LA COMPETITION SPIRITUELLE
Jean 3:22-30
Chers auditeurs et auditrices, aujourd'hui nous parlerons d'une maladie
spirituelle qui menace ou affecte la plupart d'entre nous. Nous parlerons
de la maladie de la compétition spirituelle. Nous verrons comment Jean
le baptiste a réagi à la scene de jalousie de ses disciples vis-à-vis
du ministère grandissant du Christ. Notre prédication est basée sur l'évangile
de Jean, le chapitre troisième, les versets 22 à 33.
S'il est une expression qui caractérise l'esprit de notre société moderne,
c'est l'expression "compétition." La société moderne, le vingtième
siècle, est le siècle de compétition. Le siècle dans lequel, comme disait
Darwin, seuls les forts survivent et les faibles disparaissent. Nous vivons
dans une société dans laquelle règne la loi du plus fort, la loi de l'excellence.
Une société dans laquelle seuls les meilleurs et les excellents ont droit
de cité et les moins performants, les inadaptés sont relegués aux oubliettes,
sinon à la disparition.
L'esprit de compétition qui dirige notre siècle est caractérisé par le
système capitaliste; système basé sur ce qui est fondamental à la race
humaine d'après la chute originelle; système basé sur l'égoïsme, le désir
de tout avoir, tout de suite, et tout seul.
Souvent, la conception fausse que nous avons de l'homme qui a réussi,
de l'homme par excellence est celle de qui a éliminé tous ses concurrents
et trône en maître absolu. Mais est-ce vrai que l'homme fort, l'homme
véritable est celui qui ne cesse d'éliminer les autres?
Le texte de Jean 3:22-30 nous rappelle que l'esprit compétitif n'est pas
une maladie particulière à l'homme moderne. Le désir d'être le premier,
d'être l'unique est aussi vieux que le monde. De tout temps, les hommes
n'ont cessé d'être égoïstes, de se combattre, de se comparer, de se surestimer
et sous estimer les autres. Le désir d'être le meilleur, de detenir le
monopole est inné à la race humaine descendant d'Adam et Eve.
Nous savons tous que Jean le baptiste a été envoyé par Dieu comme précursseur
au Christ. Sa mission était de préparer le terrain pour le ministère du
messie. Jean devait alors prêcher le baptême de la repentance. Un des
textes caractéristiques du ministère de Jean est: "C'est la voix
de celui qui crie dans le désert: préparez le chemin du Seigneur, aplanissez
ses sentiers." (Luc 3:4; Marc 1:1-8; Esaïe 40:3-5)
Or il advint qu'après le baptême de Jésus par Jean dans le fleuve jourdain,
et le début de son ministère en Judée, il se posa un problème pour les
disciples de Jean. Voila que celui qui avait été baptisé par leur maître,
le débutant, l'inexpérimenté, commence a avoir beaucoup plus de succès.
Ils vinrent donc rapporter a leur maître la gravité de la situation concernant
le futur de leur ministère. Ils dirent à Jean le baptiste: "Maître,
celui qui était avec toi au dèla du Jourdain (à savoir le Christ) et à
qui tu as rendu témoignage, voici, il baptise et tous vont à lui."
(Jean 3:26)
N'avons-nous pas ici affaire aux inquiètudes normales des disciples d'un
maître qui commence à être supplanté par son disciple? Un maître en baisse
de côte de popularité? Les foules qui suivaient Jean commencent à l'abandonner
pour suivre le nouveau venu, pour suivre le Christ. N'était-ce pas cela
suffisant pour écoeurer les disciples de Jean, et provoquer leur jalousie?
Comment celui qui n'a été baptisé que hier par Jean, le grand maître,
puisse attirer toute l'audience à lui? Comment lui qui n'avait pratiquement
pas d'expérience pouvait avoir plus d'adeptes qu'eux?
Quelle était la réaction de Jean le baptiste? A-t-il commencé une scene
de jalousie? A-t-il commencé à médire et à mépriser le Christ devant ses
disciples et ceux qui le suivaient? Non. La réponse de Jean est déconcertante.
Aux plaintes de ses disciples il répond par une exhortation: "Jean
répondit: un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel.
Vous-mêmes m'êtes témoins que j'ai dit: Je ne suis pas le Christ, mais
j'ai été envoyé devant lui ... celui qui vient d'en haut est au-dessus
de tous ... Il faut qu'il croisse, et que je diminue." (Jean 3:28-31)
Jean déclare que la mission qu'il a reçu du ciel, c'est-à-dire de Dieu,
était d'annoncer le Christ, et non de devenir le Christ ou de le contrecarrer.
Jean reconnait que celui qui vient d'en-haut est au dessus de tous; par
conséquent, il faut qu'il croisse et que lui diminue.
N'avons-nous pas ici affaire à une pure folie? N'est-ce pas vraie qu'aujourd'hui,
quiconque souhaiterait qu'un autre croisse et que lui même diminue serait
traité de malade psychologique? Souhaiterions-nous que le voisin devienne
grand et que nous devenions petit? Souhaiterions-nous que le pasteur de
l'église de l'autre bout de la cité connaisse un ministère plus efficace
que le nôtre?
Mais Jean le baptiste dit: "Il faut qu'il croisse et que je diminue."
(v. 31). En faisant cette déclaration, Jean ne veut certainement pas dire
qu'il va négliger son propre ministère afin de faciliter la croissance
du ministère de Christ. Non, il ne veut surtout pas dire qu'il est dépassé
par le succès de Jésus et préfère baisser la main et s'avouer vaincu dans
la compétition contre le Christ. Non, Jean reconnaît simplement que les
termes de sa mission ne prévoient pas qu'il brille plus que celui qui
devait venir après lui, à savoir le Christ.
Certes, Jean ne nous enseigne pas le défaitisme spirituel. Il nous enseigne
le contentement spirituel, la soumission aux termes que Dieu fixe pour
notre vie et pour notre ministère. Jean nous enseigne à guérir de notre
tendance morbide pour la compétition, surtout dans le domaine spirituel.
Que ressentons-nous, en effet quand c'est notre voisin de classe, ou collaborateur
de service qui est félicité et non pas nous? Que ressentons-nous quand
c'est notre prochain qui est applaudi et non pas nous, bien que nous ayons
les mêmes, ou peut-être plus de capacité intellectuelle ou spirituelle
que lui? Que ressentons-nous quand c'est notre voisin qui semble reussir
dans la vie et non pas nous? Que ressentons-nous quand c'est tel frère
ou telle soeur qui est félicité parce qu'il ou elle chante mieux que nous,
ou qu'il enseigne mieux que nous, ou qu'il prêche mieux que nous? Que
ressentons-nous quand la promotion, le poste de commandement est donné
au voisin et non pas à nous? Bref, que ressentons-nous quand c'est l'autre
qui est mis en avant et non pas nous?
Que faisons-nous de la jalousie qui nornalement naît dans notre coeur?
La jalousie nous pousse-t-elle au mépris des autres? A la médisance? Au
rancoeur et à l'animosité? Que des problèmes dans nos écoles, dans nos
lieux de travail, dans nos quartiers, et surtout dans nos églises provoqués
par la jalousie que nous cause le succès des autres. Il est presque impossible
pour nous tous de tolérer que le voisin soit préféré par rapport à nous.
N'est-il pas vrai que la plupart des gens que nous haïssons et souhaitons
voir disparaître sont innocents? Plusieurs de nos ennemis et adversaires
ne nous ont rien fait de mauvais. Nous ne les aimons pas simplement parce
qu'ils ont été préférés par rapport à nous. Avons-nous au moins le courage
d'admettre que c'est nous qui sommes la cause des conflits qui nous opposent
aux autres, parce que causés par notre jalousie?
Oui, "il faut qu'il croisse et que je diminue." Cette parole
nous appelle à cesser toute compétition inutile contre notre prochain.
Jean nous appelle à comprendre que tout ce que nous sommes et tout ce
que nous avons nous vient du ciel, de Dieu notre père, qui donne à chacun
selon sa volonté. Pourquoi médire des autres? Pourquoi chercher à détruire
les autres quand ils ne font que jouir de ce que Dieu lui-même leur a
accordé dans sa grâce? Pourquoi déranger le prochain quand Dieu lui fait
du bien? Pourquoi s'attirer la colère divine en s'opposant à l'accomplissement
de sa volonté dans la vie des autres? Oui, Jean nous appelle au renoncement
de nous-mêmes et à l'humilité.
Mais la responsabilité incombe aussi à ceux qui ont reçu la grâce de Dieu
d'en jouir avec humilité sans orgueil, et surtout sans chercher à accentuer
la jalousie des autres. L'apôtre Paul dit: "Car qui est-ce qui te
distingue? Qu'as-tu que tu n'aies reçu? Et si tu l'as reçu, pourquoi te
glorifies-tu, comme si tu ne l'avais pas reçu?" (1 Cor. 4:7)
Nous ne sommes pas devenus ce que nous sommes par notre ingéniosité, ou
par notre savoir faire. Nous sommes ce que nous sommes par la grâce de
Dieu. "Il faut qu'il croisse et que je diminue." Peut-être avez-vous
des sentiments négatifs contre un frère ou une soeur, contre un voisin
ou un collaborateur. Es-tu jaloux de quelqu'un? Ce jour le Seigneur t'appelle
à la repentance. Il te demande de te repentir de tout le mal que tu as
fais aux autres à cause de ta jalousie. Le Seigneur te demande d'abandonner
tout esprit de compétition et d'apprendre à te contenter de ce qu'il a
fait de toi. "Il faut qu'il croisse et que je diminue." Que
le Seigneur bénisse sa parole! Amen.