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b. Comment être rempli du Saint-Esprit?


Aux éphésiens l'apôtre Paul écrit: " Ne vous enivrez pas de vin: c'est de la débauche. Mais soyez, au contraire, remplis de l'Esprit". (Ephésiens 5:18). On demandera alors: " Comment être remplis du Saint-Esprit?" L'enseignement sur la plénitude de l'Esprit est objet de controverse parmi les chrétiens (évangéliques). Le désaccord entre les enseignants de la doctrine chrétienne sur l'Esprit naît sur le "quand" et sur " les signes" qui attestent qu'une personne est effectivement remplie du Saint-Esprit.

(1) Le "Quand" de la plénitude dans l'Esprit

Se basant sur la narration de l'avènement de l'Esprit le jour de la Pentecôte, (Actes 2), certains enseignent que la plénitude dans l'Esprit, ou bien le baptême dans l'Esprit, est une seconde expérience spirituelle qui arrive au croyant quelque peu ou après sa conversion. Selon les tenants de cette position, la plénitude dans l'Esprit, le baptême dans l'Esprit, est une seconde expérience, une réalité spirituelle nouvelle qui arrive au croyant de l'extérieur. A la conversion, le croyant reçoit le Christ. La nouvelle naissance réconcilie le pécheur avec Dieu, mais la réconciliation avec Dieu est partielle. Elle (la réconciliation) ne devient complète qu'au moment du baptême dans l'Esprit; quand le Saint-Esprit, venant de l'extérieur du croyant, remplit son cœur et lui imprime une seconde bénédiction de Dieu.
La position se fonde sur Actes chapitres 2 et 10. Dans les deux chapitres cités précédemment, l'accent est mis sur l'extériorité de l'Esprit qui vient et entre dans la vie du croyant avec puissance. Dans Actes 2:2 nous lisons:" Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d'un souffle violent qui remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Ils firent tous remplis d'Esprit et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer." (Actes 2:2-4).
Deux éléments importants accompagnent la plénitude de l'Esprit le jour de la Pentecôte. Le texte dit que comme un violent, l'Esprit vint sur les disciples (Actes 2:2-4). La plénitude de l'Esprit dans la vie des disciples rassemblés dans la chambre haute le jour de la Pentecôte s'accompagne du don des langues. Les nouveaux baptisés parlent en d'autres langues " selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer." (Actes 2:4). Les mêmes éléments, l'extériorité de l'Esprit qui remplit les disciples et le don de langue qui atteste la plénitude de l'Esprit dans les croyants rassemblés, sont aussi visible dans le cas de Corneille et de ses amis. Actes 10 parle du cas de Corneille, un chef militaire romain, converti au judaïsme. Sa sincérité spirituelle est "récompensée" quand pendant la prédication de Pierre, le Saint-Esprit "descendit" sur lui et ses amis et ils furent remplit de l'Esprit et parlèrent en langues avant qu'ils ne reçoivent le signe extérieur de l'adhésion à la communauté du Christ, le baptême.
"Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Tous les croyants circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit soit aussi répandu sur les païens. Car ils les entendaient parler en langues et exalter Dieu". (Actes 10:44-46).
Actes 10 parle du Saint-Esprit qui descend sur l'auditoire et des incirconcis qui parlent en langues après être remplis du S.E. A partir des textes analysés, certains enseignent que la plénitude de l'Esprit est une seconde expérience distincte ou corollaire à la nouvelle naissance, et qu'elle s'accompagne toujours du don des langues. La notion de la plénitude de l'Esprit comme seconde expérience accompagnée du don des langues trouve aussi confirmation dans le chapitre 19 du livre des Actes. L'apôtre Paul s'étonne de rencontrer en Ephèse des croyants qui n'ont connu que le baptême de Jean, le baptême d'eau. "Pendant qu'Apollos était à Corinthe, Paul près avoir traversé les hauteurs du territoire, se rendit à Ephèse. Il rencontra quelques disciples et leur dit: Avez-vous reçu l'Esprit saint quand vous avez cru? Ils lui répondirent: Nous n'avons même pas entendu de Jean. Alors Paul dit: Jean a baptisé du baptême de repentance: il disait au peuple de croire en celui qui venait près lui, c'est à dire en Jésus. Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom de Jésus. Paul leur imposa les mains, et il Saint-Esprit vint sur eux: ils se mirent à parler en langues et à prophétiser." (Actes 19:1-6).
Dans Actes 19, le baptême dans l'Esprit intervient après que les interlocuteurs de Paul aient reconnu qu'ils n'ont reçu que le baptême de Jean et qu'ils n'ont pas entendu parler du Saint-Esprit. Paul leur explique la différence entre le baptême de Jean et le baptême de Jésus. Le baptême de Jean est le baptême de la repentance, le baptême de préparation pour l'arrivée du Christ. Le baptême de Jésus est le baptême de l'accomplissement, le baptême de la nouvelle naissance. Les disciples sont alors baptisés "au nom de Jésus," puis simultanément reçoivent le baptême dans l'Esprit. La même simultanéité est aussi visible à la conversion de Saul dans Actes 9. Il reçoit la conversion et la plénitude dans l'Esprit au même moment. Dans Actes 9:17-18 Luc écrit: "Ananias sortis; et lorsqu'il fut arrivé dans la maison, il imposa les mains à Saul, en disant: Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui t'est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m'a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Saint-Esprit. Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva, et fut baptisé."
La seconde position concernant le " quand" de la plénitude se fonde sur le caractère unique et profond de l'expérience de la nouvelle naissance. La position soutient qu'à la nouvelle naissance, le croyant reçoit une fois pour toutes les dons spirituels nécessaires pour sa vie spirituelle. Rien de nouveau, aucune seconde expérience ne vient confirmer ou compléter l'expérience de la nouvelle naissance. Alors, les termes plénitude, baptême dans l'Esprit ne représentent que les différentes expressions toutes relatives à l'expérience de base, à l'expérience de la conversion, de la nouvelle naissance en Jésus-Christ.
Les tenants de cette position réfutent l'enseignement selon lequel, la plénitude dans l'Esprit s'accompagne de la manifestation des langues. Le don des langues est certainement un don spirituel que l'Esprit donne à chacun, "comme il veut." (1 Corinthiens 12:11)
En faveur de cette position se trouvent les affirmations de Paul sur la diversité des dons spirituels. Dans 1 Corinthiens 12 l'apôtre enseigne " Il y a diversité de services, mais le même Seigneur; diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité (commune). En effet, à l'un est donné par l'Esprit une parole de sagesse; à un autre une parole de connaissance, selon le même Esprit ... à un autre, diverses sortes de langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut... Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? Tous parlent-ils en langues? Tous interprètent-ils?" (vv. 4-11, 29-30).
Les tenants de cette position affirment que le don des langues est un don spirituel qui n'est pas accordé à tous. Ainsi, il ne peut être question de l'utiliser comme signe du baptême dans l'Esprit qui est accordé à tous les croyants lors de la conversion.
A la lumière des positions analysées (celle qui considère la plénitude dans l'Esprit comme une seconde expérience qui arrive au croyant après la nouvelle naissance et s'accompagne du don des langues, et celle qui associe la plénitude à la conversion) on peu alors reposer la question du " quand " de la plénitude de l'Esprit. Quand est-on baptisé dans l'Esprit? Pendant ou après la conversion? Pour correctement résoudre la question du " quand " du baptême dans l'Esprit il faut analyser attentivement les textes utilisés par les tenants des deux positions exposées précédemment.
Il est vrai que dans Actes 2 et 10, la plénitude dans l'Esprit ( le baptême dans l'Esprit) intervient comme une seconde expérience dans la vie des disciples de Jésus qui déjà croyaient en lui, c'est-à-dire étaient nés de nouveau. Dans Actes 1:8, le Saint-Esprit est promis aux disciples par Jésus. Il est la puissance de Dieu qui les aidera à accomplir la tâche de l'évangélisation du monde. " Mais vous recevrez une puissance, celle du Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre." (Actes 1:8)
Il est clair, que l'Esprit promis va apporter un élément important dans la vie des disciples séparés de leur maître. L'Esprit les rendra puissants pour le témoignage. L'arrivé de l'Esprit à la Pentecôte est sans question un phénomène extérieur. Les disciples sont remplis de l'Esprit qui descend sur eux. Le même Esprit aussi descend sur Corneille et ses amis (Actes 10). Mais ici intervient la première différence entre Actes 2 et 10. Si les disciples qui reçoivent la plénitude à la pentecôte sont déjà des croyants convertis au Christ, et que la plénitude est une seconde expérience, tel n'est pas le cas pour Corneille. L'Esprit descend sur lui et ses amis avant même qu'ils n'aient publiquement confessés leur adhésion à la foi en Christ à travers le baptême d'eau. La conversion étant une réalité spirituelle invisible, ont peut conclure que Corneille et ses amis ont expérimenté la nouvelle naissance (conversion) et la plénitude dans l'Esprit simultanément. Le baptême dans l'Esprit n'était donc pas une seconde expérience dans le cas de Corneille et de ses amis.
La même simultanéité entre la conversion (nouvelle naissance) et la plénitude dans l'Esprit est aussi visible dans Actes 19. Les douze disciples qui affirment avoir connu le baptême de Jean sont introduit à la foi en Christ. Ils sont baptisés au nom de Jésus, puis reçoivent la plénitude par l'imposition des mains.
A partir de l'analyse des trois récits du livre des Actes on peut arriver aux conclusions suivantes: Dans le livre des Actes, le baptême dans l'Esprit se produit de deux façons: 1) Il se produit simultanément, dans certains cas, avec l'expérience de la nouvelle naissance (Actes 10). 2) Dans d'autres cas, il se produit après la conversion (Actes 2). Il est donc correct d'affirmer que selon le livre des Actes, il est des croyants nés de nouveau, mais qui ne sont pas remplis de l'Esprit. Pour ceux-ci, la plénitude dans l'Esprit sera une deuxième expérience non pas distincte, mais liée à la conversion. En effet, seuls ceux qui sont nés de nouveau peuvent connaître la plénitude dans l'Esprit. Il est aussi des croyants qui expérimentent simultanément la conversion et la plénitude dans l'Esprit. Il faut alors conclure que les deux positions sont bibliques.
Pour ce qui concerne l'association du don des langues au baptême dans l'Esprit, il faut simplement remarquer la difficulté que suscite l'enseignement de Paul dans 1 Corinthiens 12. Les dons spirituels sont accordés aux croyants par l'Esprit selon sa propre volonté. L'apôtre n'a pas hésité à affirmer que tous ne sont pas docteurs, et que tous ne parlent pas en langues. On posera alors la question de savoir pourquoi dans le livre des Actes tous les récits relatifs au baptême dans l'Esprit font mention du don des langues (sauf dans le cas de la conversion de Paul)?
La réponse la plus simple à la question est la suivante: tous ceux qui parlent en langues lors du baptême dans l'Esprit (dans le livre des Actes et dans la vie de l'Eglise) le font parce qu'ils ont reçu le don les langues ensemble avec le baptême dans l'Esprit. Tous ceux qui reçoivent le baptême dans l'Esprit mais ne parlent pas en langues reçoivent, la plénitude sans recevoir le don des langues. Mais pourquoi certains reçoivent la plénitude et le don des langues et d'autres ne reçoivent que la plénitude sans le don des langues? La réponse biblique est que l'Esprit de Dieu distribue les dons spirituels à chacun "comme il veut." (1 Corinthiens 12:11).
Il est donc grave de nier la plénitude de l'Esprit en soi ou dans la vie d'un autre à cause de l'absence du don des langues. Venons-en maintenant à la question du "comment" de la plénitude dans l'Esprit.

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