b. La pratique de la sanctification
(1) La prière
Nous rencontrons le Christ par la foi en sa personne et en son œuvre expiatoire.
Sa parole écrite, sert de porte à cette rencontre. La parole de Dieu nous
donne la connaissance objective de Dieu. Tout ce qu'il est pour nous,
tout ce qu'il a fait pour nous et tout ce qu'il fera pour nous, nous le
découvrons dans sa parole écrite. La Bible nous permet de connaître Dieu
et d'entrer en relation avec lui en suivant ses injonctions. Mais il n'est
rien dans la vie spirituelle qui nous introduise dans l'intimité de Dieu
comme ne le fait la prière.
Plusieurs définitions ont été proposées pour tenter d'expliquer la réalité
de la prière. Pour certains, prier c'est dialoguer avec Dieu. J. Bunyan
définit la prière comme "l'épanchement sincère, conscient, plein
d'amour de notre cœur ou de notre âme à Dieu par Jésus-Christ" [J.
Bunyan, La Prière (Mulhouse CEDEX: BV, 1876) p. 13]. Pour O. Hollesby,
"prier, c'est simplement ouvrir la porte, et permettre à Jésus d'accéder
à nos besoins; c'est le laisser s'en occuper en exerçant sa puissance
comme il l'entend." [O. Hollesby, Prière (La Côte-aux-Fées: G.M.,
1983) p. 11]. Toutes les définitions précédentes sont bonnes. Nous ajoutons
toutefois l'aspect non négligeable de l'allé vers le Seigneur. Pour nous,
prier: "c'est aller chez Dieu, chercher à le rejoindre, à le rencontrer
en Jésus-Christ soit pour: parler avec lui, ou lui parler, soit pour l'écouter
nous parler, ou encore rester simplement devant lui et jouir de sa présence
et de sa plénitude."
L'auteur de l'épître aux Hébreux nous enseigne que Jésus-Christ nous a
ouvert le chemin du trône céleste et que désormais, nous pouvons y entrer
librement, à tout moment, avec confiance, car Dieu nous a fait grâce:
"Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus,
une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu'il
a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire, de sa chair,
approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les
cœurs purifiés d'une mauvaise conscience, et le corps lavé d'une eau pure."
(Hébreux 10:19-22).
Il ressort du présent texte que la prière nous place en face de Dieu lui-même!
Réalisons-nous ce que signifie être en face de Dieu? Ce qui est merveilleux
c'est que la prière nous place en face du Dieu qui nous aime, et veut
profondément notre bonheur. La prière devrait être l'activité spirituelle
de prédilection de tout chrétien, vu les avantages spirituels que nous
pouvons en tirer par le simple fait d'être en face de Dieu. Le diable
connaît la force que la prière donne au croyant, et le danger que cela
représente pour son royaume. Alors, il dirige la plus grande partie de
son énergie maléfique contre la vie de prière de chaque croyant. A tout
prix, il s'ingénie à empêcher les chrétiens de prier, ainsi ils resteront
continuellement faibles spirituellement et ne pourront constituer une
menace pour lui. Ne constatons-nous pas qu'il est très difficile de prier,
de bien prier et régulièrement? Que brusquement des pensées obscures se
forment dans notre imagination dès que nous nous agenouillons pour prier.
Le téléphone ne redouble-t-il pas d'intensité chaque fois que nous voulons
demeurer dans le calme devant le Seigneur? Parlerons-nous des visiteurs
de marques qui ne savent arriver que quand nous voulons entrer dans une
communion profonde avec le Christ?
La prière est le moment spirituel le plus intense dans la vie chrétienne.
La prière est le seul moyen spirituel que Dieu a mis à notre disposition
pour que nous puissions nous présenter à lui tel que nous sommes, sans
toutes les couvertures honorables que nous plaçons sur notre personnalité.
La prière nous met à nu devant le Seigneur et nous permet de lui dire
nos misères, nos erreurs cachées ou publiques, nos péchés les plus intimes.
En priant sincèrement, Dieu nous ouvre les yeux sur nos faiblesses et
fautes que notre nature pécheresse ne nous permet pas de voir. Dieu ne
nous rend pas conscient de nos fautes pour nous condamner, mais pour nous
justifier, si nous nous ouvrons à lui en reconnaissant nos torts. La prière
sincère de confession nous procure le pardon divin, qui nous guéris de
toutes les frustrations que provoque le mal dans notre vie. La prière
vraie, permet à la paix de Dieu d'envahir notre être et de chasser les
craintes cachées ou avouées, les peurs, les incertitudes, les angoisses
diverses qui remplissent notre existence. La prière sincère nous procure
la stabilité psychique et émotionnelle qui souvent nous fait défaut.
En réalité, celui qui prie, ne peut sortir de la face de Dieu sans que
ne se produise en lui un changement positif. La simple vision de Dieu
suffit pour transformer, pour apaiser même l'âme la plus troublée. De
Dieu émanent la vie, la paix, le calme, la sécurité, l'équilibre, et l'assurance
qui nous font défaut. Il semble que Satan a peur chaque fois que, même
le chrétien le plus charnel s'agenouille pour prier, parce que la prière
apporte au croyant une intimité avec Dieu que le diable ne peut expérimenter.
Corrigeons ici l'enseignement qui limite la prière au simple fait de parler
à Dieu, de faire des requêtes, d'intercéder ou de louer. La prière ne
peut jamais être ramenée à une longue liste de requêtes ou d'intercessions
adressées à Dieu. Prier ne signifie pas forcément faire usage de la parole.
Prier ce n'est pas seulement parler à ou avec Dieu. Prier, c'est être
avec Dieu. Etre avec lui, pour lui parler, ou pour parler avec lui, ou
encore pour l'écouter nous parler, ou au contraire pour rester simplement
en sa présence enrichissante. L'apôtre Paul nous encourage à prier par
l'Esprit, c'est-à-dire, d'entrer en contact intime avec Dieu, pas nécessairement
par nos paroles, mais surtout par notre être. Celui qui prie même s'il
parle, ne doit pas se limiter au fait de parler. Il doit entrer lui-même,
de tout son être dans la présence de Dieu. Celui qui entre entièrement
dans la face de Dieu, le "voit" et le "sent" lui parler
dans sa pensée, dans son corps et dans son être. Les pensées impures qui
remplissent notre imagination, les mauvais désirs qui font la guerre à
l'âme tombent d'eux-mêmes, non parce que nous l'avions demandé à Dieu,
mais parce que Dieu a traversé notre corps, notre âme et notre esprit.
Certains ont changé leur façon de penser, de voir les choses; ils ont
changé leur façon de marcher, de s'habiller, leur entourage, n'ont parce
qu'ils ont pris des décisions spectaculaires, mais seulement parce que
Dieu a visité leur corps. Celui qui s'approche véritablement de la face
de Dieu ne peut en ressortir sans qu'il ne soit transformé. En pratique,
comment prie-t-on avec son être?
Prier dans son être n'est pas à confondre avec les pratiques découlant
du yoga; pratiques qui forcent l'individu à faire le vide dans son esprit
pour communier avec l'univers. Dieu ne nous demande pas de faire le vide
en nous-mêmes pour lui permettre de nous pénétrer. Il veut au contraire,
que nous venions à lui tel que nous sommes et de préférence remplie des
problèmes que lui doit résoudre. C'est donc rempli qu'il nous veut venant
à lui, et non vides.
La prière efficace commence par une attitude de tranquillité et de calme
extérieur et intérieur nous permettant de nous concentrer sur ce que nous
voulons faire. Il faut faire silence en soi-même et aussi autour de soi.
Le silence et la tranquillité sont des bonnes introductions à la prière.
Toutefois il faut se méfier du diable qui ne s'empêche pas de perturber
ce temps de calme en faisant vagabonder nos idées sur tout et rien. Il
faut demeurer vigilant et attaché à ce que l'on veut commencer. Il peut
arriver pendant que nous gardons le silence, que Dieu dirige notre esprit
sur un aspect de notre propre vie, ou de la vie des autres pour lequel
nous devons prier. Si Dieu ne commence pas à nous parler pendant ce bref
moment de silence, nous pourrons alors commencer à lui parler. Il est
préférable de prier à mi-voix, en murmurant afin d'éviter toute tentative
de divagation dans les pensées ou les paroles. La prière doit alors se
poursuivre calmement, raisonnablement et honnêtement. Pourquoi être pressé
ou parler rapidement? A moins que cela ne soit une situation propre à
notre nature, sinon le calme est la meilleure façon de parler avec un
supérieur.
Il n'existe pas de schémas stéréotypés à suivre pour bien formuler sa
prière. Certains conseillent à ce que la prière débute par la louange,
puis les remerciements, requêtes, intercessions etc. Si ces schémas n'ont
rien de mauvais, nous devons toujours garder à l'esprit que tout ce qui
est stéréotypé s'émousse facilement. Nous devons rester flexibles et libres
dans notre approche de Dieu afin que rien ne nous empêche ou ne nous gène
pour que nous disions à Dieu nos préoccupations telles qu'elles brûlent
en nous. Alors, craintes, inquiétudes, incertitudes, incrédulités etc.
lui seront déposées avec liberté, clarté et lucidité. Il ne faut surtout
pas se gêner de vider tout son cœur à Dieu pour être soulagé. Il a dit
lui-même: "et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même
prend soin de vous". (1 Pierre 5:7; Philippiens 4:6-7).
Après lui avoir tout dit, il faut encore que nous passions un temps de
silence devant lui avant de dire l'amen final. Peut-être que le Seigneur
a une parole finale à nous dire, une promesse à nous faire, un encouragement
à nous montrer dans la parole etc. Toute la prière doit être fondée sur
Hébreux 11:6: "Or sans la foi il est impossible de lui être agréable;
car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe, et
qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent."
La foi en un Dieu puissant, omniscient et amour doit guider notre prière.
Nous devons garder à l'esprit que Dieu est souverain et que la prière,
pour nous être profitable, doit toujours rechercher l'accomplissement
de sa volonté. Chercher l'accomplissement de la volonté de Dieu ne signifie
pas que nous sommes désormais sans volonté propre. Jésus ne fait pas de
nous des personnes sans volonté. Ce qu'il nous demande c'est de soumettre
notre volonté à celle de son père. Comme lui-même à Gethsémané, nous devons
faire connaître notre volonté à Dieu, mais désirant en définitive que
la sienne s'accomplisse, même si celle-ci est contraire à la nôtre. Celui
qui parvient à se soumettre de la sorte commence à posséder la maturité
spirituelle.
L'approche de Dieu doit se faire dans le strict respect et soumission
à sa personne sachant que c'est lui qui a le dernier mot sur tout ce qui
concerne notre vie. L'attention doit être attirée pour tous ceux qui s'approchent
de Dieu à la légère comme s'il était leur camarade. L'intimité et la liberté
que nous avons en Christ pour nous approcher de Dieu ne doivent jamais
être confondu au manque de respect ou à la légèreté. La foi qui nous est
exigée dans la prière ne doit jamais être comprise comme un moyen de pression
sur Dieu. Gardons à l'esprit que notre foi n'oblige pas Dieu à faire ce
que nous lui demandons. Avoir foi en Dieu signifie compter sur sa sagesse.
Lui, sait ce qui est bien pour nous, même si apparemment son refus nous
fait du mal. Celui qui s'approche de Dieu doit croire de tout cœur qu'il
recevra ce qu'il demande. Le non-exaucement immédiat signifie que la demande
n'a pas été bonne ou que la réponse est différée.
Rappelons-nous que la prière pour qu'elle soit vraie, doit être directe,
intime et non calquée sur des besoins artificiels que nous enseignent
notre religiosité ou la spiritualité populaire. Ne prions vraiment que
pour apporter à Dieu des vrais problèmes, des problèmes qui sont problèmes
pour nous et pour le reste de l'humanité.
Toute personne qui rencontre Dieu véritablement dans une communion spirituelle
sans cesse renouvelée, respire une paix, un calme anormal pour les gens
du monde. Il émane de lui une fraîcheur divine, parce qu'il a été longtemps
aux côtés de Dieu lui-même. Le livre d'Exode nous parle de Moïse qui gardait
un tel éclat de ses rencontres avec le Seigneur sur la montagne de Sinaï,
qu'il était obligé de porter un voile pour ne pas déranger la vision de
ses compatriotes: "Moïse descendit de la montagne de Sinaï ayant
les deux tables du témoignage dans sa main, en descendant de la montagne;
et il ne savait pas que la peau de son visage rayonnait, parce qu'il avait
parlé avec YHWH." (Exode 34:29s).
Dans le Nouveau Testament, les assassins d'Etienne ont vu sa figure prendre
l'aspect de celle d'un ange du Seigneur. "Tous ceux qui siégeaient
au sanhédrin fixaient les regards sur lui et virent son visage comme celui
d'un ange." (Actes 6:15).
Nous faisons remarquer que nous vivons un temps particulièrement agité,
dans lequel il est pratiquement impossible de trouver du temps pour la
prière. Plusieurs formules tranquillisantes ont été proposées pour remplacer
ou pallier l'absence d'une vie de prière profonde. Certains leaders spirituels
apprennent à leurs ouailles hyper occupés à ne pas s'arrêter dans leur
course, mais d'inviter le Christ à les y rejoindre. Rien de plus tranquillisant
pour un chrétien occupé que de formuler des courtes prières en marchant
vers son lieu de travail ou au volant de sa voiture (alors sur le compte
de qui faudra-t-il mettre les accidents de circulation!) Celui qui n'a
jamais le temps de lire sa Bible trouvera des cassettes des différents
livres de la Bible à bon prix et pourra les entendre dans sa voiture le
long du trajet séparant sa maison du bureau. Comment voulons-nous écouter
Dieu nous parler au volant de la voiture quand le code de la route interdit
à ce qu'on parle au conducteur! Dieu ne se prêtera jamais à ce jeu qui
risque de provoquer des accidents de circulation!
S'il n'est pas exclu que Dieu puisse entendre des prières formulées à
la hâte ou pendant que nous sommes en pleine occupation journalière, nous
ne pensons pas que la pratique régulière de celle-ci puisse honorer le
Seigneur. Il peut arriver que nous soyons obligés de formuler des courtes
prières de temps en temps, mais celles-ci ne doivent jamais remplacer
les vrais moments de prière qui doivent diriger toute vie spirituelle
qui se veut puissante.
Mais il faut aussi attirer l'attention sur le fait que la vie de prière
en soi ne confère aucune puissance. La puissance spirituelle vient de
notre communion avec le Seigneur. Et nous communion avec le Seigneur quant
à travers la prière nous lui soumettons notre volonté et vivons selon
sa volonté. Nous pouvons en effet passer des milliers d'heures dans la
prière sans bénéfices spirituelles si notre vie n'est pas soumise à la
volonté du Seigneur. La prière faite selon la volonté de Dieu est celle
qui commence par la clarification du problème du péché personnel. Pour
que Dieu nous exauce, nous devons nous purifier, mieux, nous laisser purifier
par le Saint-Esprit. Celui qui prie dans des bonnes dispositions spirituelles
entre réellement en communion avec Dieu et en ressort fortifié.
(2) La lecture de la Parole de Dieu
Il est vrai que la connaissance subjective de Dieu que nous donne la prière
influence réellement notre vie spirituelle et notre témoignage. Mais pour
être bénéfique, le champ subjectif de notre communion personnelle avec
Dieu doit être balisé par la connaissance objective de Dieu que donne
sa parole, la Bible.
Le chrétien qui veut être efficace et puissant doit soumettre sa vie à
la discipline de la méditation de la parole de Dieu, de sa lecture et
de son étude.
(a) La Méditation de la parole de Dieu
La méditation de la parole de Dieu ne doit pas être confondue aux différentes
méditations que le monde offre aujourd'hui. La méditation de la parole
de Dieu ne cherche pas à faire entrer le chrétien en contact avec Dieu
par un effort mental intense visant à vider l'esprit et la pensée. Les
religions orientales excellent en ce domaine. La pratique des méditations
transcendantales gagne dangereusement du terrain dans le monde christianisé.
La méditation de la parole de Dieu, au contraire, est une réflexion intelligente
ouverte à l'Esprit de Dieu. Par la méditation, le Saint-Esprit amène le
chrétien à trouver dans la parole écrite de Dieu, ses injonctions pour
la vie quotidienne.
La méditation biblique ne doit pas être confondue à l'étude biblique ou
à la simple lecture biblique. La méditation de la parole de Dieu doit
être dirigée par la question suivante: Qu'est ce que Dieu veut me dire
à travers ce texte, ce chapitre, ce verset, cette phrase etc.
L'application directe que le texte doit avoir dans notre vie ne signifie
pas forcément la reproduction de la situation du texte. A partir du texte,
Dieu nous parle par un prolongement qui touche un domaine précis de notre
vie et provoque un changement positif.
Pour qu'elle soit profitable, la méditation de la parole de Dieu doit
tenir compte des éléments suivants:
+ Le Calme
S'il est possible pour Dieu de nous parler dans n'importe quel contexte
(dérangement, bruit etc.), il est au contraire tout indiqué de le chercher
dans un endroit calme, de le chercher dans la tranquillité. Implicitement,
la Bible nous encourage au calme respectueux quand nous nous approchons
de Dieu. Matthieu 14:23 parle de Jésus qui se retire à l'écart, à seul
pour prier:" Quand il l'eut renvoyée, il monta sur la montagne, pour
prier à l'écart; et comme le soir était venu, il était là seul."
Soulignons en passant l'importance de l'isolement ponctuel dans la vie
du chrétien. Nous sommes souvent agités parce que nous n'avons jamais
le temps d'être seul avec nous-même et seul avec le Seigneur. Il ne s'agit
forcément pas d'un isolement en vue de la prière. Si la prière n'est pas
à exclure pendant que nous sommes seuls, nous devons surtout consacrer
ce temps à rester tranquille, à ne pas s'occuper d'autres choses que de
soi-même, de son être intime en présence du Seigneur. Il est parfois bien
de rester des heures durant sans parler, mais à contempler le Seigneur
à travers sa parole, et à travers sa création. Nous manquons de la dimension
contemplative dans notre expérience chrétienne. Nos emplois de temps ne
nous permettent plus la contemplation de l'œuvre grandiose de Dieu qu'est
sa création. Il est bien de rechercher un calme contemplatif pendant ou
en dehors de la prière et de la lecture de la parole de Dieu. La contemplation
dont nous parlons ne doit jamais être confondue à la méditation transcendantale
orientale. La contemplation ne consiste pas à sortir de nous même pour
quelques explorations astrales! La contemplation spirituelle est le moment
intense de communion ou nous laissons le Saint-Esprit réviser notre être.
Nous lui accordons la liberté de sonder notre être et d'en extirper tout
ce qui n'est pas conforme a la volonté divine. La contemplation au lieu
d'être un vide mental comme l'enseigne le Yoga, est au contraire le moment
de plénitude spirituel. Le Saint-Esprit remplissant tous les recoins de
notre être réalise en nous les paroles du Christ trouvées dans Jean 7:37-38:"Le
dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus se tenant debout, s'écria:
si quelqu'un a soif, qu'il vienne a moi, et qu'il boive. Celui qui croit
en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Ecriture."
(Jean 7:37-38).
Concernant la méditation de la parole de Dieu, nous avons la responsabilité
de trouver le meilleur moment ou nous pouvons être hors de toute préoccupation
personnelle qui peut nous distraire. Plusieurs conseillent le matin, avant
le début de la journée comme meilleur moment pour rencontrer le Seigneur.
Ils suivent ce qui est dit du Seigneur dans Marc 1:35: "Vers le matin,
pendant qu'il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller
dans un lieu désert où il pria". Si le Christ était sorti tôt le
matin pour prier dans Marc 1:35 on ne nous dit pas que c'était là sa coutume
ou son meilleur moment pour la prière. Ailleurs dans les évangiles nous
lisons: "Quand il l'eut renvoyé, il s'en alla sur la montagne, pour
prier. Le soir étant venu, la barque était au milieu de la mer, et Jésus
était seul à terre." (Marc 46:4; Matthieu 14:23); "En ce temps
là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit
à prier Dieu." (Luc 6:12).
Nous ne voulons pas enseigner contre la méditation (prière) matinale.
Il est même à conseiller fortement dans notre siècle de vitesse, où nous
n'avons même plus le temps de nous mettre à table pour manger normalement.
Les modernes ne rentrent le soir chez eux que pour s'écrouler au lit et
essayer d'enlever toutes les fatigues accumulées la journée. Pour plusieurs,
la soirée serait le mauvais moment à consacrer pour la méditation de la
parole de Dieu. Le matin ne peut qu'être le meilleur moment à proposer
à ce type d'hommes. Mais nous ne pouvons pas bâtir une recommandation
spirituelle sur un texte biblique isolé sans tenir compte des autres textes.
La Bible ne nous fixe pas d'heure pendant laquelle toute la chrétienté
doive être à genoux comme s'en est le cas pour les autres religions. Le
choix du moment, le meilleur, est laissé à la responsabilité de chacun.
Ce serait peut-être tôt le matin pour tous ceux qui fonctionnent toute
la journée sans relâche. Mais cette règle ne peut-être conseillée aux
boulangers, aux pharmaciens, aux infirmiers et médecins de garde, aux
veilleurs de nuits etc. Chacun de nous doit trouver le meilleur moment
de la journée ou de la nuit où il peut rencontrer son Seigneur sans distraction.
Soulignons ici le fait que si le temps choisi peut-être fixé à l'avance
(par exemple entre 5h et 6h du matin), nous ne devons jamais tomber dans
le légalisme en considérant ce temps comme sacré que l'on ne peut manquer.
Si la régularité est souhaitable, la flexibilité doit régir toute notre
vie spirituelle. Ce qui compte pour le Seigneur, ce n'est pas que nous
l'approchions à un temps fixe, mais que nous l'approchions librement au
moment où nous pouvons lui être disponibles. La seconde piste que nous
ouvrons comporte aussi des risques que nous ne pouvons ignorer. L'expérience
a démontré que les hommes aiment les règles fixes. Plusieurs ne prieront
plus du tout s'ils ont la liberté de choisir le temps favorable à la rencontre
de Dieu par rapport à leur emploi de temps. Retenons toutefois le fait
que le choix d'une heure fixe présente le danger du légalisme, tandis
que la liberté dans le choix du temps présente le danger du libertinage.
La décision doit en définitive revenir à chacun de nous. Elle doit être
prise en toute honnêteté et sérieux devant le Seigneur, en tenant compte
de nos réalités familiales, professionnelles etc. La discipline est la
meilleure attitude à adopter si l'on veut avoir une bonne vie de prière.
+ La réflexion intelligente de la parole ouverte au Saint-Esprit
Même si la parole de Dieu nous parle aujourd'hui, dans notre situation,
nous ne devons jamais oublier qu'elle a été adressée à l'humanité tout
entière à travers ses premiers destinataires. Nous devons chercher à comprendre,
en la lisant, ce que Dieu voulait dire à ses premiers destinataires, avant
de chercher à comprendre ce que Dieu veut nous dire aujourd'hui.
L'application, ici et maintenant, de la parole doit se faire avec sagesse,
intelligence et lucidité pour éviter tout malentendu. Ces qualités exigées
ne peuvent provenir que du travail du Saint-Esprit en nous et de notre
propre bon sens.
Par exemple, en méditant sur Genèse 22 parlant du sacrifice d'Isaac, nous
n'allons pas oser, par souci d'application exacte de la parole de Dieu,
sacrifier, tuer, notre fils premier né. La question d'application spirituelle
que nous devons nous poser est celle de savoir ce qui peut dans notre
situation personnelle représenter un Isaac, que Dieu et non pas nous même,
veut éprouver. C'est peut-être notre travail, notre vie de famille, notre
ministère que Dieu veut éprouver. Aussi ce n'est pas parce que la parole
de Dieu nous dit que nous sommes immunisés contre les morsures des serpents
et contre les empoisonnements que nous allons après la méditation sur
Marc 16:17-18 nous promener pieds nus dans des endroits que nous savons
infestés de serpents, ou que nous mangerons des repas dans des endroits
où nous savons que les gens en veulent à notre vie.
Dans notre vie personnelle, la parole de Dieu doit souvent adopter des
formes d'applications nouvelles. En dehors des ordres exprès que donne
la parole, dont l'application est universelle et directe, par exemple
l'interdiction de l'adultère, du mensonge etc., l'application de la parole
sollicite la perception spirituelle de chacun de nous. C'est nous qui
devons savoir ce que Dieu demande de nous après la lecture de sa parole.
Plus nous sommes ouverts à l'Esprit de Dieu, plus celui-ci nous indique
les divers champs d'applications de la parole dans notre vie.
Le spiritualisme doit être évité dans la méditation de la parole de Dieu.
Le danger d'extravagance et du non-sens nous guette sans cesse. Il y a
aujourd'hui, plusieurs chrétiens qui vivent dans le désordre et dans l'anarchie
à cause d'une mauvaise compréhension et application de la parole de Dieu.
Un autre point important à souligner est la relation qui existe entre
la méditation de la parole de Dieu et la prière. Pour qu'elle soit profitable
spirituellement, la méditation de la parole de Dieu doit déboucher sur
un moment de prière profond. C'est pendant la prière que le Saint-Esprit
réalise la synthèse entre la parole méditée et les différents domaines
de notre vie. Le Saint-Esprit, calmement, à l'aide de la parole lue, éclaire
les domaines de notre vie qui doivent être révisés. C'est souvent pendant
ce temps que le Saint-Esprit remet dans notre esprit certains péchés enfouis,
non confessés. C'est pendant ce temps, qu'il corrige certains de nos attitudes,
comportements et préjugés. En définitive, la méditation réelle et profonde
de la parole de Dieu produit un profond enracinement du Saint-Esprit dans
la vie du croyant et l'aguerri pour affronter la vie quotidienne et les
attaques du diable sous ses multiples formes. Ainsi, la méditation matinale
est la meilleure parce qu'elle nous prépare à traverser "l'enfer"
de la vie quotidienne moderne. Esaïe le prophète nous dit: "Ceux
qui se confient en YHWH renouvellent leurs forces, ils prennent le vol
comme les aigles, ils courent, et ne se lassent point, ils marchent, et
ne se fatiguent point." (Es. 40:31)
(b) La lecture de la Bible
Dans Osée 4:6, Dieu s'indigne du fait que son peuple "est détruit,
parce qu'il lui manque la connaissance." Mais comment peut-on connaître
Dieu? Nous avions indiqué précédemment que la prière nous donne une connaissance
subjective de Dieu. Mais la connaissance objective de Dieu, la connaissance
de sa volonté nous est donnée dans sa parole, la Bible.
Il faut donc lire la Bible, toute la Bible, pour connaître la volonté
de Dieu. Lire la Bible ne signifie pas encore l'étudier ou la mémoriser
ou encore la parcourir simplement. Lire la Bible, c'est se mettre au courant
de tout ce qu'elle rapporte pour pouvoir s'en rappeler et en faire usage
à temps opportun. Pour une lecture conséquente des Ecritures, il est souhaitable
de suivre l'ordre dans lequel les livres bibliques nous sont présentés;
c'est-à-dire il faut lire la Bible de la Genèse à l'Apocalypse. Ce n'est
pas une lecture en flèche, par devoir et obligation qui est demandée.
La lecture profitable ne peut être que la lecture vraie, posée, sérieuse,
une lecture qui permet de garder la substance de la parole de Dieu. Celui
qui a lu toute la Bible acquiert une connaissance générale utile pour
sa stabilité spirituelle.
Pour être profitable, la lecture de la Bible doit être faite dans une
version la plus accessible au lecteur. Pour les lecteurs traditionnels,
la version française, Louis second demeure encore la référence. Pour les
débutants dans la foi, la version courante est préférable à cause de son
style direct et contemporain.
La Bible contient plus ou moins 1189 chapitres. La lecture quotidienne
d'au moins 4 chapitres fera qu'au bout d'une année la Bible tout entière
puisse être lue. La lecture suivie de la Bible est franchement émouvante
et édifiante. Elle permet de suivre l'activité divine depuis les origines,
le déploiement sans cesse renouvelé de sa grâce en faveur de sa créature
rebelle. Les différentes histoires bibliques permettent de découvrir la
nature de Dieu, sa volonté et son attente vis-à-vis de sa créature.
La lecture quotidienne de plusieurs chapitres produit le bénéfice spirituel
de remplir l'esprit du lecteur de la connaissance de la parole. Celui
qui connaît la parole se défend mieux fasse aux attaques de l'adversaire
(voir la tentation de Jésus. Matthieu 4).
Un autre avantage de la lecture complète de la Bible est la capacité qu'elle
donne de réfuter tous ceux qui font dire à la Bible ce qu'elle ne dit
pas. Il arrive souvent de discuter avec des personnes mal intentionnées
ou ignorantes de la parole, mais qui mettent au compte de celle-ci ce
qu'elle ne dit pas. Celui qui a parcouru toute la parole sera en mesure
de savoir si ce qui est dit est contenu effectivement dans la parole.
(c) L'étude de la parole de Dieu
L'étude de la parole de Dieu est la partie la plus difficile dans la vie
du chrétien. Etudier la parole de Dieu ne signifie pas s'inscrire obligatoirement
à un programme de théologie. L'étude personnelle de la parole de Dieu
consiste en une analyse des Ecritures qui tient compte des aspects socio-culturels,
historico-géographiques et religieux du milieu dans lequel la parole a
vu le jour.
Les cours bibliques par correspondances, l'enseignement théologique décentralisé,
les cours bibliques de vacances etc. peuvent constituer des bons moyens
pour la formation personnelle. Toutefois, l'étude personnelle, à domicile
est la meilleure formation. Rien ne peut remplacer l'effort personnel
et raisonnable de l'étude de la parole. Mais il faut faire attention à
sa propre rationalité. Il est souvent facile de lire ses propres pensées,
ses désirs dans la parole; de faire dire à la Bible ce qu'elle ne dit
pas. Pour être bénéfique, l'étude de la parole de Dieu doit être honnête
et sincère. N'oublions jamais que nous pouvons toujours utiliser la Bible
comme bon nous semble.
La Bible est un ouvrage d'hier, pour bien l'étudier, il faut connaître
l'esprit des hommes de son temps. Il est donc indispensable que l'étude
de la parole soit précédée de celle du cadre de vie dans lequel les événements
bibliques s'étaient déroulés. L'histoire d'Israël, les introductions simples
à la Bible et aux livres bibliques constituent des luminaires indispensables
à une bonne compréhension des Ecritures. Les différentes introductions
à l'histoire et à la théologie biblique peuvent être trouvées dans la
plupart de librairies chrétiennes.
Jamais il ne faut approcher la Bible avec l'idée que l'on y découvrira
quelques mystères cachés. Dieu a parlé pour se faire comprendre et il
a parlé le plus clairement possible. Il faut donc s'approcher de la Bible
premièrement à travers une lecture littérale. Nous ne parlons pas ici
du littéralisme. La connaissance des différents genres littéraires de
la Bible et de la dynamique de la pensée sémitique en générale permettra
une approche conséquente des Ecritures. Chaque texte doit être interprété
en tenant compte de son genre. Il est inutile de chercher un sens caché
pour un texte rédigé en prose ou de chercher un sens littéral pour un
texte écrit en style visionnaire (voir Daniel 7ss et le livre d'Apocalypse).
Devant un texte historique l'interprétation doit partir du sens naturel.
Souvent le sens naturel est le vrai. Les interprétations allégoristes
et spiritualistes sont dangereuses et à éviter.
Nous devons aussi garder à l'esprit la réalité du fait que tous nous approchons
du texte avec nos présuppositions et arrières plans religieux (dénominationnel,
théologique) qui nous font perdre une grande partie de notre objectivité.
L'étudiant sincère de la parole de Dieu doit savoir taire ses propres
interprétations ou celles de son milieu ecclésiastique ou théologique
pour écouter la parole dans son objectivité propre. Les enseignements
reçus constituent souvent des vrais obstacles à la saine compréhension
de la parole. Nous devons nous poser la question de savoir qui a raison
quand il faut choisir entre nous et la parole, entre notre tendance théologique
et la parole, entre notre tradition ecclésiastique et la parole. Mais
ici il faut faire très attention. Bien de personnes ont pris des chemins
de travers suite à une mauvaise compréhension de la parole de Dieu. Pour
qu'une interprétation soit vraie et selon la volonté de Dieu, il faut
qu'elle ne contredise, ni ne porte ombrage à un autre enseignement de
la Bible.
En conclusion, le chrétien qui est complètement versé dans l'étude de
la parole sera lui-même transformé et transformera son entourage. Toute
sa mentalité sera désormais transformée par la parole étudiée, sa vision
du monde sera celle de la Bible, celle de Dieu et son intelligence sera
transformée. Un homme dont l'esprit est rempli par la parole échappe facilement
aux impuretés et aux souillures de l'esprit qui foisonnent dans notre
monde moderne (Romains 12:2; Philippiens 4:8).
c. Le témoignage pour Christ.
Maintenant qu'il est apparent que la sanctification subjective du croyant
se fait à travers la prière et la méditation de la parole de Dieu, il
faut attirer l'attention sur le fait que ce dernier (le croyant) ne doit
pas devenir un marécage spirituel, qui reçoit tout de Dieu, mais ne partage
avec personne. La sanctification objective du croyant par la nouvelle
naissance et sa sanctification subjective par la prière et la lecture
des Ecritures débouchent sur une vie de témoignage. Jacques affirme qu'il
ne suffit pas d'écouter la parole de Dieu, mais il faut la mettre en pratique:
"Mettez la parole en pratique, et ne vous bornez pas à l'écouter,
en vous trompant vous-mêmes par des faux raisonnements." (Jacques
1:22-25)
Pour vivre une vie spirituelle efficace, le croyant doit témoigner de
sa foi en Christ. Le témoignage du croyant est double: il est passif et
actif. Le témoignage passif de la foi du croyant en Christ se réalise
par une vie extérieure vécue dans la communion avec le Christ. La vie
de sainteté et de justice menée par ceux qui appartiennent au Christ pousse
les païens à se poser des questions sur l'origine de leurs bonnes actions.
Les croyants sont encouragés à vivre de manière à ce que leurs actions
parlent plus fortement que leurs paroles. L'apôtre Pierre écrit: "Bien-aimés,
ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que là même où ils
vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos
bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera." (1
Pierre 2:12; 3:16; Voir aussi Romains 12:17-21).
Le témoignage par les bonnes œuvres et le plus difficile parce que le
monde observe attentivement la vie de ceux qui se réclament de Christ.
Le monde cherche à vérifier si le croyants sont effectivement ce qu'ils
affirment être. S'il est vrai que les chrétiens ne sont pas des êtres
parfaits, leur connaissance de Christ, la nouvelle vie qu'il a implantée
en eux, leur procure la force spirituelle nécessaire pour vivre victorieux
devant le mal. Une des différences remarquables entre ceux qui appartiennent
au Christ, et ceux qui ne lui appartiennent pas est l'excellence morale
des croyants. Il est vrai que la moralité n'est propre aux croyants. La
philosophie séculière encourage la moralité, mais elle l'encourage non
par amour et dévouement à l'Etre suprême, mais par dévouement à l'idéal
de la justice. Mais la foi chrétienne encourage la moralité non seulement
à cause de l'idéal de la justice naturelle, mais surtout à cause de l'amour
et du dévouement pour le Dieu sauveur en Christ. Les chrétiens excellent
dans la moralité parce qu'ils aiment Dieu, et parce que le Dieu qu'ils
adorent est lui-même justice et droiture. La moralité est donc une composante
de la foi chrétienne, parce qu'elle relève de la nature de Dieu. A cause
de la nouvelle vie en Christ, les chrétiens devraient êtres les personnes
les plus morales de la terre.
Le Nouveau Testament enseigne que: "la grâce de Dieu, source du salut
pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer
à l'impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent
selon la sagesse, la justice et la piété." (Tite 2:11-22). Mais en
pratique, les chrétiens vivent-ils loin de l'impiété et des convoitises
mondaines? Non, l'expérience nous apprend que plusieurs chrétiens vivent
dans le péché comme le reste de non croyants. La raison de ce manque de
puissance spirituelle se trouve dans l'absence d'une vie de renoncement
à soi.
La vie chrétienne puissante est caractérisée par le renoncement à soi.
Le renoncement à l'impiété et aux convoitises mondaines sources de tous
les maux qui affectent l'individu et la société. Celui qui renonce à lui-même
s'engage à laisser la direction de toutes les dimensions de sa vie à l'autorité
de Jésus-Christ. Laisser sa vie sous l'autorité de Jésus-Christ selon
le Nouveau Testament signifie porter sa croix. "Jésus dit à ses disciples:
Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se
charge de sa croix et qu'il me suive. Quiconque en effet voudra sauver
sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie à cause de moi la trouvera.
Et que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, s'il perd son
âme? Ou que donnera un homme en échange de son âme?" (Matthieu 16:24-26).
La vie de renoncement commence dans la vie du croyant quand ce dernier,
désarmé par la profondeur de la grâce de Dieu, accepte de "perdre"
sa vie, c'est-à-dire d'abandonner tout ce que le monde considère comme
gain. L'apôtre Paul est passé par une telle expérience. Il affirme: "Mais
ce qui était pour moi un gain, je l'ai considéré comme une perte à cause
de l'excellence de la connaissance du Christ-Jésus, mon Seigneur. A cause
de lui, j'ai accepté de tout perdre, et je considère tout comme des ordures,
afin de gagner Christ." (Philippiens. 3:7-8).
Quand Jésus devient le "tout" du Croyant, alors ce dernier accepte
de "tout" perdre. La connaissance de Christ devient l'excellence
de la vie de ce dernier. Alors les pensées et les actions du croyant témoignent
toutes de la présence profonde du Christ. Alors les actions du croyant
commencent à parler plus fort que ses paroles, que ses prédications! Alors
ceux qui le côtoient à domicile, à l'école, au lieu du travail remarquent
en lui une douceur, une fraîcheur divine inconnue du reste de l'humanité.
Ils remarquent en lui la présence et l'exercice de la charité qui est
"patiente, elle est serviable, elle n'est pas envieuse, la charité
ne se vante pas, elle ne s'enfle pas d'orgueil, elle ne fait rien de malhonnête,
elle ne cherche pas son intérêt, elle ne s'irrite pas, elle ne médite
pas le mal, elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle se réjouit
de la vérité; elle pardonne tout, elle croit tout, elle espère tout, elle
supporte tout. La charité ne périt jamais." (1 Cor. 13:4-8). Quand
la charité est ainsi vécue, alors le croyant accomplit sa première mission,
celle d'être témoin passif de l'Evangile de Jésus-Christ.
Mais le témoignage passif de l'Evangile de Christ est incomplet s'il n'est
pas suivi du témoignage actif. Il faut que ceux qui s'étonnent de la fraîcheur
divine du croyant reçoivent le témoignage sur son origine. Il faut que
le croyant transformé par la grâce profonde de Christ témoigne verbalement
de la bonne nouvelle du salut de l'homme en Christ. L'apôtre Paul écrit:
"Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru? Et
comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler? Et comment
entendront-ils parler de lui, sans prédicateurs? Et comment y aura-t-il
ses prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés?" (Romains 10:14-15)
Pour que ceux qui s'étonnent de la charité manifestée dans la vie du croyant
parviennent à la connaissance de Jésus-Christ, il faut que ce dernier
leur annonce la parole de la réconciliation de l'humanité avec Dieu en
Christ. L'apôtre Paul écrit: "Car Dieu était en Christ, réconciliant
le monde avec lui-même, sans tenir compte aux hommes de leurs fautes,
et il a mis en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc ambassadeurs
pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions
au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu! Celui qui n'a pas connu
le péché, il l'a fait (devenir) péché pour nous, afin que nous devenions
en lui justice de Dieu." (2 Corinthiens 5:19-21).
Les croyants sont donc appelés à témoigner verbalement de leur foi en
Christ. Mais ceci ne signifie pas que tous sont appelés au ministère pastoral
à plein temps. Leur témoignage verbal pour Christ doit se faire en tout
temps et en tout lieu, quand l'opportunité se présente. Nous n'encourageons
certainement pas les croyants surexcités qui se transforment en perturbateurs
publics et harassent les autres à travers une évangélisation irresponsable.
Il ne faut pas certainement perturber la quiétude des gens en évangélisant
dans des bus ou autres transports en commun, sans autorisation. L'évangélisation
doit se faire d'une manière responsable, et non à tête tue. S'il n'est
pas interdit de témoigner dans des places publiques, il faut toujours
le faire avec bon sens et décence. Les amis de l'école, du bureau, ne
doivent jamais devenir victimes de notre soif de témoigner de Jésus-Christ.
Notre témoignage verbal doit se faire d'une manière responsable et digne,
afin de priver ceux qui se lèvent contre le Christ de raison de se plaindre
et de se fermer davantage.
En définitive, le témoignage pour Christ ne peut se faire efficacement
que quand le croyant est rempli du Saint-Esprit. Aux disciples rassemblés
autour de lui avant son enlèvement au ciel Jésus promet: "Mais vous
recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez
mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux
extrémités de la terre." (Actes 1:8). Certains poseront peut-être
la question du pourquoi et du comment de la plénitude dans le Saint-Esprit.