c. Le témoignage pour Christ.
Maintenant qu'il est apparent que la sanctification subjective du croyant
se fait à travers la prière et la méditation de la parole de Dieu, il
faut attirer l'attention sur le fait que ce dernier (le croyant) ne doit
pas devenir un marécage spirituel, qui reçoit tout de Dieu, mais ne partage
avec personne. La sanctification objective du croyant par la nouvelle
naissance et sa sanctification subjective par la prière et la lecture
des Ecritures débouchent sur une vie de témoignage. Jacques affirme qu'il
ne suffit pas d'écouter la parole de Dieu, mais il faut la mettre en pratique:
"Mettez la parole en pratique, et ne vous bornez pas à l'écouter,
en vous trompant vous-mêmes par des faux raisonnements." (Jacques
1:22-25)
Pour vivre une vie spirituelle efficace, le croyant doit témoigner de
sa foi en Christ. Le témoignage du croyant est double: il est passif et
actif. Le témoignage passif de la foi du croyant en Christ se réalise
par une vie extérieure vécue dans la communion avec le Christ. La vie
de sainteté et de justice menée par ceux qui appartiennent au Christ pousse
les païens à se poser des questions sur l'origine de leurs bonnes actions.
Les croyants sont encouragés à vivre de manière à ce que leurs actions
parlent plus fortement que leurs paroles. L'apôtre Pierre écrit: "Bien-aimés,
ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que là même où ils
vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos
bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera." (1
Pierre 2:12; 3:16; Voir aussi Romains 12:17-21).
Le témoignage par les bonnes œuvres et le plus difficile parce que le
monde observe attentivement la vie de ceux qui se réclament de Christ.
Le monde cherche à vérifier si le croyants sont effectivement ce qu'ils
affirment être. S'il est vrai que les chrétiens ne sont pas des êtres
parfaits, leur connaissance de Christ, la nouvelle vie qu'il a implantée
en eux, leur procure la force spirituelle nécessaire pour vivre victorieux
devant le mal. Une des différences remarquables entre ceux qui appartiennent
au Christ, et ceux qui ne lui appartiennent pas est l'excellence morale
des croyants. Il est vrai que la moralité n'est propre aux croyants. La
philosophie séculière encourage la moralité, mais elle l'encourage non
par amour et dévouement à l'Etre suprême, mais par dévouement à l'idéal
de la justice. Mais la foi chrétienne encourage la moralité non seulement
à cause de l'idéal de la justice naturelle, mais surtout à cause de l'amour
et du dévouement pour le Dieu sauveur en Christ. Les chrétiens excellent
dans la moralité parce qu'ils aiment Dieu, et parce que le Dieu qu'ils
adorent est lui-même justice et droiture. La moralité est donc une composante
de la foi chrétienne, parce qu'elle relève de la nature de Dieu. A cause
de la nouvelle vie en Christ, les chrétiens devraient êtres les personnes
les plus morales de la terre.
Le Nouveau Testament enseigne que: "la grâce de Dieu, source du salut
pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer
à l'impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent
selon la sagesse, la justice et la piété." (Tite 2:11-22). Mais en
pratique, les chrétiens vivent-ils loin de l'impiété et des convoitises
mondaines? Non, l'expérience nous apprend que plusieurs chrétiens vivent
dans le péché comme le reste de non croyants. La raison de ce manque de
puissance spirituelle se trouve dans l'absence d'une vie de renoncement
à soi.
La vie chrétienne puissante est caractérisée par le renoncement à soi.
Le renoncement à l'impiété et aux convoitises mondaines sources de tous
les maux qui affectent l'individu et la société. Celui qui renonce à lui-même
s'engage à laisser la direction de toutes les dimensions de sa vie à l'autorité
de Jésus-Christ. Laisser sa vie sous l'autorité de Jésus-Christ selon
le Nouveau Testament signifie porter sa croix. "Jésus dit à ses disciples:
Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se
charge de sa croix et qu'il me suive. Quiconque en effet voudra sauver
sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie à cause de moi la trouvera.
Et que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, s'il perd son
âme? Ou que donnera un homme en échange de son âme?" (Matthieu 16:24-26).
La vie de renoncement commence dans la vie du croyant quand ce dernier,
désarmé par la profondeur de la grâce de Dieu, accepte de "perdre"
sa vie, c'est-à-dire d'abandonner tout ce que le monde considère comme
gain. L'apôtre Paul est passé par une telle expérience. Il affirme: "Mais
ce qui était pour moi un gain, je l'ai considéré comme une perte à cause
de l'excellence de la connaissance du Christ-Jésus, mon Seigneur. A cause
de lui, j'ai accepté de tout perdre, et je considère tout comme des ordures,
afin de gagner Christ." (Philippiens. 3:7-8).
Quand Jésus devient le "tout" du Croyant, alors ce dernier accepte
de "tout" perdre. La connaissance de Christ devient l'excellence
de la vie de ce dernier. Alors les pensées et les actions du croyant témoignent
toutes de la présence profonde du Christ. Alors les actions du croyant
commencent à parler plus fort que ses paroles, que ses prédications! Alors
ceux qui le côtoient à domicile, à l'école, au lieu du travail remarquent
en lui une douceur, une fraîcheur divine inconnue du reste de l'humanité.
Ils remarquent en lui la présence et l'exercice de la charité qui est
"patiente, elle est serviable, elle n'est pas envieuse, la charité
ne se vante pas, elle ne s'enfle pas d'orgueil, elle ne fait rien de malhonnête,
elle ne cherche pas son intérêt, elle ne s'irrite pas, elle ne médite
pas le mal, elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle se réjouit
de la vérité; elle pardonne tout, elle croit tout, elle espère tout, elle
supporte tout. La charité ne périt jamais." (1 Cor. 13:4-8). Quand
la charité est ainsi vécue, alors le croyant accomplit sa première mission,
celle d'être témoin passif de l'Evangile de Jésus-Christ.
Mais le témoignage passif de l'Evangile de Christ est incomplet s'il n'est
pas suivi du témoignage actif. Il faut que ceux qui s'étonnent de la fraîcheur
divine du croyant reçoivent le témoignage sur son origine. Il faut que
le croyant transformé par la grâce profonde de Christ témoigne verbalement
de la bonne nouvelle du salut de l'homme en Christ. L'apôtre Paul écrit:
"Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru? Et
comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler? Et comment
entendront-ils parler de lui, sans prédicateurs? Et comment y aura-t-il
ses prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés?" (Romains 10:14-15)
Pour que ceux qui s'étonnent de la charité manifestée dans la vie du croyant
parviennent à la connaissance de Jésus-Christ, il faut que ce dernier
leur annonce la parole de la réconciliation de l'humanité avec Dieu en
Christ. L'apôtre Paul écrit: "Car Dieu était en Christ, réconciliant
le monde avec lui-même, sans tenir compte aux hommes de leurs fautes,
et il a mis en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc ambassadeurs
pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions
au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu! Celui qui n'a pas connu
le péché, il l'a fait (devenir) péché pour nous, afin que nous devenions
en lui justice de Dieu." (2 Corinthiens 5:19-21).
Les croyants sont donc appelés à témoigner verbalement de leur foi en
Christ. Mais ceci ne signifie pas que tous sont appelés au ministère pastoral
à plein temps. Leur témoignage verbal pour Christ doit se faire en tout
temps et en tout lieu, quand l'opportunité se présente. Nous n'encourageons
certainement pas les croyants surexcités qui se transforment en perturbateurs
publics et harassent les autres à travers une évangélisation irresponsable.
Il ne faut pas certainement perturber la quiétude des gens en évangélisant
dans des bus ou autres transports en commun, sans autorisation. L'évangélisation
doit se faire d'une manière responsable, et non à tête tue. S'il n'est
pas interdit de témoigner dans des places publiques, il faut toujours
le faire avec bon sens et décence. Les amis de l'école, du bureau, ne
doivent jamais devenir victimes de notre soif de témoigner de Jésus-Christ.
Notre témoignage verbal doit se faire d'une manière responsable et digne,
afin de priver ceux qui se lèvent contre le Christ de raison de se plaindre
et de se fermer davantage.
En définitive, le témoignage pour Christ ne peut se faire efficacement
que quand le croyant est rempli du Saint-Esprit. Aux disciples rassemblés
autour de lui avant son enlèvement au ciel Jésus promet: "Mais vous
recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez
mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux
extrémités de la terre." (Actes 1:8). Certains poseront peut-être
la question du pourquoi et du comment de la plénitude dans le Saint-Esprit.