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REGARDER A JESUS

Jean 3: 14-16

 

Et Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. (Jean 3:14-16)

C'est en parlant avec Nicodème, un des pharisiens, chefs religieux juifs venu le voir la nuit, que Jésus prononce une des paroles devenue centrale pour la présentation de la bonne nouvelle. "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. (Jean 3:16)

Jésus confronte Nicodème à la réalité spirituelle de la nouvelle naissance. Il lui dit: "Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu." (Jean 3:3). Habitué à une interprétation littérale de la parole de Dieu, Nicodème, le pharisien, ne peut comprendre la portée spirituelle des paroles de Jésus. Pour lui, naître de nouveau est une impossibilité naturelle: "Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître?" (v. 4)

Jésus s'étonne du manque de discernement spirituel du docteur d'Israël, et en arrive à la conclusion suivante: "Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes?" (v. 12). Pour faire revenir Nicodème sur un terrain qui lui est familier, Jésus lui parle du serpent d'airain élevé par Moïse dans le désert, et se compare lui-même à l'événement. "Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle." (v. 14-15)

En effet, hier encore quand Israël errait dans le désert après sa sortie d'Egypte, le peuple ne s'arrêtait de murmurer contre Dieu et contre Moïse, son envoyé. Nombres 21:1-9 parle des murmures des israélites vers Sedom.

 

Ils partirent de Hor la montagne par la route de la mer de Joncs, en contournant le pays d'Sedom, mais le peuple perdit courage en chemin. Le peuple se mit à critiquer Dieu et Moïse: "Pourquoi nous avez-vous fait monter d'Egypte? Pour que nous mourions dans le désert! Car il n'y a ici ni pain ni eau et nous sommes dégoûtés de ce pain de misère!" (Nombres 21:4-5)

Dieu punit le peuple en lui envoyant des serpents à la morsure cuisante, très venimeuse. Le peuple courut vers Moïse pour demander pardon et être guéri de ses morsures mortelles. Plusieurs parmi le peuple avaient déjà trouvé la mort. Dieu dit à Moïse: "Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche, quiconque aura été mordu, et le regarderai, conservera la vie. Moïse fit un serpent d'airain, et le plaça sur une perche; quiconque avait été mordu par un serpent, et regardait le serpent d'airain, conservait la vie." (Nombres 21:8-9)

La guérison, la conservation de la vie par ceux qui ont été mordus par le serpent brûlant dans le désert, ne dépendait pas des plantes médicinales que ceux-ci auraient frottées sur leurs morsures, ni des vaccins anti-vénumeux qu'ils auraient découverts. La guérison, la conservation de la vie des israélites désobéissants, victimes des morsures venimeuses des serpents brûlants dans le désert, ne dépendait que d'une simple chose: du regard sur la statue du serpent d'airain érigée par Moïse sur l'ordre de Dieu. La guérison des victimes dans le désert ne dépendait que du simple regard, du regard d'obéissance et de foi sur l'objet du salut désigné par Dieu. Pour conserver la vie, Israël devait regarder sur le serpent d'airain érigé par Moïse.

Jésus se sert de l'incident du désert, connu de tous les juifs de son temps, certainement de Nicodème le pharisien, pour parler de l'acte de foi et d'obéissance que doivent poser tous ceux qui ont été mordu par le péché. "Et Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle." (Jean 3:14-15).

Regarder à Jésus, tel est le sujet de notre message aujourd'hui. Ce qui cause notre faiblesse spirituelle, la cause de l'absence d'une vie spirituelle efficace; la cause de notre échec dans la vie chrétienne, ce n'est certainement pas la puissance extraordinaire du diable, ni la multitude des tentations auxquelles nous sommes exposées. Notre faiblesse spirituelle vient du fait que nous essayons de vivre notre vie spirituelle sans regarder à Jésus. Nous essayons de guérir de notre maladie spirituelle sans regarder à Jésus. Jésus est et pourtant la réalisation du symbole du serpent d'airain élevé par Moïse dans le désert.

Nous sommes spirituellement faibles, parce que nous regardons le plus souvent à nous-mêmes. Nous regardons à nous-mêmes, et constatons soit notre petitesse spirituelle, ou au contraire notre grandeur dans la foi. Le regard jeté sur nous-mêmes produit le complexe d'infériorité spirituel. Quand nous regardons à nous-mêmes, nous voyons nos erreurs, nos échecs, nos péchés, et cela produit en nous le découragement spirituel. Pourquoi continuer à servir Dieu, quand nous sommes conscient que notre vie spirituelle n'a été jusqu'ici qu'échec et déception?

Mais nous regardons aussi sur nous-mêmes pour nous sentir extraordinaires. L'orgueil spirituel est épidémique dans nos églises aujourd'hui. La plupart d'entre nous, même si nous ne le disons pas tout haut, nous sentons supérieurs par rapport aux autres, à cause de notre spiritualité. Ne sommes-nous pas les responsables spirituels, gardiens des milliers d'âmes? Ne sommes-nous pas les prédicateurs les plus exceptionnels de nos églises? Ne sommes-nous pas les meilleurs anciens ou diacres de notre communauté? Ne sommes-nous pas la meilleure chorale, ou le meilleur choriste de toute la dénomination? Quand nous regardons à nos petits exploits spirituels, nous en tirons gloire et orgueil qui ne font qu'approfondir notre manque de spiritualité. Oui, regarder à soi, et non à Jésus ne produit aucun bien spirituel. Regarder à soi et non à Jésus, c'est regarder sur le vide, sur le néant, le néant de notre existence sans Dieu, le néant de notre désobéissance. Mais regarder à Jésus, c'est regarder à la vie.

Nous pouvons toutefois cesser de regarder à nous-mêmes, mais continuer malheureusement à regarder ailleurs et non à Jésus. Nous regardons souvent aux autres, à nos leaders spirituels, à notre église. Et que découvrons nous? Quand nous regardons aux autres et non à Jésus, nous découvrons qu'ils sont soit supérieurs, soit inférieurs à nous. Nous sommes souvent découragés dans la foi parce que nous passons la plupart de notre temps à regarder à la spiritualité de nos leaders religieux. Eux sont si spirituels, Dieu les utilise si merveilleusement! Quand en est-il de nous? Pourquoi est-ce que Dieu ne nous utilise pas autant? Peut-être parce que nous portons en nous une tare spirituelle incurable! Si regarder à la spiritualité des autres peut-être un mobile d'encouragement spirituel, cela peut aussi être cause de jalousie et de découragement spirituel. La spiritualité des autres devient un frein spirituel quand elle nous cause découragement et envie spirituel. Nous devons donc détacher nos yeux de nos leaders spirituels, aussi puissants et extraordinaires qu'ils soient, pour les dirigés uniquement sur le Christ.

Nous pouvons aussi passer notre temps à regarder à l'Eglise. Nous pouvons regarder à l'Eglise, et ne pas voir le Christ, mais plutôt les traditions, les institutions, les commandements, les codes de moralité et devenir extrêmement légalistes. Les institutions de l'Eglise sont certainement bonnes, mais elles ne sauvent pas. Seul le Christ sauve. Nous pouvons continuer à regarder et croire en l'Eglise, en ses lois. Nous seront toujours esclaves de la prière, esclaves de la méditation de la parole de Dieu, esclaves du jeun, esclave de la dîme, et non esclaves de Christ.

Mais que signifie regarder à Jésus? Regarder à Jésus, c'est avant tout reconnaître notre rébellion. Comme Israël dans le désert, nous devons reconnaître que nous souffrons sous l'emprise du péché parce que nous avions été et sommes rebels devant Dieu. Regarder à Jésus, c'est accepter que nous avons tort et que Dieu a raison. Regarder à Jésus c'est croire que nous sommes coupables et méritons la mort naturelle et spirituelle si nous ne suivons pas les recommandations que Dieu nous donne pour notre salut. Mais regarder à Jésus, c'est aussi et surtout croire en lui. Croire qu'en lui se trouve la force pour triompher de la tentation; la force d'abandonner les péchés qui reviennent facilement dans notre vie. Regarder à Jésus, c'est croire qu'il s'intéresse à nous et à nos problèmes, aussi sérieux qu'ils soient. Regarder à Jésus, c'est nous abandonner à sa grâce, et lui confesser notre faiblesse. C'est lui dire notre misère et compter sur son secours. L'auteur de l'épître aux Hébreux écrit: "Nous donc aussi, ... les regards fixés sur Jésus, le promoteur de la foi et celui qui la mène à son accomplissement, ... rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte." (Héb. 12:1-2)

Regarder à Jésus, c'est croire que c'est lui qui est le promoteur de notre foi et qu'il en est aussi l'accomplissement. Regarder à Jésus c'est contempler son visage de paix et d'amour qui nous accueille, malgré ce que nous sommes, malgré ce que nous avions fait de coupable. Avec le psalmiste nous disons: "Quand on tourne vers lui les regards, on est rayonnant de joie, et le visage ne se couvre pas de honte." (Ps. 34:6). Oui, regarder à Jésus c'est dépasser la honte de nos fautes, la honte de nos transgressions cachées, la honte de nos échecs, parce que nous sommes pardonnés par son sang. Oui, regarder à Jésus, c'est avoir la vie éternelle.

Et Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. (Jean 3:14-16)

Que le Seigneur bénisse sa parole! Amen.

 

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