(2) La progression dans la sanctification
La sanctification est progressive. Ce n'est pas en un jour que Dieu réalise
le nettoyage de notre nature fortement érodée par le mal. Dieu n'est jamais
pressé ou impatient avec nous. Il est bon maître sachant quel rythme adopter,
pour chaque type de personne que chacun de nous représente, pour nous
amener à lui ressembler davantage. C'est par le Saint-Esprit qui besogne
dans nos cœurs, lentement mais sûrement que Dieu réalise l'œuvre de la
sanctification dans notre vie. Il n'y a pas de place pour la brutalité
ou des efforts personnels pour progresser dans le chemin de la sanctification.
La parabole suivante nous aidera à mieux comprendre comment Dieu nous
amène volontairement à vivre de plus en plus dans la sanctification.
On raconte qu'un jour, le soleil et le vent se défiaient mutuellement
cherchant à savoir lequel de deux avait plus de puissance. Passait un
homme ignorant leurs disputes qui allait son chemin vêtu d'un lourd manteau.
Ils gagèrent donc sur celui qui parviendrait par sa force à faire sauter
le lourd manteau que portait ce dernier. Sans le savoir, l'homme continuait
son chemin. Le vent, le premier, commença la démonstration de sa force
sur le pauvre homme innocent. L'homme remarqua qu'un vent brusque se leva
et souffla terriblement sur lui. Son manteau était presque en train de
s'envoler. Le vent commençait déjà à célébrer sa victoire. Mais par réaction
normale, tout ce que l'homme fit c'est de se recroqueviller sur lui-même
et de serrer son manteau sur lui-même. Le vent redoubla d'intensité, jusqu'à
emporter l'homme lui-même, mais en vain, celui-ci ne voulait pas se séparer
de son vêtement. Les tentatives forcées du vent échouèrent parce qu'elles
ressemblaient à une agression externe. Ce fut au tour du soleil de démontrer
sa force. Ce dernier opta pour la méthode douce. Au lieu d'envoyer à la
fois une vraie décharge lumineuse sur l'homme, ce qui pouvait le tuer
au lieu de le déshabiller, le soleil se contenta de faire darder doucement
mais constamment ses rayons sur l'homme en marche. Que remarqua-t-on de
la part de l'homme en marche? Rien d'anormal. Il allait son chemin allégrement,
surtout que le temps que le vent avait gâté s'était amélioré avec la levée
du soleil. Mais plus il marchait, plus il commença à suer, d'abord doucement,
puis de plus en plus. On remarqua qu'il sortit son mouchoir et s'essuya
le front, puis le remit en poche. Après une certaine distance, il ressortit
de nouveau son mouchoir, mais cette fois-ci s'épongea abondamment, non
seulement le front, mais le cou et les aisselles. Le soleil, lui, continua
doucement son action. Après plusieurs kilomètres, l'homme cette fois-ci
ne s'épongea pas seulement, mais il commença par ouvrir les boutons de
son manteau. Et quelques kilomètres plus tard, ne pouvant plus supporter
la chaleur qui lui faisait couler à flot la sueur, il finit par enlever
complètement le manteau à la victoire du soleil. Personne ne l'avait forcé,
mais lui-même avait jugé normal de ne plus continuer de porter quelque
chose qui ne lui procurait plus aucun bien. Le soleil a gagné le défi
en utilisant une méthode douce, patiente basée sur le propre consentement
de l'homme. La sainteté est un impératif biblique qui ne se réalise pas
a l'impératif mais à l'indicatif. L'homme ne peut parvenir au changement
spirituel par sa force ou par l'ordre d'une tierce personne. C'est seulement
le Saint-Esprit, par sa faculté de persuasion qui peut atteindre l'homme
dans son être profond, seul lieu de vrai changement. La démarche de la
sanctification est identique à celle de la conversion. Personne ne se
convertit de lui-même ou de force. C'est quand toutes les résistances
intérieures et extérieures de l'homme sont vaincues par l'action du Saint-Esprit
besognant dans son coeur que ce dernier s'ouvre à Christ. Il en est de
même de la sanctification subjective. C'est quand nous comprenons ce que
le Saint-Esprit nous montre sur notre propre faiblesse que nous faisons
un pas de plus dans le chemin de la sanctification. C'est à ce moment
là que nous commençons petit à petit à être d'accord que le Saint-Esprit
nous déshabille de notre vieil homme.
Il ne faut pas toutefois trop réduire l'adhésion de la volonté de l'homme
au processus de la sanctification. Le progrès dans la sanctification dépend
aussi en grande partie de la réponse de l'homme à l'œuvre du Saint-Esprit.
Trois scénarios sont possibles dans le chemin du progrès dans la sanctification:
- Il y a ceux qui ont progressé jusqu'à un certain point et se sont arrêtés
sans désir de continuer.
- Il y a ceux qui progressent en bonds intermittents. Ils passent un long
moment d'immobilité spirituelle avant de bondir de nouveau et de s'immobiliser
et ainsi de suite.
- Il y a ceux qui progressent régulièrement, mais très lentement au point
de rendre leur progression imperceptible.
La première catégorie, celle de ceux qui ont progressé jusqu'à un certain
point et ce sont arrêtés presque définitivement correspond dans la vie
spirituelle à tous ceux qui ne pensent à Dieu qu'au passé. Ils ont connu
des expériences spirituelles extraordinaires qui leur servent de base,
mais ne réalisent dans le présent aucun progrès. Ce sont souvent des chrétiens
réellement convertis, mais envahis par des habitudes coupables, par des
péchés tolérés. Ils ont mis en oubli la purification de leurs péchés comme
le dit l'apôtre Pierre (2 Pierre1:9). Ce sont souvent ce genre de chrétiens
qui sont les écueils de nos assemblées.
La seconde catégorie, celle de ceux qui progressent en mouvements saccadés,
correspond dans la vie spirituelle à ceux qui ne peuvent progresser que
quand il y a des événements spirituels extraordinaires qui se produisent
et les tirent de leur léthargie spirituelle. Ils repartent alors en catastrophe,
prenant brusquement conscience du temps perdu. Mais ils finissent toujours
par aller s'endormir quelque part attendant un nouvel événement.
La troisième catégorie, celle de ceux qui progressent lentement et difficilement,
correspond selon nous, à tous ceux qui vivent une vie spirituelle réelle,
basée sur l'écoute de Dieu. Ils vivent une vie spirituelle où ils sont
sans cesse conscients de leurs écarts et faiblesses, malgré cela, ils
coopèrent sincèrement avec le Saint-Esprit pour faciliter leur progression
spirituel. Cette progression se réalise sur un rythme de deux pas moins
un, sans cesse avancés et sans cesse réduits. D'aucun diront, comment
progresse-t-on pratiquement dans la foi?
Le processus est en soi simple, mais la pratique difficile. Comment progresse-t-on
dans la sanctification?
Rappelons que la sanctification quotidienne est l'œuvre du Saint-Esprit
dans la vie du croyant. C'est lui qui nous sanctifie et nous fait progresser,
toutefois avec notre accord. Le Saint-Esprit habite tout croyant. Il joue
plusieurs rôles dans sa vie. Il lui révèle Christ, lui enseigne les profondeurs
de Dieu et le convainc du péché. Cette troisième dimension de l'œuvre
du Saint-Esprit dans la vie du croyant est directement liée à la sanctification.
La sanctification subjective se réalise par le déshabillage de l'homme
ancien, de ses habitudes, comportements coupables. Tous, nous sommes incapables
de constater nos péchés et les reconnaître comme tels sans développer
un système d'auto-justification. Nous avons hérité d'Adam la faculté de
nous défendre, de nous justifier en accusant les autres pour notre faute.
Seul le Saint-Esprit parvient à nous aiguillonner réellement au point
de nous faire admettre nos torts. Mais pour y arriver, souvent notre résistance
l'oblige à utiliser des méthodes fortes; il nous aiguillonne, nous trouble,
nous enlève toute tranquillité et paix etc.
La plupart d'entre nous prenons du retard spirituellement sur ce point.
Il nous est souvent difficile de capituler, d'accepter que nous avions
failli et que c'est Dieu qui a raison. Nous résistons, nous tournoyons,
nous expliquons, nous nous défendons pour ne pas abandonner ce qui nous
plaît, mais déplaît à Dieu. Heureusement que le Saint-Esprit est patient
avec nous et use mille procédés pour nous guérir de notre cécité spirituelle.
Parfois, il doit en arriver à la punition pour convaincre les récalcitrants.
L'auteur de l'épître aux Hébreux écrit: "Et vous avez oublié l'exhortation
qui nous est adressée comme à des fils: mon fils, ne prends pas à la légère
la correction du Seigneur et ne te décourage pas lorsqu'il te reprend.
Car le Seigneur corrige celui qu'il aime et frappe de verge tout fils
qu'il agrée." (Hébreux 12:5-12)
Jacques aussi encourage les frères à accepter positivement les épreuves
comme moyen divin de perfectionnement: "Mes frères considérez comme
un sujet de joie complète les diverses épreuves que vous pouvez rencontrer,
sachant que la mise à l'épreuve de votre foi produit la patience. Mais
il faut que la patience produise une œuvre parfaite, afin que vous soyez
parfaits et accomplis, et qu'il ne vous manque rien." (Jacques 1:2-4)
Nous pouvons déduire de ce qui précède que notre entêtement freine l'action
du Saint-Esprit dans notre vie et notre flexibilité lui facilite la tâche.
Le mot clé du progrès dans la sanctification est l'écoute obéissante des
injonctions du Saint-esprit agissant dans notre vie, nous montrant ce
que nous devons corriger, rectifier, changer, abandonner etc. Pratiquement,
l'écoute du Saint-Esprit se fait de deux manières: par la conviction intérieure
quand il nous parle subjectivement ou souvent par l'écoute (la méditation)
de la parole de Dieu. Celui qui lit et médite régulièrement la parole
de Dieu entre dans une nouvelle relation avec le Seigneur qui lui permet
de le comprendre plus facilement.
Le progrès dans la sanctification a pour conséquence pratique directe
l'élimination dans la vie du croyant de tous les péchés grossiers qui
caractérisent les gens du monde. Si tous les péchés ne sont pas éliminés,
il y a au moins l'élimination directe et urgente de tous les péchés ayant
une résonance sociale dangereuse pour le témoignage personnel du croyant
et du Christ. Les péchés comme; l'impureté sexuelle, le mensonge (escroquerie),
les insanités etc. et autres attitudes sont franchement contradictoires
au message de Christ. Celui qui a volontairement accepté de vivre dans
la sainteté a opté volontairement de vivre constamment sous la lumière
de la volonté divine et de ne jamais s'en écarter. Il a donc choisi de
ne jamais demeurer dans le péché même s'il lui arrive d'y tomber. En pratique,
jamais il ne peut vivre avec un péché conscient. Il doit sans cesse confesser
tout ce que le Saint-Esprit lui montre comme péché et croire au pardon
divin. S'il lui arrive d'être incapable d'abandonner un mal dont il a
conscience, il ne s'épuise pas à chercher à s'en débarrasser par sa force.
Le contrat signé avec le Saint-Esprit stipule que ce dernier se charge
de la responsabilité de lui faire abandonner ce qu'il veut bien abandonner
sans le pouvoir. Voilà le type de chrétien saint, non pas chaque jour,
mais à chaque instant. C'est au travers d'un tel homme qui a livré complètement
sa volonté au Saint-Esprit que Dieu réalise des grandes choses.