plénitude de l'Esprit comme seconde expérience accompagnée du don des langues trouve aussi confirmation dans le chapitre 19 du livre des Actes. L'apôtre Paul s'étonne de rencontrer en Ephèse des croyants qui n'ont connu que le baptême de Jean, le baptême d'eau. "Pendant qu'Apollos était à Corinthe, Paul près avoir traversé les hauteurs du territoire, se rendit à Ephèse. Il rencontra quelques disciples et leur dit: Avez-vous reçu l'Esprit saint quand vous avez cru? Ils lui répondirent: Nous n'avons même pas entendu de Jean. Alors Paul dit: Jean a baptisé du baptême de repentance: il disait au peuple de croire en celui qui venait près lui, c'est à dire en Jésus. Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom de Jésus. Paul leur imposa les mains, et il Saint-Esprit vint sur eux: ils se mirent à parler en langues et à prophétiser." (Actes 19:1-6).
Dans Actes 19, le baptême dans l'Esprit intervient après que les interlocuteurs de Paul aient reconnu qu'ils n'ont reçu que le baptême de Jean et qu'ils n'ont pas entendu parler du Saint-Esprit. Paul leur explique la différence entre le baptême de Jean et le baptême de Jésus. Le baptême de Jean est le baptême de la repentance, le baptême de préparation pour l'arrivée du Christ. Le baptême de Jésus est le baptême de l'accomplissement, le baptême de la nouvelle naissance. Les disciples sont alors baptisés "au nom de Jésus," puis simultanément reçoivent le baptême dans l'Esprit. La même simultanéité est aussi visible à la conversion de Saul dans Actes 9. Il reçoit la conversion et la plénitude dans l'Esprit au même moment. Dans Actes 9:17-18 Luc écrit: "Ananias sortis; et lorsqu'il fut arrivé dans la maison, il imposa les mains à Saul, en disant: Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui t'est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m'a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Saint-Esprit. Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva, et fut baptisé."
La seconde position concernant le " quand" de la plénitude se fonde sur le caractère unique et profond de l'expérience de la nouvelle naissance. La position soutient qu'à la nouvelle naissance, le croyant reçoit une fois pour toutes les dons spirituels nécessaires pour sa vie spirituelle. Rien de nouveau, aucune seconde expérience ne vient confirmer ou compléter l'expérience de la nouvelle naissance. Alors, les termes plénitude, baptême dans l'Esprit ne représentent que les différentes expressions toutes relatives à l'expérience de base, à l'expérience de la conversion, de la nouvelle naissance en Jésus-Christ.
Les tenants de cette position réfutent l'enseignement selon lequel, la plénitude dans l'Esprit s'accompagne de la manifestation des langues. Le don des langues est certainement un don spirituel que l'Esprit donne à chacun, "comme il veut." (1 Corinthiens 12:11)
En faveur de cette position se trouvent les affirmations de Paul sur la diversité des dons spirituels. Dans 1 Corinthiens 12 l'apôtre enseigne " Il y a diversité de services, mais le même Seigneur; diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité (commune). En effet, à l'un est donné par l'Esprit une parole de sagesse; à un autre une parole de connaissance, selon le même Esprit ... à un autre, diverses sortes de langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut... Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? Tous parlent-ils en langues? Tous interprètent-ils?" (vv. 4-11, 29-30).
Les tenants de cette position affirment que le don des langues est un don spirituel qui n'est pas accordé à tous. Ainsi, il ne peut être question de l'utiliser comme signe du baptême dans l'Esprit qui est accordé à tous les croyants lors de la conversion.
A la lumière des positions analysées (celle qui considère la plénitude dans l'Esprit comme une seconde expérience qui arrive au croyant après la nouvelle naissance et s'accompagne du don des langues, et celle qui associe la plénitude à la conversion) on peu alors reposer la question du " quand " de la plénitude de l'Esprit. Quand est-on baptisé dans l'Esprit? Pendant ou après la conversion? Pour correctement résoudre la question du " quand " du baptême dans l'Esprit il faut analyser attentivement les textes utilisés par les tenants des deux positions exposées précédemment.
Il est vrai que dans Actes 2 et 10, la plénitude dans l'Esprit ( le baptême dans l'Esprit) intervient comme une seconde expérience dans la vie des disciples de Jésus qui déjà croyaient en lui, c'est-à-dire étaient nés de nouveau. Dans Actes 1:8, le Saint-Esprit est promis aux disciples par Jésus. Il est la puissance de Dieu qui les aidera à accomplir la tâche de l'évangélisation du monde. " Mais vous recevrez une puissance, celle du Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre." (Actes 1:8)
Il est clair, que l'