(2) Le "comment" de la plénitude dans l'Esprit
Il faut avant tout insister sur le fait que la plénitude dans l'Esprit
est une réalité spirituelle qui ne peut être expérimentée que par ceux
qui sont nés de nouveau. Seuls les croyants peuvent être remplis du Saint-Esprit.
Comment alors les croyants sont-ils remplis du Saint-Esprit. L'expérience
de la plénitude dans l'Esprit commence avec la nouvelle naissance. Lors
de la conversion, le pécheur reconnaît sa misère et se confie en la grâce
divine. En se moment se réalise les paroles de Jésus données dans Apocalypse
3:20 :"voici je me tiens à la porte et je frappe! Si quelqu'un entend
ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et
lui avec moi." La conversion signifie que désormais le Christ habite
dans la vie du croyant et que celui-ci (le croyant) appartient à Dieu.
Mais ici commence le problème sérieux qui fait qu'il y a des croyants
remplis du Saint-Esprit et d'autres que ne le sont pas. Que se passe-t-il
après la nouvelle naissance? Après la venue de Christ dans notre vie?
Lui laissons-nous la direction de notre vie? Ou au contraire la lui disputons-nous?
Les chrétiens de Corinthe sont l'exemple parfait du croyant non consacré.
Ils sont appelés saints par l'apôtre Paul, c'est-à-dire, ils sont des
mis à part pour Dieu. L'apôtre Paul reconnaît que les chrétiens de Corinthe
sont riches en dons spirituels, mais il le considère comme charnels, remplis
de toutes sortes de vices, des péchés qui bloquent l'action du Saint-Esprit
dans leur vie. Comment peut-on être à la fois saint, mis à part et charnel?
La question du péché, la question de la seigneurie de Jésus dans la vie
du croyant est cruciale pour la plénitude de l'Esprit.
Qui est le croyant spirituel, rempli de l'Esprit? Le croyant spirituel,
rempli du Saint-Esprit est celui qui a capitulé à Jésus-Christ. Le croyant
spirituel est celui qui a confié la direction de sa vie à Jésus-Christ
et s'efforce de ne pas la reprendre. Quand le Christ qui habite le croyant
est libre de ses mouvements; quand la volonté du croyant n'handicape pas
la liberté du Seigneur dans sa vie, alors il s'épanouit en lui, de l'intérieur
vers l'extérieur. Alors se réalise dans la vie du croyant la promesse
faite par Jésus dans Jean. Le croyant devient une source d'eau vive qui
s'épanouit et déborde pour le fertiliser et fertiliser le monde environnant.
Dans Jean 7:37-39 il est écrit: "Le dernier jour, le grand jour de
la fête, Jésus, se tenant debout, s'écria: Si quelqu'un a soif, qu'il
vienne à moi, et qu'il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau
vive couleront de son sein, comme dit l'écriture. Il dit cela de l'Esprit
que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui; car l'Esprit n'était
pas encore donné, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié."
Le baptême dans l'Esprit n'est donc pas une expérience extérieure au croyant.
Le baptême dans l'Esprit se passe à l'intérieur de la vie du croyant.
Quand enfin il cède tout au Christ, alors il le remplit de sa présence;
et sa présence en lui c'est l'Esprit dans sa puissance. Ainsi, le Saint-Esprit
ne "descend" pas sur le croyant de l'extérieur pour le remplir,
mais plutôt déborde de l'intérieur vers l'extérieur du cœur du croyant
qui renonce à lui-même et s'ouvre à la Seigneurie du Christ. Ceux qui,
pendant leur conversion renoncent aussi à eux-mêmes (au même moment) sont
donc simultanément baptisés dans l'Esprit. Ceux qui au contraire, malgré
leur conversion continuent à disputer au Seigneur la direction de leur
vie, ont certainement le Saint-Esprit, mais l'Esprit qui habite en eux
ne les remplit pas, parce qu'ils sont remplis d'eux-mêmes. Pour ces derniers,
la plénitude dans l'Esprit sera certainement une seconde expérience le
jour où enfin ils capituleront totalement au Seigneur. En conséquence,
il est des chrétiens qui vivent toute leur vie spirituelle sans jamais
connaître la plénitude de l'Esprit. Ici il faut rapidement indiquer que
l'absence de la plénitude dans l'Esprit ne remet pas en cause le salut
du croyant. Le salut se reçoit une fois pour toute pendant la conversion.
La plénitude dans l'Esprit se reçoit d'abord une fois, quand on renonce
à soi-même, puis chaque fois que l'on continue dans la vie du renoncement
spirituel. Il est donc possible de perdre la plénitude dans l'Esprit.
Il suffit de reprendre la direction de sa propre vie et d'accumuler des
péchés non confessés. L'apôtre Paul écrit: "N'éteignez pas l'Esprit".
(1 Thessaloniciens 5:19). L'apôtre ne voulait certainement pas dire qu'il
est possible que l'Esprit du Seigneur sorte ou abandonne le croyant. L'image
de la lampe et de la lumière sert à exprimer la diminution, la réduction
de la clarté d'une lampe sans huile. Le Saint-Esprit s'éteint dans la
vie du croyant quand celui-ci se laisse dominer par le péché. La plénitude
dans l'Esprit est donc la dimension pratique de la sanctification. La
sanctification comme la plénitude dans l'Esprit ne sont possibles qu'à
travers une vie fondée sur le renoncement à soi-même. Et le renoncement
à soi-même correspond à l'affirmation de la Seigneurie de Jésus-Christ
dans la vie du croyant, qui a pour conséquence la plénitude dans l'Esprit.
Comme la sanctification, la plénitude dans l'Esprit ne signifie pas la
perfection. En réalité, celui qui est rempli de l'Esprit n'est pas vraiment
"rempli" de l'Esprit, parce que personne ne peut réellement
renoncer complètement à soi-même. L'Esprit s'épanouit en nous, il nous
remplit quand il reconnaît en nous la sincérité de la repentance et du
renoncement personnel.
Mais que signifie renoncer à soi-même? Dans l'Evangile Jésus dit: "Si
quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge
de sa croix et qu'il me suive." (Matthieu 16:24).
Nous avions indiqué précédemment que le renoncement en soi implique l'abandon
de la direction de notre vie entre les mains du Seigneur. En pratique
le renoncement à soi signifie la volonté de vivre conformément à la volonté
révélée de Dieu (La Bible) et aux injonctions internes du Saint-Esprit.
Celui qui renonce à lui-même s'engage à marcher selon les indications
du Saint-Esprit. Ce n'est qu'ainsi qu'il pourra renoncer à accomplir les
désirs de la chair. L'apôtre Paul écrit: "Marchez par l'Esprit et
vous n'accomplirez point les désirs de la chair." (Galates 5:16).
Les désirs de la chair sont les pressions que notre nature pécheresse
exerce sur nous. Par nature, nous sommes portés à suivre nos mauvais désirs,
et nos mauvais désirs sont évidents. Ils sont: "inconduite, impureté,
débauche, idolâtrie, magie, hostilités, discorde, jalousie, fureurs, rivalités,
divisions, partis-pris, envie, ivrognerie, excès de table, et les choses
semblables." (Galates 5:19-21).
Quand notre vie est contrôlée par les mauvais désirs, l'Esprit saint qui
est venu habiter en nous lors de la nouvelle naissance est "asphyxié"
et ne peut nous remplir de sa puissance. L'apôtre Paul parle alors du
chrétien charnel, c'est-à-dire du chrétien qui a laissé la chair, les
mauvais désirs prendre le dessus dans sa vie. Aux Corinthiens l'apôtre
écrit: "Pour moi, frères, ce n'est pas comme à des hommes spirituels
que j'ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des
petits enfants en Christ. Je vous ai donné' du lait, non de la nourriture
solide, car vous ne pouviez pas, même à présent, parce que vous êtes encore
charnels. En effet, puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et de la discorde,
n'êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas d'une manière tout humaine?"
(1 Corinthiens 3:1-3).
Renoncer à soi-même c'est aussi porter sa croix, c'est-à-dire s'engager
à souffrir avec et pour le Christ les privations morales et charnelles
qu'implique une vie de plénitude. Celui qui porte sa croix c'est celui
qui s'engage à toujours dire non à lui-même et à toujours dire oui au
Seigneur. Et il n'est de décision plus difficile que celle de dire non
à soi-même. Car continuellement dire non à soi-même c'est détacher ses
yeux de soi-même et du monde et le fixer sur le Christ et sur les réalités
célestes. L'apôtre Paul écrit: "Si donc vous êtes ressuscités avec
le Christ, cherchez les choses d'en haut, où le Christ est assis à la
droite de Dieu. Pensez à ce qui est en haut, et non à ce qui est sur la
terre. Faites donc mourir votre nature terrestre: l'inconduite, l'impureté,
les passions, les mauvais désirs et cupidité, idolâtre." (Colossiens
3:1-5).
Renoncer à soi-même c'est mourir à soi-même et vivre pour Christ. Renoncer
à soi-même c'est dire avec l'apôtre Paul: "Ce n'est plus moi qui
vit..." Galates 2:20
Mais qui peut renoncer à lui-même? Qui a la force de changer sa propre
vie? L'apôtre Paul écrit: "Car c'est Dieu qui produit en nous le
vouloir et le faire selon son bon plaisir." (Philippiens 2:13). Le
renoncement à soi est un don de la grâce divine que nous devons recevoir
gratuitement comme dans le cas du don de la nouvelle naissance. La gratuité
de la grâce qui nous rend capables de renoncer à nous-même ne signifie
pas notre passivité. Le Dieu qui produit en nous le vouloir et le faire
veut que nous voulions et fassions sa volonté. Le Dieu qui nous fait vouloir
le renoncement veut que nous le voulions aussi de tout notre cœur. Nous
devons donc activement vouloir et faire ce que Dieu nous fait vouloir
et faire!
Quelle est alors l'importance du baptême dans l'Esprit? De la plénitude
dans l'Esprit? Le baptême dans l'Esprit, la plénitude de l'Esprit est
primordiale pour une vie spirituelle efficace. Le chrétien, né de nouveau,
mais qui ne pas remplit du Saint-Esprit est proie à ses mauvais désirs
et passions. La plénitude dans la foi nous rend capables de vivre une
vie de victoire par rapport au péché. Il est clair que la plénitude dans
l'Esprit ne nous rend pas parfaits, mais il nous rend sensibles à l'action
du péché dans notre vie et nous donne la force spirituelle de combattre
le mal en nous.
En dehors de la victoire sur le péché, la plénitude dans l'Esprit nous
donne la puissance pour témoigner de notre foi (Actes 1:8). Il est impossible
de témoigner de Christ à travers notre vie personnelle, notre action et
notre message si nous ne sommes pas remplis du Saint-Esprit.